Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

Chansons improbables #1 : 28° à l'ombre et les secrets de la chanson parlée

Nous avons été si sérieux ces dernières semaines que j’ai décidé de créer une nouvelle rubrique pour décompresser. Je vais donc vous proposer de temps à autre , de découvrir ou redécouvrir ces chansons tellement improbables qu’elles en deviennent des chefs d’œuvres de la pop culture. Et pour commencer en beauté, le blog d’un artiste en développement s’attaque à une monument « 28 degrés à l’ombre » de Jean François Maurice ( Disque AZ)



28 degrés à l’ombre s’inscrit dans la longue tradition des chansons parlées. Un genre constitué de deux catégories : La chanson parlée volontaire ( et donc assumée ) et la chanson parlée involontaire. C'est-à-dire lorsque l’interprète a la vive impression de chanter mais en fait non . Ne rigolez pas c’est arrivé à Gerard Darmon, le pauvre.

Le soucis de la chanson parlée, c’est que sa monotonie tonale , pour ne pas dire son déficit mélodique par défaut la rende quelque peu monotone à l’oreille de l’auditeur moyen. La parade c’est le chœur de vierges effarouchées, celui de l’été indien par exemple … Pababa ! Pababababababa ! Sauf que Toto Cotugno n’a rien inventé, il a tout piqué à Camillo Felgen et son monument de la chanson parlée « WARUM ».



Ah la chanson parlée, un genre qui prend toute sa dimension en langue allemande… N’est ce pas ? Arfff Warum ? Ce qui absolument passionnant avec le tube de Camillo , c’est qu’au final quand il commence à chanter vraiment, emporté par les cordes , on se dit qu’on préférait quand il parlait.

Revenons à Monaco…
Aux « Ou –hou-hou » de Warum , répondent donc les « ah- ah – ah » de 28 degrés à l’ombre.

L’analyse textuelle de l’œuvre nous montre déjà à quel point le réchauffement climatique est une réalité indiscutable. Je cite « 28 degrés à l’ombre c’est fou , c’est trop ! ».Quand on connaît les températures estivales d’aujourd’hui sur la côte d’azur.

Ne nous voilons pas la face, l’essentiel du propos de l’œuvre se veut une description d’un couple en train de faire l’amour. C’est assez finement évoqué par un petit jeu parabolique. « L’amour est à côté de moi » au début de la chanson …Puis « l’amour est au dessus de moi » un peu plus tard. Transposable à l’infini, l’amour est au dessous de moi, l’amour est derrière moi …devant , partout quoi. C'est plus l'amour , c'est Jean sarkozy ! Enfin je m’égare…






Yvan Taïeb (Roy Music) : "c’est inéluctable, la musique va être gratuite à terme"

Qui a dit que je ne recevais que des artistes dans le canapé du « blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » ? Aujourd’hui c’est Yvan Taïeb l’un des fondateurs du label Roy music qui a accepté de répondre à mes questions. Roy music, c’est Mademoiselle K, Jil is lucky , Jean Racine, Boulbar et l’opportuniste « Make the girl dance – Bay baby baby » dont le clip est devenu culte. Il revient sur son parcours et les réalités de la production en ces sombres jours. Rencontre...






1 - Bonjour Yvan et merci d’accepter de répondre à mes questions. Peux tu nous expliquer le parcours qui t’a mené à créer ROY MUSIC ? Comment vis tu cette « aventure » de label indépendant dans une industrie en pleine tourmente ?


Je vis cette aventure très bien ! C’est un peu le rêve de ma vie qui se concrétise. La crise est là, c’est dur mais je m’en fou, je m’amuse !
J’ai toujours voulu être producteur ; sans réseau j’ai commencé d’abord à manager des groupes (Boris Thana, microcombo, The Nicotines, HushPuppies…) puis à programmer des salles (La Scène Bastille – ce n’était pas drôle tous les jours !- puis le House of Live (pendant 3 ans) ex Chesterfield Café dans le 8 ème… j’ai programmé du rock indé tous les jours. La musique n’était pas du tout adaptée au quartier et j’ai eu beaucoup beaucoup de mal à faire venir du public… mais bon mes patrons à l’époque m’ont laissé faire… et encore aujourd’hui je me demande pourquoi !
Cela m’a permis de créé mon réseau. Puis de monter Roy Music avec mes deux associés Rodolphe (qui vient aussi du management) et Olivier (qui vient de la prod audiovisuel. Pascaline qui s’occupe du juridique nous a rejoint immédiatement.


