
Pauline Paris: "On va tous finir troubadours !"
J’ai toujours un petit rictus lorsque on me parle des « Artistes » comme d’ un grand tout indivisible ou plutôt une petite armée de soldats à quelques détails près identiques. Et non, il n’existe pas une façon universelle de développer un projet musical, voir même de le vivre. Il y a quelques semaine , j’avais reçu sur le canapé Bertivox pour nous parler de son combat sur la face la plus sombre de la planète numérique , Aujourd’hui c’est une autre chanson que Pauline Paris va nous chanter. Avec ses petits airs de Gavroche , Pauline se fout de la crise , de l’Hadopi , des buzzs et autres noms d’oiseaux . La miss sort son deuxième album avant de se faire la tournée des bistrots parisiens. Elle nous livre avec fraicheur un extrait de son parcours personnel ... 1 - Bonjour Pauline, « le Grand Jeu » est ton second disque. Un deuxième album est souvent une étape compliquée pour un artiste en développement. Comment as-tu vécu la naissance de ce deuxième enfant ?
Très bien ! Les conditions d’enregistrement étaient parfaites au Studio de La Poèterie (www.lapoeterie.com), loin de Paris, les logements et les repas sur place, 100% de notre énergie était consacrée à l’enregistrement. C’était ce qui nous fallait vu que nous n’avions pas plus d’une semaine pour faire les prises. L’atmosphère changeait de jour en jour avec l’arrivée différents musiciens selon le planning. J’ai même eu le temps de faire un footing à un moment donné, dans la forêt enneigée ! J’espère que ce deuxième enfant grandira et ne vieillira pas…
2 - Tu cultives une image de Titi parisien…Visuelle mais aussi musicale. Pauline Paris c’est un personnage ? Un morceau de toi ?
Difficile de répondre à ça ! Non, ce n’est pas un personnage ! On me dit que j’ai l’air d’un Gavroche, d’un vagabond, d’un Titi Parisien tout en restant une femme… alors, c’est ce que je suis, non ? Moi, je ne me pose plus trop de questions sur comment être sur scène, comment parler, comment agir. J’ai décidé que si j’étais moi-même, c’est comme ça que j’obtiendrais le résultat le plus rapide, qu’il soit bon ou mauvais. Y a rien de pire que d’être dans le doute. Alors, si être moi-même, c’est être un Titi Parisien, je veux bien porter cette casquette !
3 - Comment composes-tu ? Tu commences par les textes, la musique ? Les deux en même temps ?
Secret, secret professionnel… Enfin, je vais quand même vous le dire : y a pas de règles. Habituellement, c’est la musique qui m’amène aux mots. Je fais tourner quelques accords et je m’amuse à la voix. Quand la mélodie m’étonne, que je m’oublie en elle, c’est là que ça colle. La musique me vient toujours assez vite. C’est le texte qui peut mettre plus de temps. Je privilégie la mélodie avant tout. Si le texte est bon et que la mélodie ne l’est pas, je jette. Par contre, si la mélodie me plaît mais pas le texte, je vais le retravailler jusqu’à ce que ça marche. Par exemple, il y a une nouvelle chanson, « La fille à papa », que je travaille depuis 8 mois. J’ai toute la musique, mais dix différentes versions de paroles et aucune qui ne m’aillent entièrement. Et il y a des chansons qui sortent toutes seules, comme « Serguei » que j’ai écrite en une nuit, après avoir passé la soirée avec le personnage en question ! Le secret là-dedans, c’est la patience, laisser les choses venir… Une autre chanson, « Susanna », je l’ai écrite en plusieurs mois. Quand elle était achevée, j’avais une vingtaine de brouillons. Encore une fois, il n’y a pas de règles, pas de méthodes universelles… C’est à chacun de se créer ses propres règles et méthodes. Moi, je fais quasiment tout à l’instinct, c’est la voie qui me semble la plus naturelle, la plus vraie, la plus propre à moi-même. Et la seule règle que je m’impose, c’est de ne pas sortir une chanson tant que je doute de sa qualité ou de son intérêt. Quand j’ai écrit la chanson, je me pose toujours cette question : « Est-ce c’est une chanson écrite pour moi ou pour les autres ? » Si c’était pour me défouler et me remonter le moral, je la mets de côté. Si elle a un intérêt collectif, je la mets à l’essai sur scène !
