Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

Interview : Bertivox, un auteur compositeur en colère

Depuis le mois d’avril, l’inquiétude est de mise pour les artistes et labels distribués par Wild Palms Music. L’agrégateur qui était jusqu’ici recommandé par VirginMega ne donne plus signe vie. Le catalogue a même été débarqué de certaines plateformes françaises ( dont fnac.com ) . Bien qu’en plein débat sur l’Hadopi, les offres légales et le financement de la création musicale, personne ne semble vraiment s’intéresser au sort de ces artistes en pleine tourmente numérique. Depuis Bertivox , un artiste bien connu sur internet a constitué un « collectif de défense des droits des artistes signés chez Wild Palms Music ». Une association qui a pour but de rassembler, d'informer et de soutenir dans leurs réclamations et démarches juridiques les artistes en difficulté. Le blog d’ « un artiste en développement dans un monde en crise » est parti à la rencontre d’un auteur compositeur en colère…

1 -Bonjour Berti Vox, pourquoi à tu monté un collectif de défense des droits des artistes signés chez Wild Palms Music » ? Et globalement que proposez vous aux artistes en difficulté ?

J'ai monté ce collectif suite à de nombreux messages que j'ai trouvés sur le web, sur des forums et qui parlaient des problèmes que les musiciens rencontrent vis à vis de Wild Palms Music. Je me suis rendu compte qu'on était plusieurs centaines à se faire mener en bateau par ce label. Je me suis dit que si j'arrivais à rassembler tout le monde, nous aurions plus de poids pour faire valoir nos droits, faire respecter notre travail et mettre en lumière le problème du téléchargement payant. Nous sommes à l'heure actuelle environ 150 réunis dans un groupe facebook que j'ai créé pour l'occasion.

Ce qu'on propose aux artistes qui n'arrivent pas à obtenir leurs relevés de ventes et leur paiement, c'est des documents pour faciliter leur réclamation. D'abord plusieurs documents sur l'état des lieux de la situation du label puisque Wild Palms Music a stoppé la communication depuis plus d'un an; ensuite un modèle de lettre de mise en demeure, des adresses de contacts des plates-formes de téléchargement pour demander un retrait d'album, un communiqué de presse à relayer éventuellement et un modèle de lettre de comparution devant le juge pour ceux qui veulent poursuivre leur réclamation au tribunal d'instance. Mes collègues et moi-même avons passé plusieurs mois à rassembler toutes ces informations, ce qui fait aussi qu'à présent les musiciens se sentent moins isolés dans leur galère.

2 -Comment interprètes tu l’indifférences des professionnels de la musique voire de certains artistes sur ce sujet ?

Le problème, c'est qu'on vit dans une société de communication où environ 3000 informations arrivent tous les jours. Parmi ces 3000 infos, les journalistes vont en choisir quelques dizaines, donc il faut avoir soit une bonne connaissance dans le milieu où soit une bonne renommée au départ pour que ton communiqué de presse soit relayé. Si tu prends le flux RSS de Libération tu peux voir des infos comme "Trois mois de prison pour le SMS d'insultes à Rachida Dati" qui est pour moi une info pas vraiment intéressante mais comme il s'agit de Rachida Dati alors c'est affiché partout. On peut se demander pourquoi en plein débat Hadopi la cause de notre collectif ne trouve pas plus d'échos, mais c'est comme ça, on vit dans un monde de communication superficielle si j'ose dire. Sur 400 journalistes à qui j'ai envoyé mon communiqué de presse, j'ai eu seulement 4 retours.

Quant aux professionnels de la musique, la plupart n'ont pas envie de remuer la boue, ils ont peur que cela fasse de l'ombre à leur carrière ou projet. Je pense qu'il y a un manque de courage et d'engagement de leur part, et puis nous vivons dans une société assez individualiste où le cas des artistes auto-produit n'intéresse pas grand monde au final.

3- Que penses tu désormais de la distribution numérique de musique ? Vendre de la musique autoproduite sur les grosses plates formes a-t-il pour toi du sens ?

Je suis maintenant vacciné contre la vente de musique en ligne ! L'impression que cela me donne : une gigantesque mafia qui essaie d'exploiter l'ingénuité des musiciens auto-produits en mettant leur album sur des sites de ventes de mp3 très connus et au nom ronflant. A moins d'être signé dans une grosse maison de disque qui a des moyens juridiques, les musiciens n'ont aucune possibilité de vérifier ce qui se passe avec leurs ventes. On peut très bien leur dire ce mois-ci tu as vendu 10 titres et en réalité c'est 20. Si tu multiplies cette petite différence par des milliers de références de chansons, au final ça fait un bon pactole. Cela ne veut pas dire que tous les distributeurs ou magasins ont ce genre de pratique mais qui croire au final ? Le monde de la musique à l'heure actuelle , c'est une immense foire d'empoigne pour la captation de revenus, où seul les plus forts ont leur mots à dire.

Pour moi en tant qu'artiste indépendant, la vente en ligne de mp3 n'a pas de sens car je sais que dans 99% des cas, ça ne permets pas à un auteur-compositeur de vivre même si les comptes sont respectés. Ce qui permet à un musicien de gagner de l'argent, c'est de faire de la scène bien que là aussi ça devient difficile. Au final, 95% des artistes crèvent la dalle et c'est comme depuis bien longtemps, bien avant Hadopi, bien avant internet et malheureusement ça ne va pas changer tout de suite.

4 - Sur ton site, tu vends des cd et tu offres ton album en téléchargement. Les internautes peuvent faire un don. Est-ce que ça marche ?

J'ai reçu quelques dons ! Ce qui fait déjà plus que les 0 euros de Wild Palms Music ! Mais là aussi, ce n'est pas une technique pour gagner sa vie, c'est juste pour essayer d'avoir un peu de fonds à ré-investir dans la promotion par exemple. De toute façon, comme je le disais précédemment, un album physique ou numérique d'un artiste indé ne permets pas de gagner vraiment de l'argent. C'est en fait un support de communication qui va permettre de faire parler de soi avant tout.

Ce qui me plaît dans ce système de don, c'est que le rapport entre l'auditeur et l'artiste est direct, pas d'intermédiaire, une sorte de commerce équitable où on est (quasi) sûr que la totalité du don (moins les frais de banque) va directement dans la poche du musicien. Et je pense que le téléchargement libre de mon album favorise sa circulation et plus ma musique circule et plus cela va contribuer à ma promotion ce qui logiquement entraînera des ventes de CD, car oui le téléchargement libre n'est pas incompatible avec le CD ! En revanche je reste propriétaire de ma musique qui est déposée à la Sacem et son utilisation à but commerciale ne peut avoir lieu sans mon autorisation.

5 - Est ce que tous ces soucis n’ont pas trop parasité ton activité artistique ?

Je pense que si j'avais signé avec un distributeur plus sérieux, cela m'aurait peut-être amener davantage de choses. J'ai discuté par téléphone avec un directeur de plate-forme de téléchargement et celui-ci me disait qu'ils était très sollicités par les distributeurs qui leur demandent régulièrement de mettre en avant tel ou tel artiste... Mais dans le cas de Wild Palms, ils n'avaient plus de contact depuis de nombreux mois. J'aurais peut-être fait un peu plus de vente avec un autre partenaire mais en fin de compte ce qui est le plus pénible, c'est d'avoir à gérer ce genre de duperie de la part de WPM, toutes ces heures passées à faire des recherches, des réclamations, à faire respecter son travail.