2 – Comment sélectionnes tu les artistes que tu produis ? Quels sont les critères ? Un conseil aux artistes qui nous lisent : Faut il encore envoyer des disques dans les labels, se concentrer sur nos myspace ?


Les critères il n’y en pas vraiment, au coup de cœur, il faut que ça me touche. Je suis très sensible aux voix originales voire limites fausses, avec beaucoup d’émotions. Musicalement je suis plutôt pop rock mais j’ai deux oreilles et suis ouvert.
Après il peut aussi m’arrivé aussi d’être opportuniste, de sentir le truc.
Le myspace suffit largement, je préfère ça à tout autre chose. J’écoute tout de toute façon.


3 – Tu t’es associé à Nomajormusik, enfin pardon Buzzmyband pour proposer aux internautes la production d’un DVD live de Mademoiselle K et d’autres artistes du catalogue ROY. Peux tu nous en dire plus ? Comment analyses tu les premiers retours ?

On est plutôt content, on a levé environ 30 000 euros avec ce système ce qui n’est pas négligeable de nos jours. Et surtout cela permet de créer une vraie communauté autour des groupes. On organise pour les miseurs des événements exceptionnels. Au Réservoir le 6 juillet dernier par exemple ou on a organisé les concerts de Mademoiselle K, Jil is Lucky et Oldelaf et Monsieur D. Et tous les gens sont repartis avec un CD offert d’Izabo. Et que les gens aient misé 5 ou 1000 euros (il y en a !) ils ont tous eu le droit à être invité.
http://www.dailymotion.com/video/x9zsxp_soiree-roy-nomajormusik-au-reservoi_music



4 – Sur les sites de Streaming un titre rapporte 20 à 25 fois moins qu’un téléchargement. Qu’est ce que ce chiffre t’inspire. Que penses tu des Deezer , Spotify, musicme et autres Jiwa ?


En fait c’est exactement 100 fois moins …
Sur le papier c’est super, la musique gratos… après financièrement c’est la merde. Même ces site ne n’ont pas un modèle économique rentable (mais au moins ils lèvent beaucoup d’argent via des business Angel !)
Enfin, et je pense que c’est inéluctable, la musique va être gratuite à terme. Il va bien falloir trouver de l’argent quelque part …
Une remarque aussi : il y a beaucoup de fantasmes de la part des internautes autour des producteur pleins aux as et aux artistes connus qui gagnent beaucoup d’argent… s’ils connaissaient les réalités financières de ce métier, ils tomberaient de très haut… Pour ne prendre que le cas de mademoiselle K, nous ne gagnons pas d’argent sur ce projet. Cela peut paraitre incroyable mais c’est comme ça. Entre les couts des albums, clip, live … nous ne remboursons pas notre investissement pour le moment. Mais ce n’est pas grave, nous travaillons sur le long terme et au final nous gagnerons de l’argent.
Après cela fait plus de 5 ans que je travaille tous les jours sur ce projet… sans gagner d’argent ! Or il faut bien bouffer entre temps !


5 - Roy music s’est doté d’une boutique en ligne en partenariat avec Yozik. Dis donc tu n’essaierais pas de "shunter" la distribution ? ;)

Un peu oui …


6 – Hadopi , tu es convaincu ? pas vraiment ? pas du tout ?

Je n’ai pas vraiment d’avis. Je suis pour sensibiliser les gens mais je pense que c’est trop tard. Par contre dire que couper la connexion internet c’est bafouer les libertés individuelles, c’est la plus grosse connerie, la plus grosse hypocrisie que je n’ai jamais entendu !!! Il y a un moment quand tu télécharges illégalement et bien tu prends tes risques, à toi de les assumer. A ce moment là il faut enlever le système du permis à point car pour de nombreuses personnes perdre son permis est bien plus emmerdant que de perdre sa connexion Internet.
Et à Paris c’est tellement simple avec un portable de trouver une connexion disponible partout (dans des café, les parcs parisiens, chez tes voisins de pallier …)donc on ne peut pas dire que ce soit très contraignant non plus.

