Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par ...Comment dire... Un artiste.

Sites de streaming de musique : ça va péter ? ou pas ?

Alors que la webosphère musicale francophone a une légère tendance à se complaire dans un comparatif de Deezer, Spotify et de leur offre premium respective, personne ne semble vraiment tendre une oreille en direction des soutes à bagage. C’est pourtant bien de ce côté qu’il se passe quelque chose… Maman, j’ai peur ! Mais quel est donc ce cliquetis inquiétant ? Horreur Malheur, nous étions assis sur une bombe, et on nous ne l’avez pas dit. Le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise a décidé d’allumer la Fasten Seat Bell ! …Messieurs dames , Vraiment désolé de troubler votre vol en First class … Mais je crains que nous traversions bientôt une zone de turbulence. A moins qu'il ne s'agisse d'une fausse alerte...

La valeur d’une écoute sur un site de streaming … Un vaste débat.

J’ai beau aimer Philippe Astor et ses analyses, lorsqu’il annonce en plein midem dernier que « Deezer n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme de radio interactive » . J’ai en tant qu’ayant droit un peu de mal à le suivre sur cette voie. Et pourtant son raisonnement est d’une logique indiscutable. Après quelques petits calculs, l’écoute d’un titre sur NRJ en 2007 par un seul et unique auditeur rapportait 5 fois moins que sur Deezer. « Le prix de l’interactivité », commente Philippe.

Seulement pour moi les sites de streaming n’ont rien de radio, ni dans ce qu’ils proposent aux auditeurs, c'est-à-dire l’expérience du « On demand » ni dans ce qu’ils proposent aux artistes, c'est-à-dire rien. ;) Lorsque NRJ entre un titre en playlist, elle ne fournit pas à l’auditeur la possibilité d’écouter ce titre tout comme la totalité de l’album dont il est extrait à tout moment et à volonté. Lorsque NRJ diffuse un titre, la station impose le titre à ses auditeurs ce qui a deux conséquences majeures : la radio contribue amplement à sa promotion, sa divulgation et d’autre part assure une rémunération par défaut aux créateurs.
On va sans doute me dire que Myspace et sa ribambelle de clones s’affranchissent de toute forme de rémunération aux ayants droits. Je ne pourrais que répondre que je le regrette infiniment. (et encore, je me trouve bien sage dans la formulation) Mais il faut aussi avouer que Myspace fournit un service, des outils de promotions aux artistes. Il y a la notion de « en l’échange de ». Du côté des sites de streaming ? Qu’est il proposé aux artistes ? Si ce n’est cette maigre rémunération… et un cadeau dont nous nous serions tous bien passé :

La capacité de nuisance sur les ventes …
Voilà sans doute le point que nous avons tous sous estimé : Elle est non quantifiée et non quantifiable. Existe-t-elle d’ailleurs vraiment ? Si oui de quel ordre est elle ? Que le streaming légal ne rapporte presque rien, soit mais si il venait à impacter fortement les ventes déjà en chute libre , que de devrions nous penser ou faire ?
Il suffit de voir certains catalogues de sites de streaming se déplumer de semaines en semaines, ou l’absence de plus en plus de nouveautés pour comprendre qu’un bon nombre d’ayant droits ont déjà tranché sur la question. Sans me lancer dans la futurologie ou l’Attalisme, je crains que le phénomène gagne en intensité. Nous pourrions même voir bientôt un peu comme dans le cinéma, une distribution temporisée, sur plusieurs circuits. De la même manière qu’un film est exploité en salle, puis en dvd puis en télévision … Le site de streaming constituant le bout de chaîne.
Autant dire qu’il s’agirait d’un véritable scénario catastrophe pour les acteurs de la musique streamée qui lancent en ce moment des offres premiums. S’ils se retrouveraient à faire payer l’accès à un back catalogue, la capacité de séduction de ces offres en prendrait un sacré coup.


à la recherche d’un point d’équilibre …
C’est justement cette idée d’équilibre , de gagnant-gagnant qui n’a pas encore été trouvé entre sites de streaming et les ayant droits. Il est urgent de l’envisager comme un objectif commun à ces deux parties. C'est-à-dire mettre sur la table la revalorisation des rémunérations et la façon dont les streams sont décomptés par ces plates formes. Point incroyablement toujours aussi opaque. La distribution numérique est basée sur la confiance, une confiance qui ne demande qu'à se construire...sur de la transparence et sur l'écoute (sans jeu de mot) des ayants droits.