6 – Que penses tu du débat sur la proposition de loi HADOPI ?

Hadopi est un projet de loi qui a vu le jour grâce aux lobbyistes qui travaillent pour les multinationales, sous couvert du respect du droit d'auteur alors qu'en réalité le droit d'auteur est le cadet de leur soucis. En fait, les maisons de disque de ces multinationales qui, trop occupées à compter leurs dollars, n'ont pas vu arriver la révolution technologique qu'est internet. Par conséquent elles essaient maintenant de contrôler tant bien que mal un domaine qui est difficilement contrôlable (à moins d'habiter en Chine - ce qui d'une manière doit inspirer certaines personnes). C'est une loi qui reste de toute façon inefficace, puisque contournable. Et pour 95% des artistes, ça ne va strictement rien changer.

7- L’actualité musicale de Berti Vox dans les mois qui viennent c’est ?

Je renoue avec la scène, je participe au festival Charles Trenet à Narbonne le 28 et 29 août. Puis la réalisation de nouveau morceaux que je mettrai à disposition sur mon site web dans les mois qui viennent.

Par ailleurs, je vais attaquer à la rentrée une formation d'ingénieur du son d'une durée d'un an qui va me permettre de me perfectionner dans ce domaine et qui s'ajoutera à mon expérience puisque ça fait 20 ans que j'écris des chansons et que je fais de disques et de la scène. Je pense que l'avenir du musicien à l'heure actuelle réside dans le fait de maîtriser le plus d'étapes possible dans le processus artistique. Je proposerai par la suite mes services pour des projets, comme par exemple celui du rappeur ROST pour qui j'ai réalisé quelques musiques pour son nouvel album qui devrait sortir à la rentrée.

La musique se suffit à elle même ...Prise de tête et coquillage.


Aujourd’hui, on rentre les tongs et on fait sécher les maillots de bain. Le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise s’occupe de vos neurones même pendant les vacances. Alors qu’on a de cesse d’annoncer la fin de la musique et qu’on s’est mis en tête de sauver la création, personne ne semble décider à poser l’inévitable question de fond. «et si on ne nous avait tout simplement pas sonné ? » .

Dans un imaginaire collectif aussi répandu que tenace, l’art est dirigé vers l’autre. (Quel enfer dixit Jean Paul). Une forme d’expression maquillée qui se doit de faire mouche. La notion de communication, pour ne pas dire transaction plaçant l’autre en position de conditionner l’existence même de l’œuvre. Mince alors ! Les notions d’audience et de reconnaissance, monétisées ou pas suffiraient à expliquer l’inexplicable, et les artistes n’ étaient même pas au courant. Vraiment… Quelle bande de nuls !

Sans ses millions d’auditeurs le sacro saint « Let it be » des 4 de Liverpool ne serait pas un hit planétaire. Mais cette masse d’oreilles réceptives soustraite à l’équation, oh Damned , « let it be » n’a pas disparu, ni même ses auteurs. On nous aurait menti ! L’art ( et donc la musique) se suffit à lui même. Dit autrement, L’artiste crée pour créer et l’existence de son œuvre n’est exclusivement conditionnée que par son acte de création. C’est tellement vrai qu’on le rappelle dans l’article L111-2 de loi sur la droit d’auteur de 1957. L’œuvre est réputée créée, indépendamment de toute divulgation publique, du seul fait de la réalisation, même inachevée, de la conception de l’auteur. C’est dire ?
A la lumière de cette troublante (j’en conviens) révélation, la crise que traverse depuis une dizaine d’année le secteur musique apparaît essentiellement en périphérie de la création. C’est à dire dans la communication de l’œuvre à un tiers. Justement là où la monétisation de l’œuvre s’opère sous diverses formes qu’il est de bon ton d’appeler droits ( d’auteur, voisin, du producteur de l’enregistrement …etc…) souvent mal repartis, c’est vrai , mais bon c’est un autre problème. La crise ne concerne donc en rien la création tout en concernant les créateurs qui trouvent dans la monétisation liée à la divulgation de leur œuvre une place sociale, terrain désormais balisé par un marquage économique.

C’est justement là que nous attend le paradoxe de l’économie gravitant autours de l’art. Elle n’est qu’un satellite, et son orbite est conditionnée par la création, sans interaction possible ou probable. Une bonne partie de ceux qui se présentent comme des acteurs de la création artistique n’en sont que des spectateurs tout en étant les artisans de sa divulgation. Ce qu’il est intéressant de noter c’est que l’émancipation de l’artiste permise par la technologie, sa récente autonomie de production et de diffusion de musique enregistrée pousse les nouveaux acteurs de l’industrie musicale toujours plus loin à l’extérieur des cercles concentriques de la création, pour finir par leur donner une place de prestataire technique de bout de chaîne. Des prestataires qui vendent de la musique comme des oranges et des enveloppes à bulles … Par nécessité au sens fort du terme .Je veux dire par là que c’est ce qu’on leur demande tout en étant la seule chose qu’ils savent faire. Bien ou mal, c’est un autre débat.


Sacem, que lui reproche t 'on exactement ?

Il y a quelque jours , la SABAM (société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) était suspectée par le parquet de Bruxelles de ne pas distribuer correctement les droits qu’elle collecte. Signe des temps, c’est aujourd’hui les modes de répartition de notre sacro sainte SACEM qui sont montrés du doigt. Au programme des autoproduits pas content et des diffuseurs qui se demandent où va leur argent. Décidément pour les indés , l’heure n’est plus au lèche botte blues.

« Sacem que lui reproche ton exactement ? ». C’est en ces termes que Frank Mallis, président de la Grosse radio, vice président de France-Webradios et quelques autres intervenants du net musical ont lancé une grande enquête et débat sur le site : la grosseradio.com . Depuis quelques jours les témoignages d’artistes se multiplient. Pour François Ville récemment produit sur le label participatif No major musik :« la Sacem n'arrive pas à gérer les passages sur les petites radios. C'est un énorme manque à gagner pour les autoproduits largement diffusés par ce biais » .

Chez les diffuseurs, c’est l’incompréhension : « Lorsque nous avons négocié nos contrats avec la SACEM, nous avons insisté très lourdement sur le fait que nous voulions que nos listing soient exploités.la SACEM nous a clairement répondu que ce n'était absolument pas possible vu le nombre d'artistes L'argument est de dire que cela couterait plus cher à exploiter que ce que cela rapporte. Alors : Où vont nos sous ? »

Les expériences partagées sur le forum de la grosse radio ne m’étonnent pas. De mon côté toujours aucune nouvelles des droits générés l’an passé par la diffusions de mes titres sur Le Mouv ou RMC, (dont il reste pourtant une trace sur le site) qui n'ont pourtant rien de petites stations. Le service de répartition quand on arrive à le joindre reste sans voix. Et les artistes sans droits. Affaire à suivre …

Participez vous aussi à l’enquête, au débat et aux actions collectives sur
http://www.lagrosseradio.com/forums/index.php?showtopic=34676&st=30



Interview : Benoit Darcy (Musicspot.fr /zdar.net)

Après plus de dix ans de journalisme spécialisé dans les nouvelles technologies et la musique, Benoit Darcy est à l'origine des initiatives de CBS Interactive France dans la musique (c'est le fondateur de Music360.fr et de MusicSpot.fr). L'emploi du temps est chargé le jour mais Benoit, comme tout bon passionné, profite de ses nuits pour alimenter zdar.net : son blog perso où il dissèque l’actualité musicale, technologique et plus si affinité…Je n’ai pas résisté, vous commencez à me connaître, à l’envie de questionner l’intéressé.Hey Benoit, comment vois tu l’avenir de la musique sur internet ? Réponse à Suivre…

Hadopi ton univers impitoyable... Impossible pour commencer de faire l’impasse sur le Feuilleton de l’année. Qu’est ce que l’interminable débat sur ce projet de loi t’inspire ?

