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L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

Leopold Nord: "’c’était mieux avant ? Je ne pense pas que ce soit le cas"

Il s’appelle Alec et vous le connaissez mieux sous le nom de Leopold Nord . Le monsieur a rencontré le succès dans les années 80 avec « c’est l’amour ». un tube qu’il a chanté durant 2 ans sur les planches de la tournée RFM Party 80.Depuis Alec ou Léopold ( c'est comme vous voulez ) a eu la bonne idée d’inviter d’autres artistes des années 80 sur un album de duo « Leopold Nord et eux » produit par les internautes sur le label participatif belge AKA MUSIC. Rencontre…

1 – Salut Alec , merci d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions . Tu es de ces rares artistes qui ont un véritable tube au compteur. Je suppose que tout le monde te parle et te reparle de « c’est l’amour » . Comment le vis tu ? Cette chanson est elle un cadeau du destin parfois empoisonnant ?

C’est l’amour est comme en enfant qui a quitté la maison et fait sa vie tout seul.Cette chanson m’a ouvert mille portes sans même que j’y frappe...elle m’a aussi dépassé ,mais je l’assume totalement vu qu’elle est née d’une facette de ma personnalité.


2- Beaucoup de jeunes artistes considèrent que c’était mieux avant. Qu’est ce que tu penses toi qui as traversé les années 80, 90 et 2000 ? Qu’est ce qui a changé pour un artiste ?

Je pense que c’est dans la nature humaine de fantasmer sur le passé.La nostalgie d’une époque ,que nous n’avons parfois même pas connue ,alimente les médias et les métiers de la création. “’c’était mieux avant...” serait un formidable titre de chanson,mais je ne pense pas que ce soit le cas.En chiffres de ventes de disques,oui,en liberté des diffuseurs,oui,mais aujourd’hui,on n’est qu’à l’aube de la communication mondiale instantanée,et je trouve çà totalement grisant.Ce qui a changé,c’est qu’à l’heure actuelle,on n’a jamais consommé autant de musique partout et tout le temps.Je comprends le désarroi de l’industrie du disque,mais elle est en partie responsable de ce naufrage.Alors je ne plaiderai pas pour un retour en arrière.Je préfère encourager les pionniers d’aujourd’hui,comme le sont par exemple les fondateurs d’AKA MUSIC.

3 - Pourquoi as-tu décidé de te lancer dans l’aventure d’AKA Music , le label participatif belge ? Qu’est ce que tu penses de ce concept ?

J’en avais entendu parler et j’avais envie de modernité,y compris dans la façon de faire exister mon projet.La rencontre avec Michel Delaunoit fût décisive.La première chose qui m’a sauté aux yeux,c’est son amour et son respect pour les artistes.Pour qu’une aventure comme celle là puisse démarrer,il faut d’abord et avant tout de l’amour.Si il n’y a pas une rencontre,un respect mutuel et une même envie de faire partager au public ce que l’on a entre les mains,ce n’est même pas la peine d’essayer.Et là,je l’ai senti lorsqu’il a écouté les 30 première secondes de “Bruxelles Toulouse”.Il m’a regardé avec n énorme sourire et m’a dit:”on commence quand ?” .Je ne me suis même pas posé la question de savoir si j’allais réfléchir,et j’ai bien fait.
En plus de cet amour des artistes,il y a chez eux ce “non cynisme” qui est un vrai pied de nez à un certain marketing basé sur l’exploitation de la naîveté des gens.C’est l’envie de créer cette communauté “cyber hyppie” et de véhiculer un esprit qui pourrait bien changer la face de ce métier.

4 - Tu arrives avec un disque original « Leopold Nord et eux » , un album de duo avec beaucoup d’artistes des années 80 ? Comment as-tu eu cette idée ? Comment ça s’est passé ?

J’ai tourné pendant 2 ans et demi avec la tournée RFM PARTY 80 à travers toute la France.A bord du bus qui sillonnait toutes les départements plusieurs fois,j’ai eu le temps de penser,d’imaginer,de griffonner,mais surtout de rencontrer de vraies personnalités attachantes.Chanter tous les sois devant 7000 personnes qui chantent vos chansons plus fort que la sono,ça crée des liens d’émotion.C’est simplement çà qui m’a donné envie de ne pas en rester là.Je pense que j’avais tellement peur que çà s’arrête que j’ai fait des chansons pour prolonger le plaisir.Ils ont tous aimé l’idée et on défilé dans les chambres d’hotels que j’avais à chaque soir reconditionnées en studio de route...je tirais ma valise pleine de cables et de micros et je profiatais de leur présence pour me laisser inspirer par eux.C’est vraiment leurs personnalités qui ont nourri mon imaginaire.Desireles,la Zen attitude,Mader,le dandy de Toulouse,Emile et Images,les musiciens énergétiques,Richard Sanderson,le British lover,Sabrina,l’Italienne fantasmatique,Début de Soirée,le duo de potes du Sud,Jean Schulteiss,le classique fou, et puis mes deux amis de Bruxelles ,Plastic,le chanteur au nom non bio dégradable et Lafontaine,mon complice d’impros et de fiestas...

5 – En France, nous parlons beaucoup d’Hadopi , de piratage…Quelle est ta vision de tout ça ?

Je rêve du jour où quelqu’un va trouver une idée:celle de ne pas punir les jeunes qui ont soif de musique et qui permet en même temps aux créatifs d’être justement rémunérés pour ce qu’ils font.

6- La scène belge est devenu très active ces derniers années, je pense à tous ces groupe comme Sharko , Ghinzu , Montevideo.. . dont on parle de plus en plus en France. Il y a Aka , ce label qui fait du bruit Qu’est ce qui selon toi est spécifique à la Belgique au niveau musique ?

La recherche de notre identité est sans doute notre meilleur moteur.Comme on vit sur quelque chose qui ressemble en permanence à une bombe à retardement,on est peut être plus inventifs que d’autres pour survivre artistiquement.On ose.Voilà tout.



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