Et sinon on fait payer quand les fournisseurs d’accès ? Le biz est là, pas ailleurs.



7 – Des projets à venir pour Roymusic ?

Pleins !!!
Pour 2010, le nouvel album de Mademoiselle K, le premier album de Hangar (groupe du cap Ferret, énorme sur scène), le premier album de Kilimanjaro (pop anglaise en français avec des mélodies qui tuent tout !) , une synchro pub pour le monde ultra classe pour Jil is Lucky : le titre The Wanderer va enfin avoir l’exposition qu’il mérite ! Le deuxième album de Quasoir, chanson rock pour âme sensible. Le premier album de Boulbar : Requiem pour un Champion, un album concept super classe sur la déchéance d'un boxeur. Le Cd sera aussi en librairie accompagné d'une bande dessinée de Vincent Gravé autour de la même histoire. Le nouvel album de Rachel (ex Rachel des Bois), Le premier album de Make The Girl Dance (on prépare un nouveau clip qui va faire sensation !), le premier album d’Odelaf (tout seul sans Monsieur D)… et des groupes qu’on va signer entre temps probablement… Un groupe Belge notamment que je rêve de signer depuis 2 ans…




Yooscafé vu par un artiste

Si vous ne connaissez pas Yooscafé, rassurez vous ! C’est normal ! Le moins que l’on puisse dire c’est que Yoosmedia a été jusqu’ici avare en communication sur son service de partage de fichiers musicaux. Un service annoncé comme légal, puisque basé sur une exception au droit d’auteur français : La fameuse copie privée.


« L'exception de copie privée autorise une personne à reproduire une œuvre de l'esprit pour son usage privé. L'usage privé implique l'utilisation de la ou des copies dans le cercle privé, notion incluant la famille, mais aussi les amis, comme l'ont redéfini les tribunaux récemment. »
(Source : Wikipedia)

Yooscafé c’est quoi ?
Globalement, Yooscafé autorise l’échange de MP3 par internet entre amis et personnes de la même famille. Une technologie de Watermarking déjà bien connue dans le domaine de l’image est censée encadrer cet échange en limitant le nombre de téléchargement possible, c'est-à-dire : Trois.

Alors oui on peut se poser bien des questions sur un tel positionnement alors que l’offre de service de partage de fichier est déjà quasi saturée d’une part par les sites de type Rapidshare, Megaupload… d’autre part par les services de type « Orange : mes données» ou le Skydrive de Microsoft. Surtout qu’à priori et quoiqu’on en dise, par un jeu d’ouverture de parapluies juridiques, ces services ne sont pas moins légaux que celui proposé par Yooscafé.

A ce sujet, je vous invite à lire l’excellent article de Frédéric Neff sur Viva Musica car ici je vais comme toujours essentiellement m’intéresser à ce qui est proposé aux artistes …


Yooscafé vu par un artiste:
Il n’est pas question pour moi de discuter, le postulat juridique, l’interprétation qui en fait, le positionnement, l’offre technologique et la communication (quoique sur ce point, il y a quand même à dire !) qui nous est ici présenté. Mais bel et bien de poser une question simple : Qu’est ce qui est proposé aux artistes et créateurs ?


Qu’est ce qui est proposé aux artistes et créateurs ?
Pour l’instant ( sur ce que nous savons du service), ce qui est proposé aux artistes et créateurs par Yooscafé tient en un mot : Rien. De manière formelle, le droit à la copie sur lequel Yooscafé fonde sa proposition de service est sans contrepartie pour les ayants droits. Alors que dans le même temps, les fabricants de supports vierges et de mémoires de stockage, c'est-à-dire ceux qui permettent la mise en œuvre technique de cette copie privé, doivent s’acquitter d’une redevance reversée aux ayants droits. Il y a donc une véritable question éthique à laquelle pour le moment Yooscafé ne donne pas de réponse. Ce qui me gène pour un service qui je cite « se veut à la faveur des artistes ».

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que cette dimension éthique est prise en compte par bien des acteurs du domaine. Je pense à Seagate, le fabriquant de disque dur ou San Disk, le fabriquant de cartes mémoires qui se permettent même le zèle de distribuer des fonds européens pour la création, d’investir sur la promotion d’artiste en développement .Mais je pourrais aussi parler du premier Deal entre Rapidshare et un groupe de musique …Bien des pistes sont à explorer , mais est ce une volonté de YoosMedia ?