Le débat en lui même, sur sa forme, m'inspire peu. Je l'avoue : je n'ai pas l'énergie (le courage ?) de passer des après-midi entières à écouter les palabres de parlementaires grisonnants pour qui Bénabar doit probablement représenter le renouveau de la chanson française... Je pense que la loi Hadopi est une mauvaise réponse à un vrai et sérieux problème. J'ai des doutes sur la capacité des pouvoirs publics à faire appliquer cette loi - aussi est-elle, en l'état, contournable; et lorsqu'on prend en compte l'histoire de l'informatique et de l'Internet, force est de constater que chaque répression a connu sa parade...
Au delà du changmement de ministre de la culture et du récent report au mois de septembre, ce qui me préoccupe plus, c'est "l'acte 2" d'Hadopi : la Loppsi2. Avec Loppsi2, on ne parle plus de répression mais de filtrage. C'est pire. Et c'est même très grave : si cette loi devait être votée et appliquée, l'usage d'Internet en serait modifé, passant d'un réseau de création et d'échange à un réseau de pure distribution, verrouillé et maîtrisé par toujours les mêmes acteurs....


Pour Jacques Attali mais pas seulement , la musique est appelée à devenir gratuite. Et pour toi ?
La gratuité de l'écoute me semble en effet innéluctable à terme. Les études comportementales sur les jeunes populations (ce que les américains appellent les "digital natives") montrent que plus aucun ado n'est prêt à payer pour écouter de la musique. En fait, il ne l'ont *jamais* fait, alors pourquoi diable commencer ? Ce phénomène est de l'ordre du comportement sociétal, et je ne vois vraiment pas comment la tendance pourrait s'inverser. Il va falloir composer avec...
Le problème, c'est que produire de la musique, la répêter, l'enregistrer, la diffuser, la promouvoir, a un coût. Depuis les années 50, une chaîne de valeur s'est structurée, avec différents maillons. Aujourd'hui, c'est la typologie de cette chaîne qui est remise en question. Sa composition, mais aussi la manière dont elle dégage ses revenus. Et ce changement intervient en plus sur fond de réduction des coûts. Ainsi, certains acteurs de la filière musicale auront vécu dans les années 80 comme jamais on pourra vivre aujourd'hui. A l'instar des records olympiques inamovibles établis dans les années 80 par des nageuses Est-Allemandes dopées jusqu'à l'os, des artistes des années 70 ou 80 n'auront jamais gagné autant d'argent en un ou deux disques qu'un artiste des années 2000 peut espérer en gagner en 30 ans de carrière...
Exemple récent de la mutation de la chaîne : la réévaluation des quotas de ventes pour attribuer les distinctions de "disque d'or", platine, etc. C'est déjà la deuxième fois. On est passé de 100.000 à 75.000, et maintenant 50.000 copies pour prétendre à l'or... Bientôt, il faudra modifier les repères : mesurer les streams, les téléchargements... Cette mesure permettra d'aligner en face des revenus, ce qui façonnera une nouvelle fois l'industrie.

Bref : d'un côté nous avons des jeunes qui ne veulent plus payer pour écouter de la musique. De l'autre une filière qui a besoin de vivre, ou alors c'est la fin de la diversité et l'installation de la "musique sponsorisée" comme norme inamovible. Il font donc trouver des moyens de réinjecter de l'argent dans la filière, et pas de manière artificielle. Actuellement 20% des acteurs de la filière (= les majors) se partagent 80% du business. Un rééquilibre s'impose, car les 80 autres % sont, en gros, les indépendants. Et ils sont les meilleurs garants de la diversité.
Cela passe inévitablement par la mise en place de nouveaux moyens de redonner de la valeur à la création. Je n'ai hélas pas de modèle magique pour résoudre ce problème, mais je pense qu'une piste majeure tient peut être dans la capacité des téléphones mobiles à constituer la prolongation numérique de chaque individu. Spotify semble aller dans cette direction. Seul frein ? Les réseaux, qui pour l'instant sont encore sous-dimensionnés pour un usage de masse.
cf plus bas, ta question sur "comment on consommera de la musique dans 5 ans".


On voit de plus en plus d’artistes produits par les internautes. Que penses tu des labels participatifs ? Est ce que pour toi le modèle « sellaband–like » tient ses promesses ?
J'observe ce modèle avec beaucoup d'intérêt. La production communautaire résout à priori une partie du problème : disposer de fonds pour enregistrer un album. Seulement, interrogez l'homme de la rue, il vous dira sûrement que le premier artiste issu de cette production communautaire est le fameux Grégoire (Toi+Moi...). Normal, le buzz a été très important : prime au premier, notoriété du fils Goldman, nombreuses connexions - de fait - avec la filière, etc. Mais ce même homme de la rue, sera t-il capable de donner le nom du deuxième artiste issu de ce circuit ? Pas sûr. Le talon d'Achille des plateformes de production communautaire résident dans leur capacité à promouvoir leurs poulains. En définitive, ces plateformes sont bel et biens des labels de nouvelle génération. Ils ont hérité du même problème majeur auxquels sont confrontés tous les labels : faire en sorte que leurs artistes soient "in" et créaient le buzz. Et attention au mirage de "l'internet comme fée de la notoriété" : combien d'artistes en galère de visibilité pour une Lily Allen ou un Sliimy ? Et ces deux-là, auraient-ils vraiment percés s'il n'avaient pas, à un moment donné du processus, été récupérés dans le giron d'un gros label dans une major. Franchement ? Pas sûr non plus...
En contrepoint du marketing de masse, il ya une autre notion à prendre compte. Comment, en effet, définit-on le succès pour un artiste aujourd'hui ? Un coup de 100.000 ventes, 2/3 ans de hype "et puis s'en vont" ? Ou bien une carrière de plusieurs dizaines d'années ? A l'heure où la jeune génération penche pour le zapping permanent, la deuxième option est plus difficile. Cela conditionne sans aucune doute les choix de certains acteurs...



Streaming ? téléchargement ? A ton avis comment les internautes consommeront de la musique dans 5 ans ?
En streaming, sans hésitation. Et depuis leur mobile. Dans 5 ans, le téléchargement de musique ne sera plus qu'une pratique confidentielle, relégué au statut de simple "copie technique". Les incarnations du cloud computing appliquées à la musique seront une réalité (j'ai essayé de détailler ça sur zdar.net il y a quelques semaines), les systèmes d'exploitation modernes (iPhone OS, Android, Chrome et autres) seront arrivés à maturité et les internautes pourront accéder à leurs contenus depuis un simple téléphone mobile. Le mot d'ordre sera "partout, tout le temps". Une nouvelle bataille des offres d'accès est d'ailleurs en train de dessiner. Le concept du "partout, tout le temps" est crucial. Il pourrait bien enrayer à lui seul le piratage : en proposant un service plus facile et plus pratique que ce que propose le piratage, on réduit la valeur et donc l'utilité de ce dernier...


