
Les nouveaux formats audio multipistes interactifs: l'expérience artiste
Le Iklax, le MT9 et MXP4 sont souvent présentés comme les successeurs du MP3.Si ces nouveaux formats audio multipistes interactifs font déjà l’objet de nombreux articles sur internet, on s'y cantonne le plus souvent à l'expérience utilisateur. J’ai décidé cette semaine d’éclairer l’autre côté de la route. C'est-à-dire m’intéresser à l’expérience artiste. Qu’est ce que ces nouveaux moyens de diffusion changent pour les créateurs ? Quel est l’effort à fournir pour les utiliser et pour quelle valeur ajoutée finale ? Le blog d’un artiste en développement vous invite dans les coulisses d’une révolution … ou pas.
Une inquiétude légitime d’artiste ?
Une chanson, un mixage, c’est souvent la longue recherche d’un équilibre. Lorsqu’il vient de passer 2 nuits dans son home studio à travailler le mixage et le mastering d’un titre, et qu’il est à peu près content de lui, le musicien vit un énorme moment de soulagement. Ça y est le bébé est dehors, la pierre gravée. Un soulagement de courte durée car il s’inquiète en général dans l’heure qui suit du rendu de son labeur dans la jungle des Ipod, transistor, autoradio, et autres enceintes de pc. Il arrive même que les larmes montent aux yeux lorsque ce mix qui rendait si bien au casque se transforme en véritable bouillie sonore sur le super Sound Sytem flambant neuf du voisin. Les formats audio interactifs ajoutent une donnée au problème, puisqu’il faut désormais imaginer qu’en plus de découvrir l’œuvre dans des conditions sonores et techniques différentes, les utilisateurs vont pouvoir triturer le mixage à l’infini. Face à ce sentiment de dépossession, voir de perte de contrôle, ma première réaction fut assez négative. «Y’ a pas moyen ! Jamais de la vie » .
Une autre piste plus intéressante à mes yeux allait amorcer mon virage idéologique: Inclure à ces fichiers des pistes alternatives, des prises non utilisées dans le mix final, des orchestrations nouvelles, une sorte de tool kit sonore permettant de revisiter complétement un morceau. Mais cela sous entendra souvent un travail supplémentaire en studio, donc un coût très variable selon le type de production et surtout une volonté réelle de l'artiste d'aller dans cette direction.
Au fond si nous devions transposer l'expérience qui est proposée par Iklax, le MT9 ou le MXP4 au cinéma, il faudrait s'imaginer en train de regarder "Ben Hur" et du bout de la télécommande cliquer sur "un peu moins de chars SVP" ou "je voudrais un cheval blanc " et puis "au final nan j'aimerai que ça se passe dans l'espace". Pourriez vous dire que vous regardiez une œuvre cinématographique? Ou plutôt que vous étiez en train de vous amuser avec une application audiovisuelle basée sur ce film.
Nous y sommes donc ... A mes yeux l'expérience proposée par ces nouveaux formats musicaux n'est pas purement de l'écoute, mais une expérience interactive basée sur de l'écoute. Voilà une nuance qui arrange bien mes tourments d'artiste. Ainsi, ces formats ne vont pas signer l'arrêt de mort de "l'écoute respectueuse" d'une oeuvre mais constituer un bonus intéressant auquel il ne manque qu'à donner une valeur.
Vu comme des produits dérivés de l’œuvre, des application ludiques ou pédagogiques. L'audio interactif pourrait valoriser un single, un album, un peu à la façon de l’open disc. Il pourrait être également être vendu seul ( il l'est déjà sous forme d'application Iphone pour l'Iklax), à prix différent de celui d’un single classique. Bref tout est à inventer, tout est à faire.
Faut il cantonner pour autant ces formats à cette fonction d'add on ? La musique multipiste interactive ne pourrait elle pas constituer à terme une forme musicale à part entière ? C'est à dire une oeuvre musicale multipiste destinée à ce moyen de diffusion. Faites et pensée pour cela. Un peu comme la musique 8 voix ( contre 2 pour la stéréo) réalisée pour l'acoustigloo par le GMVL. (Gmvl.org)
Mais techniquement comment ça se passe ?
Sur « le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » on ne parle pas dans le vide ! J’ai donc retroussé les manches et plongé les mains dans le moteur. Mon intention initiale était de vous présenter des "pas à pas" sur les deux formats français que sont le IKlax et le MXP4. Malheureusement, au moment du test, le logiciel d'authoring de MXP4 n'était pas encore disponible sur pc. La démo que nous avions prévu n'a pu avoir lieu. Ce n'est que partie remise.
Du côté du Iklax, Owen m'a fait parvenir une version complète du "Creator" ( Merci à lui) pour le test . En voiture !
L’offre logicielle d’Iklax est composé de l’Iklax player (qui comme son nom l’indique va nous permettre de lire de façon interactive les fichiers ) et de l’Iklax Creator. Ce logiciel d’autoring va lui nous permettre de créer ces fameux fichiers . Il existe en 3 versions. La free edition (gratuite) ne propose pas toute les fonctionnalités, juste l’essentiel . L’export est possible mais bridé ( Qualité dégradée ,1 seul IKmix ). La version standart est proposé à 49€ . Il existe une version pro vendue 69€ . Je vous invite à lire le comparatif sur le site d’Iklax pour plus de détails.
Le petit travail préalable nécessaire à la création de fichier Iklax est bien sûr l’export des pistes séparées à partir de votre logiciel audio séquenceur. Pour ma part j’ai exporté les pistes sans difficulté à partir de Cubasis VST en utilisant les fonctions « SOLO » de la console . Pour réduire la complexité du mixage, j’ai « mixdowné » 5 pistes. La totalité des guitares se retrouvent pré mixée dans une seule et même piste. Idem pour les voix et chœurs.
Ceci fait, il ne manque plus qu’à ouvrir l’Iklax Creator. Dans l’onglet structure, on peut importer ses pistes séparées et les classer dans des groupes.
Il suffit alors de cliquer sur l’onglet iKmix pour accéder au mixage des pistes. Dans cette fenêtre, on peut très facilement définir le niveau de chaque instrument.