En l’état, pour les artistes et ayants droits, la seule vertu du service est de poser la question : «Qu’est ce que la copie privée à l’échelle d’Internet ? »

Une question que je ne peux qu’accompagner d’une mise à l’épreuve : « Vous aimez les artistes ? Nous ne demandons qu’à voir … ».

Et en attendant, Yoocafé restera aux yeux des artistes et ayants droits, un énième service qui tente un positionnement sur la distribution de contenu sans assurer le financement de la création, et en ouvrant un parapluie dont seule la couleur change...


Ignatus "on a signé avec des cassettes enregistrées sur un 4 pistes"


Parcours artistique passionnant que celui d'Ignatus. Signé en major dans les années 90 avec le duo "les Objets" qui ont bercé mon adolescence, Ignatus est désormais autoproduit ou plutôt auto signé sur son propre label. Il revient sur ces années où l'on décrochait un contrat avec une simple maquette, nous expose sa vision du petit monde la musique... Rencontre sur la canapé du "blog d'un artiste en développement dans un monde en crise".



1 -Tu as d’abords signe chez Columbia dans les années 90 avec le duo « les objets ». ça se passait comment une signature début 90 ? Aujourd’hui, les artistes sont censé arrivé avec des projets très complets, développés sur scène, sur internet , était ce le cas il y a 20 ans ? Est-ce que tu penses que c’était plus facile avant qu’aujourd’hui ?


C'est incroyable comme ça a changé. Avec les Objets, on a signé
avec des cassettes enregistrées sur un 4 pistes, on avait pas fait de concert, on avait ni éditeur, ni manager, ni tourneur !!! Et on ne connaissait personne dans le show-biz !!! On avait eu un coup de pousse d'Etienne Daho et de JD Beauvallet, on leur avait envoyé des K7 et ils en avaient parlé à Frédéric Rebet, à l'époque chez Virgin Editions, qui nous a signé ensuite quand il est devenu DA chez Columbia.On a signé uniquement sur nos chansons (heu... ça n'est en tous cas pas sur mon physique ou mes performances vocales de chanteur...).Impensable aujourd'hui.Il y a beaucoup plus de projets artistiques, et beaucoup moins de signatures.Dur dur.

2- Tu as créé ton propre label « Ignatub» . Pourquoi ? Qu’est ce que ça change pour toi en tant qu’artiste d’avoir ta propre structure ?

J'ai créé ignatub pour être plus indépendant artistiquement et financièrement. Pour éviter d'avoir à demander l'accord d'un DA pour travailler avec telle ou telle personne. Ce qui m'a bien préparé à ce qu'il se passe maintenant.

3- Des objets à aujourd’hui, quel regard as-tu sur ton parcours ? Si je te disais, Ignatus , tu en es où dans ton développement artistique ? Que me répondrais tu ?


C'est difficile à dire. Concernant mon parcours, j'en suis plutôt
fier. Je n'ai pas rencontré le succès mais j'ai essayé de tracer un chemin "personnel" quelque part entre la chanson et des musiques anglo-saxonnes. Je n'ai jamais cherché à avoir du succès à tout prix ni à imiter qui que ce soit (oui, je sais, le gainsboug des débuts, mais c'est pas voulu, c'est pas travaillé dans ce sens...).Et concernant on développement artistique, au début d'ignatus, mes influences chanson et electro-rock and co cohabitaient plus qu'elles ne se mariaient, et je samplais beaucoup. Aujourd'hui, je trouve que j'arrive à mieux marier tout ça. Enfin je me trouve super fort, quoi !

4- La scène est aujourd’hui souvent présentée comme la solution miracle au financement de la musique. Qu’en penses tu ?

Avant, un chanteur comme moi combinait plusieurs sources de revenus : notamment labels/vente de CDs, concerts et droits d'auteur. Aujourd'hui, il y a une source qui s'est tarie, sans compter l'aide que pouvait donner les labels sur les autres terrains, et sans compter le fait que s'auto-produire est coûteux ! C'est donc plus difficile, mais c'est vrai que le business de la musique était beaucoup trop centré sur le CD et quelque part c'est sain de recentrer sur la scène.