On parle souvent du concert comme une façon de financer la création musicale et de promotionner un artiste. N’est ce pas paradoxal à l’heure de l’internet, au moment même où l’on a jamais autant consommer de musique enregistrée ?
Non, ce n'est pas paradoxal. Internet est une formidable machine à connecter les gens. On parle aujourd'hui énormément de Facebook ou de Twitter, mais le phénomène remonte à bien plus loin. Souvenez vous des forums, des newsgroups, des mailing-lists, toutes ces choses "so 1.0" mais qui perdurent justement parce qu'elles créent de la valeur et permettent aux gens de se retrouver, d'échanger.
Internet, c'est aussi une formidable machine à comparer, trier, noter. Le public a donc besoin de juger sur pièce. La surabondance de l'offre a probablement atténué l'émotion qu'était capable de véhiculer la musique enregistrée. Le concert permet en quelque sorte de retrouver cette émotion. Ces deux aspects expliquent selon moi l'engouement pour les concerts. Après est-ce qu'il s'agit vraiment d'un relais de croissance pour l'industrie musicale ? Je pense que non. Dans le domaine du spectacle vivant, les prix augmentent aussi, l'offre se multiplie. Un individu "lambda" n'a ni le temps ni les moyens d'aller à ne serait-ce qu'un concert par semaine... Miser sur le concert comme moyen de sauver l'industrie musicale est une erreur - à minima une solution de "facilité". La vraie solution se situe en amont.



Quel est l’artiste ou le groupe que tu as découvert sur le net cet année ? ( Je crois savoir qu'il y a une jolie bassiste qui t'a tapé dans l'œil non ? )
....en même temps, comment peut-on résister au charme d'une jolie bassiste ? :-)
J'écoute beaucoup de musique, du coup, je découvre plein de nouveaux artistes. Le groupe à la jolie bassiste s'appelle Lys. Poussé par NoMajorMusik notamment. Ils ont joué aux Vieilles Charrues il y a quelques semaines. J'aime bien ce qu'ils font en effet. Un EP est sorti... Dans un autre registre, Karkwa : exceeeellent groupe québécois, découvert en 2009 et dont je suis archifan. "La Fille", alias Anne Sophie Charron, très bon aussi. Naosol & the Waxx Blend, poussé par Spidart, MyHybris, un groupe de progrock dans lequel joue Morgane (alias lafilledurock), ou encore Nixon à mi chemin entre Hocus Pocus et the Streets....
Bon ta question n'est pas facile, j'en oublie forcément plein et en plus l'année n'est pas finie, alors je te propose de reparler de tout ça en décembre... :o)

Pour entrer en contact : facebook.com/benoitdarcy, twitter.com/zdar, zdar.net


Du Bidibule dans un film de prévention ...

Souvenez vous, je vous en avez parlé il y a quelques temps. Dans le cadre du concours C-nario pour la prévention du suicide organisé par la Macif, Sana, une jeune réalisatrice de 26 ans à utilisé une de mes chansons (est ce que tu voudras de moi) ... Le résultat en image...

Pourquoi ?


Pour retrouver l'univers de Sana sur myspace entre Londres et Nice ça se passe par là :
http://www.myspace.com/mademoisellesana


Du concentré de talent, vivement recommandé par la Bidisphère ...

Interview: Caroline Fontaine ( Ziknblog.com)

Ceux qui connaissent l’autoproduction et internet se souviennent tous d’autoproduction.net , de Virtualabel et Sincever. Derrière ces sites, Caroline Fontaine, une française qui a traversé l’atlantique. C’est du Québec que Caroline anime désormais Ziknblog .com et assure la distribution numérique des artistes signés chez Sincever. Rencontre avec la madame « autoprod » de l’internet francophone !

Salut Caroline, Est-ce que tu peux nous parler de ton aventure musicale sur le net avec autoproduction.net ?


AutoProduction.net était un portail musical pour les artistes autoproduits… Il a été conçu en 2001 à la suite des nombreux courriels d’artistes reçus via Sincever.com (webzine d'info sur l'industrie musicale et des chroniques divers et variées) qui souhaitaient une mise en avant. C'était une sorte de MySpace avant l'heure, sans aucun budget monétaire ou levée de fonds. Plusieurs milliers d'artistes francophone que l'on pouvait retrouver sur le site par pays puis par région, ou par genre musical ce sont inscrits (de nombreux ont aussi été effacés automatiquement lorsqu'ils ne se connectaient pas au moins une fois dans les 6 mois afin de ne conserver que des comptes actifs !) et plus de dix mille liens mp3 ont été soumis (Les MP3 n'étaient pas hébergés sur nos serveurs pour des raisons de droits - imagine le travail de lien mort à effacer que cela pouvait engendrer).

Le site était développé entièrement par Cédric, mon mari, et géré par mes soins. Bien que je validais absolument tout ce qui était soumis (page, news, lien mp3, ...), tous les artistes étaient acceptés sur AutoProduction.Net tant qu'il s'agissait de musique autoproduite. À mon grand regret, le portail que nous avions créé n'était pas axé assez vers les fans, à mon goût. Nous avons fait des tentatives mais les robots spammeurs nous mettaient des battons dans les roues ! Mon objectif était de créer une sorte de réseau social avant l'heure. L'avantage de développer avec son mari, c'est que ça ne coûte rien mais le gros inconvénient, c'est qu'il choisissait ce qu'il développait ou non. Ce que je trouvais essentiel ne l'était peut être pas pour lui... Si tu vois ce que je veux dire...

Tu proposais Ègalement de faire de la distribution numérique des artistes avec Sincever. Combien avais tu d'artiste ? Comment cela se passait ? Tu es toujours sur le coup ?

Quand les compagnies believe et wildpalmsmusic ont fait leur apparition en France, pour ma part, j'étais au Québec et je connaissais l'agrégateur aux USA : IODA. Contrairement aux agrégateur français, ioda ne demandait pas de frais d'ouverture de dossier et je voulais faire profiter aux artistes de cette opportunité. À l'époque en plus, la conversion dollars/euros étaient intéressantes. Il est possible que j'ai permis de faire sauter les frais d'inscription chez les agrégateurs français quand on leur disait : ouais mais Sincever propose une inscription sans frais...

Je pense avoir été clair avec les artistes dès le début. J'intègre les artistes dans de nombreuses plates-formes, j'en parle sur Sincever, mais ce n'est pas mon métier, c'est un passe-temps pour moi ! J'ai eu au total 22 artistes que je n'ai pas été chercher mais qui m'ont simplement demandé si j'acceptais de les entrer dans le système. Aussi, je devais être la seule à ne pas leur demander d'exclusivité !

Quand j'ai fermé mes sites, j'ai proposé aux artistes de les laisser dans les plates-formes. Ils peuvent arrêter quand ils veulent (comme avant) simplement en me l'indiquant. Aujourd'hui, je ne propose pas a de nouveaux artistes de les intégrer chez ioda. À l'époque, j'avais un très bon service chez eux mais lorsque mon contact les a quitté, le service s'est dégradé, je n'obtenais plus de réponse à mes courriels et j'avais de la difficulté a ce que les artistes soient référencés sur fnacmusic et virgin (des acteurs importants tout de même en France). Aussi, il faut, depuis quelques temps, atteindre un certain seuil avant d'être payé, ce qui n'était pas le cas dans le passé. Bref... De nombreux petits détails qui démotivent.