L’étape suivant permet de masteriser le tout avec l’application d’un traitement égaliseur (equalizer). On définit le volume général (Master) et on enregistre. On peut proposer différent mix aux utilisateurs. Cela fonctionne un peu comme des presets …

Une fois vos Ikmix réalisés et enregistrés, il ne reste plus qu’à exporter votre fichier. On dispose de plusieurs options liées à qualité et la compression du fichier. On peut tagger un certain nombre de chose dont un lien vers l’achat du titre original sur itunes ! ( très bonne idée !)

Le fichier réalisé, il est directement lisible dans l’Iklax Player. Il suffit de choisir son Ikmix.

...Et de dérouler les pistes audios… A vous de mixer !

L’opération est donc relativement rapide et intuitive, je n’ai pas eu besoin de lire le manuel. Il faut dire que je ne suis pas entré dans les détails des règles de mixages qui permettent de définir un certain nombre de contraintes aux utilisateurs. ( Lier les pistes , niveau maximum, etc…). Et je n'ai qu'inséré des pistes issues du master original sans chercher à proposer de la matière alternative.
Un détail important : le titre ne sonne pas exactement comme la version originale finale du disque. La raison , le traitement post prod de mastering qu’il n’est pas possible d’inclure dans l’audio multipiste. Certes je suis quasi persuadé que 80% des gens n’y entendront aucune différence.
A vous d'écrire la suite...
Téléchargez le Iklax Player ...
http://www.iklaxmedia.com/article-25-iklax-player.html
Téléchargez : "Bidibule - est ce que tu voudras de moi" version Iklax (14Mo)
Je suis allé poser quelques questions au créateur du format , l'interview devrait être publié cette semaine sur "le blog d'un artiste en développement dans un monde en crise" . Restez connectés !

Hello,
le remix est selon moi plus une maniere d'attirer une autre communaute musicale, on remix un rock en raggae pour l'exercice de style mais aussi pour se faire decouvrir par d'autres amateurs d'autres musiques ...
Cependant, il faut , a mon humble avis, faire jouer les filtres, les filters comme je m'amuse a les appeller ...
Choisir la personne qui va remixer son morceau, son titre, c'est faire une rencontre avec quelq'un dont on aime le travail musicale et le sujet qu'il traite musicalement et profondement.
Donner un remix a n'importe qui, il en sortira n'importe quoi.
Je dois avouer tout de meme que l'exercice doit etre interessant pour les "remixeurs" et il faut garder un esprit libre sur le sujet. apprendre a surprendre en quelque sorte .
Je reste contre le principe mais pour le fun et la surprise.
a vous les studios.
zgo
Salut...
Je suis vraiment d'accord avec toi sur le remix. Dans la chanson française, c'est encore une démarche marginale. Etant grand fan de Daho, à peine mes masters finalisés, j'ai invité quelques artistes electro et Dj à venir "dancefloorisé" mes chansons dans des téléscopages musicaux.
Pour les formats audio interactifs , je pense qu'on est dans un autre cas. C'est au final plus proposer une activité ludique autours d'un titre. En sachant en plus que contrairement au remix , les utilisateurs n'ajoute pas de prod additionnelles. ( Du moins pour le moment)
Mixer un titre c'est plus que caler un volume, un panoramique, c'est pas mal de petits details qui au final fait ressortir telle ou telle chose, un element musicale plus qu'un autre, c'est une vrai valeur ajoute au titre ...la encore, une grande relation de confiance avec une dimension musicale et culturelle rentre en ligne de compte selon moi .
ceci dit, on peut aussi s'amuser ...
J'ai eu l'occasion de tester le MT9 et techniquement, c'est un vrai régale. Intuitif, simple d'utilisation pour l'auditeur bidouileur qui n'est ni ingé son ni musicien.
idem pour le player playlive du MXP4.
Ces solutions ont un point commun, elle propose une façon alternative d'écouter un titre. Simple gadget ou nouvelle forme de consommation ? A suivre. Hâte de voir la vision "vue de l'intérieur" d'un musicien sur le MXP4.
Oui moi aussi, Gildas doit me prévenir dès qu'un soft d'authoring débarque sur pc...