Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

La musique se suffit à elle même ...Prise de tête et coquillage.


Aujourd’hui, on rentre les tongs et on fait sécher les maillots de bain. Le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise s’occupe de vos neurones même pendant les vacances. Alors qu’on a de cesse d’annoncer la fin de la musique et qu’on s’est mis en tête de sauver la création, personne ne semble décider à poser l’inévitable question de fond. «et si on ne nous avait tout simplement pas sonné ? » .

Dans un imaginaire collectif aussi répandu que tenace, l’art est dirigé vers l’autre. (Quel enfer dixit Jean Paul). Une forme d’expression maquillée qui se doit de faire mouche. La notion de communication, pour ne pas dire transaction plaçant l’autre en position de conditionner l’existence même de l’œuvre. Mince alors ! Les notions d’audience et de reconnaissance, monétisées ou pas suffiraient à expliquer l’inexplicable, et les artistes n’ étaient même pas au courant. Vraiment… Quelle bande de nuls !

Sans ses millions d’auditeurs le sacro saint « Let it be » des 4 de Liverpool ne serait pas un hit planétaire. Mais cette masse d’oreilles réceptives soustraite à l’équation, oh Damned , « let it be » n’a pas disparu, ni même ses auteurs. On nous aurait menti ! L’art ( et donc la musique) se suffit à lui même. Dit autrement, L’artiste crée pour créer et l’existence de son œuvre n’est exclusivement conditionnée que par son acte de création. C’est tellement vrai qu’on le rappelle dans l’article L111-2 de loi sur la droit d’auteur de 1957. L’œuvre est réputée créée, indépendamment de toute divulgation publique, du seul fait de la réalisation, même inachevée, de la conception de l’auteur. C’est dire ?
A la lumière de cette troublante (j’en conviens) révélation, la crise que traverse depuis une dizaine d’année le secteur musique apparaît essentiellement en périphérie de la création. C’est à dire dans la communication de l’œuvre à un tiers. Justement là où la monétisation de l’œuvre s’opère sous diverses formes qu’il est de bon ton d’appeler droits ( d’auteur, voisin, du producteur de l’enregistrement …etc…) souvent mal repartis, c’est vrai , mais bon c’est un autre problème. La crise ne concerne donc en rien la création tout en concernant les créateurs qui trouvent dans la monétisation liée à la divulgation de leur œuvre une place sociale, terrain désormais balisé par un marquage économique.

C’est justement là que nous attend le paradoxe de l’économie gravitant autours de l’art. Elle n’est qu’un satellite, et son orbite est conditionnée par la création, sans interaction possible ou probable. Une bonne partie de ceux qui se présentent comme des acteurs de la création artistique n’en sont que des spectateurs tout en étant les artisans de sa divulgation. Ce qu’il est intéressant de noter c’est que l’émancipation de l’artiste permise par la technologie, sa récente autonomie de production et de diffusion de musique enregistrée pousse les nouveaux acteurs de l’industrie musicale toujours plus loin à l’extérieur des cercles concentriques de la création, pour finir par leur donner une place de prestataire technique de bout de chaîne. Des prestataires qui vendent de la musique comme des oranges et des enveloppes à bulles … Par nécessité au sens fort du terme .Je veux dire par là que c’est ce qu’on leur demande tout en étant la seule chose qu’ils savent faire. Bien ou mal, c’est un autre débat.


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