Leee John (Imagination) :"je déteste le côté business..."

C’est avec un immense plaisir, que « le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » reçoit Mr Leee John sur son canapé. Le chanteur du mythique groupe « Imagination » à qui l’on doit une série de tubes planétaires ( Just an illusion , Flashback, Music & lights, Body talk et j’en passe) revient sur son succès, les années 80 et partage avec nous sa vision du métier. Et c’est à lire en français et en anglais …


Bonjour Leee et mille fois merci d’accepter de répondre à mes question. Tu as connu un succès planétaire avec Imagination dans les années 80. Comment est tu sorti de cela ? Comment t’es tu retrouvé en tant qu’artiste ? Quand on a connu une telle reconnaissance, dans le monde entier, comment revient on à l’essentiel , c’est à dire à l’envie de faire de la musique ?

Cela fait 25 ans que je suis artiste et J'AIME LA MUSIQUE et me produire sur scène mais je déteste le côté business qui est cependant important pour garder une cohérence et construire une carrière. La reconnaissance est grande du côté des fans et transparait dans le business de la musique mais même si j'ai eu un succès mondial, pour moi c'est un boulot que je fais car je crois au côté artistique d'abord, ce qui me permet de garder un équilibre.



Les jeunes artistes disent souvent que c’était plus facile de se faire une place dans le petit mon de la musique avant . Toi dont la carrière a traversé trois décennies , que penses tu de cela ? Dis Leee , c’était mieux avant ?

OUI ET NON c'était plus facile à un certain degré mais il n'y avait pas internet, les ordinateurs étaient tout nouveaux, il y avait une inexpérience ce de côté là, plus d'ambition et un VRAI talent. Aujourd'hui, il y a tellement d'émissions de télé-réalité qu'il est difficile de différencier une célébrité issue de cette télé réalité d'un vrai artiste. La musique jouée LIVE sur scène est la seule marque d'un vrai artiste.


Aujourd’hui Leee John , c’est un album de jazz, un quartet qui a tourné dans l’Europe entière et c’est aussi des singles plus axé « electro » « dancefloor »… Qu’est ce qui te plait le plus ? Et finalement cette image d’artiste multi-facette n’est elle pas un peu ta signature ? Qu’est ce qui te guide dans tes choix artistiques ?

J'aime tous les types de musique, jazz, dance, pop, soul, r'n'b. J'ai des goûts éclectiques et ça m'aide à garder un esprit ouvert pour créer, écrire mais c'est le public qui garde l'artiste vivant. aujourd'hui c'est un marché du single parce que les gens téléchargent le titre qu'ils aiment et la vidéo qui va avec la chanson. Ce format ne t'invite pas à découvrir l'album à moins d'aimer réellement la musique.


Est ce que tu es branché internet ? Est ce que tu t’occupes toi même de ton myspace ? De ton site ? Ou pas du tout ?

J'ai 4 sites internet www.leeejohn.com, sensuality.co.uk, www.feelmysoul.co.uk,www.flashbackproject.org.uk
(site pour le film que je co-produis sur la black music en Royaume uni dans les années 70-80)
J'ai aussi une page facebook et myspace. Je trouve que l'internet est un bon moyen de toucher les anciens et les nouveaux fans, de leur faire entendre différentes versions de ma musique. j'utilise aussi un nouveau réseau de promotion en ligne.
on peut donc dire que LEEE JOHN de IMAGINATION est très 21ème siècle.


Si je te parle de téléchargement illégal et des difficultés que rencontre aujourd’hui l’industrie musicale , qu’est ce que ça t’inspire ? Quelle est ta vision sur ce qui est proposé aujourd’hui aux artistes ?


Le téléchargement détruit réellement l'industrie musicale. ceci n'aide pas les NOUVEAUX artistes à se développer puisque leur travail sera pillé. Les gouvernements doivent s'organiser pour controler le piratage et aider la musique à respirer de nouveau.L'INSPIRATION vient de l'ESPRIT du CORPS et de l'ÂME.


As tu des projets ? Des confidences à nous faire ?

Je prépare une tournée anniversaire d'IMAGINATION,une tournée FLASHBACK au royaune uni avec de nombreux artistes de mon documentaire et un livre à but humanitaire dont les recettes iront à SOS CHILDRENS CHARITY worldwide orphans "FROM WITHIN THE HEART - by Lee John" que l'on peut acheter en ligne www.bankhousebooks.com


Mon single SENSUALITY _ CD/DVD sort en novembre en physique chez TOPPLERS distribution en france et ailleurs, et est téléchargeable sur ITUNES.