Pourrais tu nous parler de Virtualabel qui était une boutique en ligne que tu as lancé ?

VirtuaLabel était la seule boutique du genre sur internet !!! Liée a AutoProduction.net, les artistes qui avait un compte pouvait mettre en vente leur(s) CD. La particularité, c'est qu'ils géraient eux-mêmes le tout : Lorsqu'ils créaient leur page sur AutoProduction.net, il leur suffisait de remplir et cocher une case pour accepter les conditions et la partie CD s'activait automatiquement sur VirtuaLabel, les CD étaient en vente. La Boutique VirtuaLabel était un intermédiaire entre l'acheteur et l'artiste puisque les artistes envoyaient eux-mêmes leur CD. Ça leur permettait d'ajouter toute communication pertinente (concert dans la région, prochain CD en préparation, ...) au moment de l'envoi du CD ! Certains artistes me posaient la question : quel intérêt j'ai à mettre mon CD sur VirtuaLabel. Pour quelqu'un qui était capable techniquement de mettre son CD en vente sur son propre site internet, ça permettait au moins d'y être référencé et peut être à ce qu'un internaute fasse un achat impulsif dans la boutique ! À côté de cela, nous proposions de l'affiliation avec la boutique afin que n'importe qui puisse vendre les CD des artistes sur leur propre site, une commission leur était reversée. Les artistes eux-mêmes pouvaient ajouter un code sur leur site pour vendre leur CD. Une sorte de Widget comme c'est très populaire à présent.


Pourquoi avoir arrête ?

J'ai arrêté pour plusieurs raisons. La principale, parce que Cédric a décidé de quitter le bateau, il arrêtait complètement le développement et la gestion du serveur dédié pour se consacrer et lancer son propre projet TerroirsQuebec (il trouvait avoir assez aidé les artistes qui en demandaient toujours plus et voulait à présent aider les producteurs alimentaires québécois). Je me retrouvais donc sans sysadmin (un serveur c'est beaucoup de gestion) et sans développeur. J'ai pu rester comme ça quelques temps mais le serveur se dégradait (plus de mise à jour - attaques, ...) et la technologie évoluait (le code des sites devenait obsolète et je payais mon serveur trop cher par rapport au prix que j'aurais dû payer), incapable de tout transférer et gérer, j'ai tout fermé.

Une des autres raisons est le fait que VirtuaLabel était un site où je devais faire confiance aux artistes. Mais le fait que n'importe qui pouvait mettre son CD en vente à engendré certains problèmes : soutien technique important pour ceux qui n'arrivaient pas à mettre leur CD en vente, artiste qui ne comprenait rien, artiste qui ne répondait pas en cas de commande, artiste qui cliquait pour dire que leur CD était dispo mais qui n'envoyait jamais le CD (à chaque vente, l'artiste indiquait si oui ou non il acceptait la commande, il avait 48h pour répondre). Toute cette gestion était excessive et dans certains cas, en cas de commande de plusieurs CD venant d'artistes différents, l'artiste qui ne répondait pas, bloquait la commande des autres artistes. Quelque chose d'inacceptable à mon goût. Je me suis donc rendu compte qu'on ne pouvait pas faire confiance à tout le monde ! La vie est ainsi faite !!

Un autre inconvénient, ce service entraînait une énorme gestion comptable. En 2005, 2006 et 2007, c'est environ 3 X 800 transactions à comptabiliser (VirtuaLabel, Autoproduction.net, TerroirsQuebec, serveur, ...) dont la majorité venait de virtualabel. Et tout ceci, ne me rapportait rien car tout était réinvesti dans le serveur. Et puis j'avais un boulot à temps plein à côté !! Ma plus grande fierté dans tout ça c'est tout de même le fait d'avoir eu quelques commandes avec plusieurs CD d'artistes différents dans une seule commande que l'internaute à découvert et acheté grâce à VirtuaLabel.


Aujourd'hui, tu as lancé Ziknblog.com , peux tu nous en dire plus sur ce site ?

En plus de Sincever, AutoProduction.net, VirtuaLabel, nous avions d'autres sites/projets satellites ! Un annuaire (Inzik : avant google, c'était bien pratique), une régie pub musicale (promomusique) un club d'abonnement pour recevoir un CD de la boutique automatiquement chaque mois (CDecouvert), et d'autres essais... À croire qu'on en avait jamais assez : une idée nous passait par la tête, on la développait !

En 2001, nous avions même, avec des amis d'enfance, lancé un podcast "L'émission, c'est VOTRE musique" (sans fil RSS à l'époque, je pense que le mot podcast n'existait même pas !) que nous avons dû arrêter à la demande de la SACEM (l'autorisation des artistes ne suffisait pas, la SACEM gérait leur droit et elle a dit : faut payer). La négociation avec la SCEM était assez difficile. Ils ne savaient pas trop s'il devait classer "notre musique" dans la catégorie webradio ou fichier à l'écoute... On nous demandait plusieurs francs (et oui, c'était encore des francs à l'époque) par clic que l'émission soit écoutée ou non. C'était en real audio et beaucoup n'avait pas reel player d'installé d'office sur leur ordinateur. Je trouvais ça quelque peu cher en sachant pertinemment que mon paiement n'ira pas directement aux artistes. Bref, ce fut laborieux et nous avons préféré arrêter (on retrouve les archives dans Zik'n'Blog car a un an prêt, j'aurais pu le faire lorsque j'ai déménagé au Québec, car là bas, on a le droit - mais pour notre part, plus l'envie).

Bien qu’il ait été créé pour la première fois en 2006 par Cédric, puis abandonné quelques temps plus tard à cause des robots et du SPAM qui s’acharnaient dessus, j'ai décidé de reprendre Zik'n'Blog en main. En fermant Sincever.com, j'ai transféré certains artistes de Sincever vers Zik'n'Blog (il faudrait que je continue mais comme je le fais manuellement c'est long). La mise en ligne officielle de cette nouvelle version date de fin 2008. Ce blogue a pour objet (tout comme l'association que j'avais créé lorsque j'était en France) d’informer, de favoriser, de développer et de promouvoir toutes formes de musiques actuelles par tout moyen nécessaire sans aucune restriction de genre.

Que penses tu des labels participatifs comme AKA music, Spidart and co ?
À la base, je trouvais l'idée excellente mais le montant à accumuler trop élevé et je n'y croyais pas. Aujourd'hui, je vois que les montants sont atteint et je suis agréablement surprise. Là ou je suis frustrée, c'est lorsque je vois des artistes qui ne s'entendent pas avec ces labels une fois le montant atteint. J'ai moi-même misé sur quelques artistes dont deux qui sont arrivés à terme via AKAmusic, j'attends la suite pour voir ! Mais avec 10 euros de misé, je n'irai pas loin, j'étais simplement curieuse de voir comment ça se passe côté producteur !


Quelles seront les évolutions de Ziknblog, as-tu des projets spécifiques ?

Depuis quelques temps, j'aimerais me relancer dans une baladodiffusion (oui je sais, en France vous n'aimez pas beaucoup ce terme inventé au Québec, un podcast quoi...). J'ai déjà du contenu, des jingles de prêts, mais je n'arrive pas à me lancer parce que je voulais le faire à deux, ne pas avoir à parler toute seule mais je ne trouve personne. Le thème serait bien évidement la musique, et la balado ferait découvrir des artistes.