4- Tu es plutôt fille de studio ou femme de scène ? Plutôt disque ou concert ?
Au départ, j’étais auteur-compositeur. Pour que mes chansons servent à quelque chose, je suis devenue « femme de scène », et pour que ces chansons s’immortalisent, j’ai joué la « fille de studio ». Cela dit, je me rends compte que chanter face à un public et chanter dans un casque mène à deux sentiments très différents : ce que j’envoie au public, celui-ci me le rend dans son regard. Je me vide devant lui, il me réconforte. Dans un casque, je m’écoute chanter. Le public, c’est moi. Enfin, je sais qu’en règle générale, je préfère le rapport direct avec les gens. C’est Billie Holiday qui disait n’avoir jamais réécouté un disque après l’avoir enregistré. J’aime la spontanéité, le live et ses hasards… J’aime penser que je fais de la chanson française sur scène à la manière du jazz : c’est-à-dire que je recherche la surprise, je me mets en danger ainsi que les musiciens, pour voir jusqu’où nous pouvons aller. Y a rien de plus ennuyeux qu’un concert fait à la manière d’un disque. J’apprécie même la fausse note, car elle n’était pas prévue !
5 – Comment vis tu ton développement artistique dans l’état actuel du secteur musique ?
Je me laisse aller aux choses de la vie. J’attrape toutes les perches que la vie me tend, j’essaie de ne jamais laisser passer une occasion de jouer et chanter. En ce moment, je fais la demande pour avoir le statut d’intermittente. Sinon, je ne sais pas comment je vis ce « développement artistique », mais je vis, c’est tout. On verra bien ce qui se passera demain.
6 – Est-ce que tu t’occupes toi-même de ton myspace ? Internet occupe t-il une place centrale dans tes activités ?
Oui, je m’occupe de mon myspace. Parfois Quart de Lune (mon éditeur) rajoute sa touche ! On se partage les tâches : Quart de Lune travaille beaucoup sur Internet. Ils sont très sérieux, moi, je n’ai pas cette discipline ! Je préfère me balader, rencontrer les gens, discuter…
6 – Que penses tu de l’Hadopi ? Du doigts pointé sur le droit d’auteur et les artistes qui tentent de le défendre ?
Cela me paraît normal qu’on défende ses droits. Personnellement, je ne cherche pas à défendre ce droit. Il y en a un autre pour lequel j’attache beaucoup plus d’importance : le droit de chanter où je veux, quand je veux, avec n’importe qui, tant que je ne dérange personne ! Aussi bien que le droit de demander de l’argent en échange d’un concert.
Le téléchargement gratuit, bien que cela ne rapporte pas, je considère que cela reste une chance, car cela permet aux chansons de vivre. Je préfère qu’on les écoute gratuitement, plutôt qu’elles disparaissent dans les archives. Si je gagne moins par mes droits d’auteur, tant pis, je jouerais plus dans la rue ! On va tous finir troubadours !
7 – A ton avis quel est l’avenir de la musique et des artistes ?
Alors là, je dois me lancer dans une dissertation, c’est ça ? Thèse, anti-thèse, synthèse !
Bon, ça va être simple : franchement, je n’en sais rien. Je n’aime pas supposer des choses. L’avenir et les artistes ont toujours été là, ça ne changera pas. Je pense que si chacun fait de son mieux, si chacun se respecte, tout ira bien. C’est con, mais tout ce qui compte, c’est de faire du bien autour de soi. J’aimerais bien que dans l’avenir, les artistes et les autres professions touchant à la musique entrent dans cet esprit-là.
Retrouvez Pauline Paris et son nouvel album sur son site : paulineparis.com
les licences libres sont l avenir de l humanité et les artistes feraient mieux de réfléchir avant de sortir des phrases de supermarché genre ouis bon moi je sais pas trop mes petites chansons ca me vas bien lol argh je m étouffe allez donc sur libre accés ,dogmazic.mais bon vous préférez étre des valets c est votre probléme