Leee John (Imagination) "I hate the business side..."

Hello Leee and a thousand thank you for accepting to answer my question.You have been a worldwide success with Imagination in the 80s.
How do you get out of this? How did you solved as artist? When we experienced such a recognition in the world Integer, how it comes back to basics, the desire to Make music?

I HAVE been an artist for over 25 years in the business and I LOVE THE MUSIC and the performing but hate the business side which is important to maintain consistancy and have a career . Recognition is great from the fans and peers in the music business but though i have had world wide success its for me a JOB i do because i beleive in the artistic side first so it keeps my mind on a cool level to maintain balance.


Young artists often say that it was easier to a place in the small of my music before. Thou whose Career through three decades, what do you think of this? Tell Leee was better before?

YES AND NO it was easier to a degree but there was no internet , computers were very new , there was a RAWNESS , there was more ambition and REAL talent today there are so many reality shows , it is hard to know the difference between a celebrity tv performer and a real entertainer . LIVE MUSIC on stage is thetrue testament to a real artist .


Today Leee John is a jazz album, a quartet that has shot in the whole Europe and is also more singles-oriented "Electro "dancefloor" ... What you like most? And Finally picture of this multi-faceted artist is not it a bit Your signature? What guides you in your artistic choice?

I love all types of music jazz , dance , pop , soul ,r n b . i have eclectic taste and that keeps my spirit fresh with new ideas to create , and write But its audiences that keep the artist alive. Right now it is a singles market because people download the track they like and the video to go with the song and this format does not introduce you to the album of the artist unless you are really into music


Is what you are into internet? Do you care now Even your myspace? Your site? Or not at all?

I have 4 websites www.leeejohn.com, sensualitylj.co.uk, www.feelmysoul.co.uk,www.flashbackproject.org.uk
( IT IS THE SITE FOR MY FILM I AM COPRODUCING ON UK BLACK MUSIC 70s /80s )

plus i have face book , myspace so i have found he internet a good way to reach out to old and new fans , put out music that they could not get from me before different mixes , there is a new online digital promotion network i also use for promotion so LEEE JOHN of IMAGINATION is VERY or TRES 21st century.

If I'm talking about illegal downloading and difficulties meeting today's music industry, what does it Inspires you? What is your vision of what is now proposed Artists?

Downloading does destroy the industry , it does not encourage NEW artists to develop because there work will get pirated , governments need to organize away to control this piracy so MUSIC can once again BREATHE .INSPIRATION comes from the MIND BODY AND SOUL.


Have you any plans? Confided to us?

Im preparing for an IMAGINATION anniversary tour , and a uk FLASHBACK tour with may artists from my documentary , i have a charity book www.bankhousebooks.com


FROM WITHIN THE HEART - by LEEE JOHN it is a charity book the money goes to SOS CHILDRENS CHARITY worldwide orphans , SENSUALITY _ CD/DVD is released in november on the physical release on TOPPLERS distribution . TOPPLERS.com in france and other territories , and on ITUNES to download.

Hocus pocus, pensée magique et autres marketing tips...

Depuis des années, avec une remarquable constance, se succèdent d’étourdissantes démonstrations aux accroches racoleuses : 1000 fans pour réussir, donnez votre musique, et j’en passe ... La réalité , c’est qu’on est souvent plus proche du stand up bordé de bonne foi que de la proposition éclairée. Le "blog d'un artiste en développement dans un monde en crise" s'arrête sur les nouvelles religions de la musique en ligne ... Et vous livre le fond de sa pensée.

Ma première réaction...
...est de me demander si les gens qui se sont fait une spécialité de l’exercice (un peu comme Attali s’est spécialisé dans les prédictions d’après coup) ont vraiment appliqué les conseils et l’expertise qu’ils débitent à longueur d’article, de pdf et conférence . Qu’on me pardonne de ramener Sartre dans le débat, mais puisqu’on est rien d’autre que sa vie, faisons là à la Tapies, c'est-à-dire un peu plus avec les mains et un peu moins avec la bouche. Bref, tu parles ok , mais t’as fait quoi dans la musique déjà ? ça n’ a l’air de rien, mais c’est un pré requis dont beaucoup de bons conseilleurs s’affranchissent.