A part ça, je n'ai rien de précis pour Zik'n'Blog, je voulais que ce site soit la continuité de Sincever qui m'a fait mal au coeur de fermer car ce webzine a un très bel historique. Au début des années 2000, il atteignait 45.000 visiteurs uniques par mois. Je sais que je n'atteindrais pas ça avec Zik'n'Blog mais j'aimerai qu'il devienne un peu plus populaire tout de même car il s'y trouve des infos souvent très intéressantes !!! Certains rédacteurs de Sincever m'ont suivi sur Zik'n'Blog, d'autres m'ont rejoint entre temps, ce qui fait de lui un blogue collectif avec différents regards de la musique !

Je ne me vois pas monter toute seule un nouveau projet, je vais plutôt m'associer... J'attends de voir ce qui se passe dans le milieu et si des propositions arrivent via mon appel sur myspace.com/autoproduction, par exemple ! Je vais peut être travailler sur un projet de site québécois, j'ai rencontré l'équipe et j'attends de voir car on est tout au début du projet... L'avantage avec moi c'est que je ne suis pas artiste. J'ai donc une autre vision et je me place plus dans l'expérience utilisatrice comme fan de musique !

La spirale de la gratuité ...

Il y a quelques jours un article publié sur le-hiboo.com ( que j’ai trouvé grâce à B comme boxsons.com, merci Valoche) attirait mon attention. Un photographe y révèle que se faire payer pour des clichés de concert est devenu très compliqué . 100 000 pages vues, back link ou pas , dit il fort justement …. ne servent pas à l’heure actuelle de monnaie d’échange pour payer un loyer.

Une trentaine de lignes plus tard le questionnement suivant achève sa missive:
« Estimez-vous normal que des artistes qui se battent contre la diffusion gratuite de leur travail soient les premiers à vouloir des clichés sans contre-partie ? » .

De l’autre côté de l’écran, l’artiste en développement que je suis, jubile. Loin de moi l’idée d’éprouver quelconque satisfaction dans les déboires des mes confrères photographes. Bien au contraire. Mais après s’être fait « enflé » par l’industrie musicale des décennies, dépouillé de leur droit d’auteur sur internet , les artistes doivent ils se laisser tailler le portrait et le short …à l’œil ? Rewind and play … (A l’usage des trolls de passage, cette formule est de l’humour !)

« Qu’on le veuille ou non, nous avons plongé tête première dans une spirale. »
Il eu été bien naïf que de penser que la dévalorisation progressive qu’a connu la musique enregistrée serait contenue à ce domaine. De la même façon que la démocratisation technologique a mis dans la chambre du moindre musicien amateur un 32 pistes , la photographie numérique, désormais embarquée dans les téléphones ou autres gadgets fait du moindre spectateur un photographe potentiel. Quelle est alors la valeur d’un cliché ? La même que celle d’un MP3 perdu dans la jungle à profil de Myspace ? Qu’on le veuille ou non, nous avons plongé tête première dans une spirale. Celle de la gratuité et donc de la dé-professionnalisation. Assez logiquement ce qui est appelé à ne presque rien rapporter l’est aussi à ne presque rien coûter ou à disparaître.

Bref que répondre à ce photographe, dont l’exaspération est à mes yeux légitime ? Et bien je ne le sais pas … Si ce n’est que la réalité qu’il décrit et précisément celle qu’il partage avec les artistes qu’ils pointent du doigt. En particulier lors qu’il annonce « qu’il faudra soit énormément de talent, soit énormément de relationship pour continuer à avoir foi dans ce qui de toute façon n’a jamais été un métier véritablement porteur et rémunérateur » . Que répondre, à part Mon pauvre Rod, on en est tous là. … Signé un con d’artiste qui a cédé « gracieusement » les droits d’un de ses titres pour 15 500 exemplaires d’une compil d’un mag très connu.



Thanks god it's Friday : Les news de la musique ...


Thanks god it's Friday. Pendant que vous lezardez au soleil, les pieds dans l’eau, le « blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » reste en veille... (Et c'est pas facile !)

Microsoft lance un service de streaming musique…
L’information est tombée sur « The Telegraph ». Après avoir titillé Google et Yahoo avec Bing, Microsoft s’apprête à lancer un service de musique en streaming. Ce service que Peter Bale , directeur d’MSN n’hésite pas à comparer à Spotify, devrait être lancé très prochainement en beta en Angleterre . Au menu : l’écoute gratuite mais aussi du téléchargement payant. Il se murmure dans les couloirs du net qu’il sera compatible avec Zune et la Xbox.

La critique musicale à l’heure du 2.0 :
Après la charge humoristiques mais hautement dispensable de Weingarten. Drowned in sound nous repasse une couche. Ceux qui parlent de la musique ont décidément un don certain pour se reluquer le nombril. Pour ceux qui auraient loupé mon envolé lyrique sur la chose, la rediffusion est par


Deviens producteur de film …
La bourse des internautes est décidément très courtisée. A l’instar de « My major comapny » dans le monde de la musique, Motionsponsor.com propose aux internautes de devenir producteur de cinéma. Mais alors que la production de musique s’est échouée dans un mainstream désespérant, sur motionsponsors.com, c’est un film de zombie français qui arrive en tête des mises … On adore !

Les vrais indépendants piquent une crise …
On les savez déjà un peu excité. On ne sait pas trop si leur maman ne les a pas laisser sortir pour le 14 juillet. Mais alors que les trois quarts des sites musicaux tournent au ralenti pour cause de farniente , les vrais indépendants ont décidé de secouer le bocal. Au programme un coup de gueule gratiné sur le dernier album made in Spidart, un appel aux artistes twittermaniacs et 2 titres d’Alcohsonic à télécharger gratuitement.


Bidibule

Mickey 3D is back

Mick n'est plus tout seul ...
Bonne nouvelle des étoiles, Mick n'est plus tout seul. Mickey 3D is back. « Méfie toi l’escargot » , premier single extrait d’un nouvel album à paraître en septembre prochain , débarque sur la toile. Trois minutes cinquante qui s’écoutent sur Myspace et qui font du bien aux oreilles à l'heure où la pop française a tendance à s'anglophoniser histoire de se donner des airs .Trois autres extraits de l’album sont disponibles sous forme de teaser Vidéo. Ils sont d’abord dévoilés aux abonnées de la newsletter et seront progressivement mis en ligne sur Myspace. Ah, qu’est ce qu’on ferait pas pour grossir sa fan base ?

Vers une nouvelle modification de la chronologie des releases ?
Ce qui est intéressant à constater c’est qu’on sort petit à petit d’une logique de sortie simultanée « Album/Single». Une logique peut être liée au support CD. Rappelons que dans les années 80, on sortait des singles puis un album. C’est aussi un excellent moyen de faire monter la pression et se faire désirer. Le danger c’est de louper au passage un certain nombre de transformation. Ou pas ? Tout aussi intéressant, chez Roy Music on propose l’album de « Boulbar » en version numérique alors que la sortie CD dans un packaging spécial incluant une BD n’est prévue que pour novembre prochain.




Bidibule

Rolling Box: un nouveau site musical ...

Alors que nomajors.com a annoncé sa fermeture pour fin juillet, et qu’on se demande toujours si Myspace France passera l’été, voici que Rollingbox.com vient de lancer sa beta. Au menu, une plate forme communautaire axée musique avec de l’écoute en streaming illimité avec une part des revenus publicitaire reversée à la SACEM, du téléchargement payant ( le prix est défini par les artistes eux même la part de Rollingbox est fixée à 0.30€ ) et un système de parrainage Artiste. Un couteau Suisse pour les artistes ?