L’autre versant de l’édifice, c’est que si on regarde le top 30 des ventes du moment à l’instant T , on peut voir que bien peu des artistes qui y sont présents ont appliqué ces précieuses théories, et lorsque c’est le cas (car on a de cesse de nous ramener l’exemple de Radiohead ou autres ), il n’est pas facile d’extraire de l’ensemble d’éléments constituant un succès ce qui est attribuable à ces solutions vertueuses. Je vais aller plus loin encore, au fond si ces artistes s’étaient contentés d’appliquer ces marketing tips, ils ne seraient certainement pas dans le top 30 des ventes aujourd’hui.

Je ne rejette pas d’un revers idéologique toute notion de marketing, comme un jeune artiste effarouché, « cachez ce sein que je ne saurai voir ». Je pense simplement qu’on ne peut pas vendre de la musique comme des pneus, de la pop comme de l’instrumental ancien, ni du Carl Cox comme du Bob Sinclar. La « marketing pour tous » rentre en profonde contradiction avec l’essence même de la création artistique et l’artiste lui même: la trajectoire personnel. Chaque artiste est et a son propre modèle. Vouloir définir un parcours rationnel de l’artiste au public, du producteur au consommateur et vouloir faire passer ce parcours par A puis B et globalement par autant de points qu’il existe de soit disant passages obligés. Je veux dire par là modéliser ce cheminement est pour moi une cause perdue. (J’écrirai plus tard sur l’acceptation de ces modèles par les artistes, les pros de la musique eux même et les conséquences qui en découlent)

Fournir une vue éclatée du moteur d’un succès pourquoi pas ? A condition de bien saisir qu’on est dans une analyse d’après coup. Je veux dire par là qu’il est à mes yeux nécessaire d’écarter la notion de reproductibilité .

Ma deuxième réaction prend la forme d’une interrogation...
De quoi est on en train de parler ?


Revenons aux postulats qui permettent la construction des « abracadabra » et de ces « to do list ». D’un part il est quasi impossible d’avoir une vision neutre et objective de ce qu’est l’industrie musicale. Quelle que soit votre position sur l’échiquier du petit monde de la musique, vous n’observez l’édifice que par un angle de vision réduit. Je ne dis pas que les visions exposées sont fausses, je dis qu’elles sont partielles. J’ai ma propre vision, un consultant comme Frédéric Neff va avoir la sienne… Il me semble plus intéressant d’investir de l’énergie dans la découverte de ces points de vues que dans l’élaboration d’un discours forcément partial et simpliste et dans lequel je me permettrai de donner des conseils. Bien loin de moi l’idée d’avoir la clé d’une porte sans serrure …


D’autre part, dans ces discours rationalisants, on manipule un vocabulaire, des pré-constructions intellectuelles voir idéologiques sans définition ni fondement. Quand je lis vendre de la musique, c’est vendre une relation fan artiste, soit peut être. Oui je suis assez d’accord. Mais n’est ce que ça ? Prenons un autre exemple, on parle de succès. Mais qu’est ce que le succès pour un artiste ?

Bref , ce que je veux vous dire, c’est que perdu dans cette foire à l’expertise, plus j’avance , moins j’ai de conseil à donner et plus je me pose de questions…

Il ne s’agit pas de pointer du doigt ceux qui nous abreuvent de ce coaching non sollicité. Je crois qu’il le font avec une sincérité d’un part et d’autre part pour se vendre , ce que je ne trouve pas choquant. (Même si il faut quand même être un peu naïf pour débarquer dans une univers qu'on fantasme plus qu'on ne le connait et s'imaginer qu'on a la solution à tout ) Il ne s’agit pas non plus de pointer du doigt ceux qui les suivent religieusement. Chacun a le droit de croire ce qu’il souhaite , pensée magique ou pas, et de choisir son prêcheur …


La peaudecaste : Mon intervention sur Radio Neo...

Radioneo m’a demandé hier, un peu à la dernière minute d’intervenir dans une émission consacrée aux labels participatifs ou pour être plus précis au site belge AKA MUSIC. Je me suis plié à l’exercice un peu frustrant ;) de répondre à 5 questions en 5 minutes sur un sujet vaste comme le Colorado. Pour ceux qui ne sont pas sur Paris, Bourges ou Toulouse où la station squatte la bande FM, « le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » s’est fendu d’un podcast.

Sinon comme l’indique Manu à la fin de l’émission, j’interviendrai de temps en temps dans l’émission « Le Labo » sur Radioneo pour parler de tout ce qui se passe dans le petit monde de la musique en ligne.