Une direction artistique affirmée… 46 artistes sélectionnés sur 129 candidats. Rollingbox annonce la couleur. Pas question de transformer la plate forme en jungle à profil. Pour les artistes désireux de tenter l’aventure, il faudra donc passer par la case « sélection ». Un espace candidature est en ligne ici : http://www.rollingbox.com/inscriptions/inscription-artiste.php Les artistes y sont appelés à communiquer leur
adresse de sites ou de blogs mais aussi à exprimer leur motivation ! Le choix d’une véritable D.A. sur une plate forme musicale de ce type est à mon sens un véritable pari. C’est gonflé mais c’est risqué. Il faudra suivre de près les évolutions du service dans les mois qui viennent…


Des sous , d
es sous , des sous ... Bien que le prix de vente soit laissé à l’appréciation des artistes, pour un titre vendu 0.99€ , l’artiste producteur sera rémunéré à hauteur de 0.38€ . C’est à dire un tout petit peu mieux que ce que rapporte un téléchargement sur Itunes ou Fnac.com à un artiste en distribution chez Believe. ( Le plus gourmand des aggregateurs) .


Parrainage Kesako ?
Le parrainage d’artiste ou sponsoring est la grande nouveauté apportée par le service. Pour l’instant pas facile d’y voir clair , voici l’explication que l’on peut trouver dans la FAQ :

« Une fois intégré dans le réseau Rollingbox, la régie a pour objectif de trouver un parrain souhaitant associer son image à celle de votre espace personnel, votre contenu, votre image, vos valeurs... Rollingbox se charge alors de tout mettre en oeuvre pour démarcher et trouver des contrat de parrainage aux artistes de la plateforme.Sur votre blog vous pouvez offrir des espaces d'affichage à votre parrain, ce qui vous permet de rentabiliser votre espace grâce aux visites. Lorsque vous êtes parrainé, un nombre de téléchargements est offert à vos auditeurs. Chaque fois qu'un auditeur télécharge une de vos chanson gratuitement, le parrain verse un montant pour vous rémunérer en échange d'une annonce. Votre image et votre capacité à fédérer autour de votre espace Rollingbox sont très importantes. Plus vos chiffres sont bons, plus vous êtes récompensés. »

Tenons nous là un nouveau moyen de financement de
s autoprods ? … Encore une fois, il faudra attendre d’avoir les premiers exemples concrets et premiers f"eedback" pour se prononcer.Le site annonce tout de même 55% de revenus issus du parainage reversé aux artistes sous forme de droit d’auteur et droit d’enregistrement.Les 45% restants revenant à Rolling box et une association de développement durable http://www.ishpingo.org/ .




Affaire à suivre...


Nomajormusik et Endemol : la télé réalité dont vous êtes le producteur ?

Nomajormusik est décidément un acteur à part dans le petit monde des labels participatifs. Après un partenariat avec Roy music , c’est avec Endemol que la plate forme s’est associé pour « the road of fame ». Un programme télé sauce Docu réalité où non content de pouvoir produire les artistes, les internautes et téléspectateurs pourront suivre l’aventure de l’intérieur, du studio au salles de concert. La diffusion est promise sur internet, téléphonie mais aussi sur le petit écran . Le premier groupe à bénéficier de cette promotion d’un nouveau genre est « « The Enjoys ». En attendant la rentrée et le départ de cette saison 1, un preview de la chose est disponible sur dailymotion.

Que penser de tout cela ? Premièrement que les difficultés que rencontrent les labels participatifs sont très exactement celles des labels traditionnels. Une fois la levée de fonds et la production effectuée, encore faut il vendre des disques et pour commencer l’artiste aux médias. Un problème de taille car la quasi totalité de ces labels ont déjà une flopée d’albums en phase de production ou de lancement. Et il faudra désormais bien plus qu’un clip participatif pour se faire un peu de place sur la plage. L’idée de fond de « the road of fame » est excellente. Son succès lui reste très certainement conditionné par les canaux de diffusion du programme. (Chaine, horaires , médias partenaires. ) .

C’est en tous les cas, bien tenté …

Interview de Jean Deswarte : Fondateur de didooda.com


Didooda.com a lancé sa beta le 21 juin dernier. Quelques jours avant, j’avais demandé à son fondateur, de nous éclairer sur cette nouvelle plate-forme et ses services. Voici donc l’interview de Jean Deswarte pour terminer la semaine en beauté sur le « blog d’un artiste en développement dans un monde en crise »...


1- Peux tu nous présenter Didooda et en quoi ce projet diffère de toutes les autres plates-formes musicales ou réseaux sociaux axés musique ?
didooda (il n’y a pas de majuscule !) diffère d’autres plateformes de diffusion ou de distribution dans la mesure ou tout est pensé pour favoriser la rencontre, le mélange des genres, la collaboration. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas que le morceau fini. C’est surtout sa naissance. De quelle façon il va se métisser. Parce que je crois personne n’en n’a jamais idée, parce que la musique reste souvent non formatée. L’idée est là. Un type au piano à Paris, une voix terrible d’une fille à New York. Ca se rencontre, ça se forme. Ces deux là n’avait pas prévu le bassiste de Londres qui frappe à la porte. Ni ce gars qui pleure dans son harmonica à Montréal. Et l’autre de Bamako, etc. Le tout dans un bon esprit et sans crainte parce derrière tout ça on travaille sous des licences Creative Commons. On n’est pas là pour se piller, on n’est là pour collaborer. C’est très concret.
Et puis il n’y a pas que les musiciens. Une fois que le morceau est terminé. Il n’y aurait pas un graphiste pour l’illustre ? Il n’y aurait pas un vidéaste pour faire un clip ? Il n’y aurait pas un studio d’enregistrement pas trop loin de chez moi pour que j’améliore mon son ?
Et puis il y les fans, ceux qui ne voient jamais un morceau naître et là sont aux première loges et donner leur avis, cette version est superbe mais pourquoi ne pas essayer avec une trompette ? Juste pour voir ? C’est très nouveau ça, l’interaction entre musiciens, puis l’interaction entre les fans et les musiciens, l’interaction entre musiciens et graphistes ou vidéastes ou photographes, tout ça sur un même site, c’est très nouveau.


2- Qui se cachent derrière Didooda ?
J’ai beau me retourner, je ne vois personne d’autre derrière moi.

3- Peux tu nous éclairer sur les fonctions « collaboratives » du Site ?
Pour collaborer, il faut chercher, trouver, écouter, s’entendre. Quand je dis ça, je dis ce que fait didooda. Des outils de recherche existent pour cela. Bon on a trouvé. On fait quoi maintenant ? Et bien on essaye, on essaye de voir si l’on peut s’accorder. On s’échange des pistes. Mais pas n’importe comment. Une piste n’est pas une pièce jointe à un email. Une piste, ou des parles, est une création à part entière. A ce titre le partage et l’échange doit être contractuel. Quoi ? Un contrat ? Et oui. Je te propose ma piste de basse, ou des paroles que j’ai écrites, mais à telle condition, sous telle licence Creatives Commons. Tu sais ce que tu peux faire, et ce que tu ne peux pas faire. T’es ok ? On continue Downloade ma piste de piano, chante dessus, et tu me renvoies le tout, ‘attends juste quelques notes de saxo de Fred, et j’en fais un mix. Les fonctions collaboratives sont bien là : recherche par affinité, échange de pistes sous licence Creative Commons, mise à disposition des pistes et des mix. Chacun opère en toute liberté, dans un esprit de plaisir, de partage et de collabaration, tout cela encadré par les licences Creative Commons dans lesquelles je crois beaucoup.

4-Le site doit être lancé le 21 juin, en Français et en Anglais. Didooda affiche donc dès le départ des ambitions internationales. Allez vous dans un premier temps concentrer vos efforts sur l’hexagone ?
Nous n’allons pas concentrer nos efforts sur l’hexagone. Ou sur tout autre territoire. Se serait réduire la musique, l’amputer des influences qui la nourrissent. On commence en français tout bêtement parce que je suis français. La version anglaise est avancée, les traductions sont déjà prêtes et le tout verra le jour courant juillet. Puis d’autres localisations suivront parce qu’il ne doit pas y avoir de frontière entre celui qui joue de la guitare et celui qui joue de la guitar ou de la guitarra ou de la Gitarre, etc.

5-Sur le blog « didoodaproject.com », vous écrivez « Chez Didooda, nous sommes certains que de nombreuses sources de revenu sont encore totalement non exploitées ou ignorées pour la musique en ligne en France. » Vous parlez entre autre de vous éloigner de la publicité. Quelles pistes comptez vous explorer avec Didooda ?
Aujourd’hui, quand on achète un morceau, et bien on achète un morceau. Sur didooda, on peut acheter un morceau, ou bien la licence de ce morceau à des fins de remix, ou bien juste la piste de basse du morceau, ou bien juste les paroles. Un morceau est un ensemble de richesses, et chacune de ses richesses peut être exploitée, pour autant que les auteurs de ces richesses le veuillent bien évidemment. On passe d’une ère de licence unique à une ère de licences multiples. Un truc peut en enfanter mille.

6- De nombreux artistes s’interrogent aujourd’hui sur les faibles rémunérations générées par l’exploitation de leurs œuvres sur Internet. Les sites de streaming sont souvent dans la ligne de mire. On parle de difficulté de paiement chez certains agrégateurs, ou sur certaines plates formes… Comment va se passer la vente de musique sur Didooda et la rémunération des artistes ?
La rémunération des artistes est simple : 85% des revenus générés sont pour eux.
Prenons trois exemples.
Exemple 1 : 3 artistes se sont associés pour donner naissance à un morceau qu’ils décident de vendrent 60 cents. Le morceau est vendu 1000 fois. Chacun touche 1000 x 0,60 x 0,85 / 3 = 170 $. Exemple 2 : la piste de piano de ce morceau est vendue avec une licence autorisant son acquéreur à en faire un usage commercial. Cette piste est donc plus chère et proposée à 100 $. Elle est vendue 10 fois. L’auteur de cette piste touche 100 x 10 x 0,85 = 850 $.
Exemple 3 : le morceau est vendu sous forme de licence à un professionnel pour illustrer un film promotionnel, au prix de 900 $. Chacun percevra alors 900 / 3 = 300 $.
La nouveauté est là, ne pas vendre un morceau, mais des licences de ce morceau -ou de ce qui compose le morceau- adaptées au besoin de chacun et ayant leur propre prix.


7 – Votre position sur les derniers épisodes du feuilleton HADOPI ?
HADOPI est une loi mal née. La gratuité d’écoute a toujours été possible, que ce soit à la radio ou à la télévision, et quand j’écoute un chanteur, je ne paye pas. Pour autant ce chanteur est rémunéré, mais ce n’est pas moi qui le paye. Les circuits de rémunération des artistes ont toujours été déconnectés des auditeurs, je dis bien auditeur, parce qu’évidemment quand j’achète une place de concert ou un CD, je contribue aux revenus de l’artiste, mais je suis alors consommateur. Bref il y a une place pour promouvoir et où on n’a jamais payé (radio, TV), et une place on l’on achète. Il est pour moi évident que plus la promotion est importante (radio, TV ET maintenant Internet), plus les revenus issus de la diffusion ou des concerts seront importants. Il ne faut donc pas voir en Internet une place de mise à mort des revenus, mais une place de promotion de ces revenus, ou encore une place où des paradigmes peuvent bouleverser la vision que l’on a d’un industrie quelle qu’elle soit. Au lieu de se demander comment tirer parti du bouleversement Internet, artistes et maisons de disque partagent la certitude qu’Internet mettra en péril leur revenu. Il va de soi que je me range naturellement du côté de ceux qui essayent d’imaginer de nouveaux horizons à partir d’Internet, plutôt que de le fustiger.

8 – Le mot a de la fin ?
Je tiens tout d’abord à te remercier pour cette tribune qui m’est offerte. J’aimerais qu’au travers de didooda naissent de belles rencontres musicales. Parce que la musique est pour moi cela, une histoire de rencontre et de métissage. Si didooda pouvait en être un des artisans, je serais rudement content.



Merci à Jean qui a répondu à ces questions en plein lancement de la beta …
Bidibule

CQFL, ce qu'il fallait lire...


Pour cause de festival, le « blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » a été réduit au silence ces derniers jours. Il a fallut affronter la pluie, le froid, le soleil de plomb mais qu’on se rassure dans les chaumières, ça repart en beauté avec un condensé ce que vous avez loupé cette semaine sur internet.

Ah Zimbalam ah s Zimbalam ! Believe est mort ce soir…

Alors que sur Webenterainer.fr on s’extasie sur le nouveau service de distribution powered by Believe, sur viva musica, les bloggeurs, artistes de tout poils s’interrogent. Mais quelle va être la plus value de Believe sur Zimbalam ? Les artistes et labels distribués « à minima » par Believe ne vont-ils pas assez logiquement demander à ce qu’on recalcule l’addition ? Il va y avoir du sport en terrasse…On aimerai pas être à la place des garçons de café. Dans les commentaires ça taille sec : « si un artiste est incapable de vendre une trentaine de singles ou 5 albums, a-t-il eu raison de produire ses titres ? » Et si un bloggeur ne génère pas plus de 5 commentaire à son post , a-t-il eu raison de poster son article ? Réponse à suivre … ou pas …En attendant , Zimbalam a déjà rentré 500 albums en catalogue...

Roy Music et Yozic : « requiem pour la distribution ? »

Roy music , le label de mademoiselle K est décidément sur tous les fronts de l’internet. Après un partenariat avec Nomajormusik, c’est avec « Yozik » que Roy propose la vente de ses artistes en direct sur son site. Le nouvel album de Boulbar « Requiem pour un champion » est en vente digital ( format wav ou MP3 320kbs) depuis le 30 juin . C’est à dire 4 mois avant sa sortie physique et au prix de 5€ 90.Voilà qui fait écho au récent partenariat Universal /Pepita pour le lancement du dernier album des Black eyes peas. Et dites donc, vous seriez pas en train de shunter le secteur de la distri des fois ?


Y’a-t-il quelqu’un pour signer NOVA ?

Il y a des jours où on est en droit de se demander si les découvreurs de talent n’ont pas les oreilles en travaux. Nova écume le net et les festivals depuis des années avec au moins 4 ou 5 tubes potentiels dans les flycases. Sur scène, non content d’être bons , ils se permettent en plus d’être beaux. Messieurs les DA préparez vos stylos , je prend 20% ( bah quoi ? ) et c’est par là NOVA sur myspace