5- T’occupes tu toi-même de ta promotion sur internet ? Myspace ? Et pourquoi ?


Je m'occupe moi-même de ma promo sur internet heu... parce qu'il n'y a personne d'autre pour le faire à ma place et puis je suis curieux, donc ça m'intéresse par exemple d'écouter la musique des autres.

6- Que penses tu des sites d’écoutes en streaming comme Deezer ou Spotify?

Deezer, pour moi, en tant qu'artiste/producteur, c'est un vrai problème. On est rétribué en dixièmes de centimes d'euros par écoute alors que ça tue les possibilités de ventes de CDs ou de téléchargement légal. Mais c'est le progrès et ça permet aussi la découverte, et je l'utilise en tant qu'auditeur curieux dans ce sens.Sur ce sujet, j'ai écris une chronique intitulée "une balle dans quelle pied" sur mon site : http://www.ignatub.com/2009/07/01/une-balle-dans-quel-pied/

7 – Des projets après « Je remercie le hasard qui » ?


Oui, toujours. Un autre clip sur la chanson "le soleil chante"
pour une compil audio/vidéo pour 2010 ou 2011, question de faire le bilan de 20 ans de carrière... Je travaille aussi comme réalisateur pour les prochains albums d'Anaïs Kael et Lili Cros + Thierry Chazelle. Et toujours mes autres activités d'ateliers d'écriture, de conférences (aux TransMusicales de Rennes en décembre) et de travail avec des mômes et des ados (avec le Deux-Pièces Cuisine de Blanc- Mesnil et l'Aéronef de Lille).et voilà, bien occupé et fier du chemin (aucun regret en tous cas)



Test : Les nouveaux formats audio multipistes interactifs: l'expérience artiste

Le Iklax, le MT9 et MXP4 sont souvent présentés comme les successeurs du MP3.
Si ces nouveaux formats audio multipistes interactifs font déjà l’ob
jet de nombreux articles sur internet, on s'y cantonne le plus souvent à l'expérience utilisateur. J’ai décidé cette semaine d’éclairer l’autre côté de la route. C'est-à-dire m’intéresser à l’expérience artiste. Qu’est ce que ces nouveaux moyens de diffusion changent pour les créateurs ? Quel est l’effort à fournir pour les utiliser et pour quelle valeur ajoutée finale ? Le blog d’un artiste en développement vous invite dans les coulisses d’une révolution … ou pas.

Une inquiétude légitime d’artiste ?
Une chanson, un mixage, c’est souvent la longue recherche d’un équili
bre. Lorsqu’il vient de passer 2 nuits dans son home studio à travailler le mixage et le mastering d’un titre, et qu’il est à peu près content de lui, le musicien vit un énorme moment de soulagement. Ça y est le bébé est dehors, la pierre gravée. Un soulagement de courte durée car il s’inquiète en général dans l’heure qui suit du rendu de son labeur dans la jungle des Ipod, transistor, autoradio, et autres enceintes de pc. Il arrive même que les larmes montent aux yeux lorsque ce mix qui rendait si bien au casque se transforme en véritable bouillie sonore sur le super Sound Sytem flambant neuf du voisin. Les formats audio interactifs ajoutent une donnée au problème, puisqu’il faut désormais imaginer qu’en plus de découvrir l’œuvre dans des conditions sonores et techniques différentes, les utilisateurs vont pouvoir triturer le mixage à l’infini. Face à ce sentiment de dépossession, voir de perte de contrôle, ma première réaction fut assez négative. «Y’ a pas moyen ! Jamais de la vie » .

Une autre piste plus intéressante à mes yeux allait amorcer mon virage idéologique:
Inclure à ces fichiers des pistes alternatives, des prises non utilisées dans le mix final, des orchestrations nouvelles, une sorte de tool kit sonore permettant de revisiter complétement un morceau. Mais cela sous entendra souvent un travail supplémentaire en studio, donc un coût très variable selon le type de production et surtout une volonté réelle de l'artiste d'aller dans cette direction.

Au fond si nous devions transposer l'expérience qui est proposée par Iklax, le MT9 ou le MXP4 au cinéma, il faudrait s'imaginer en train de regarder "Ben Hur" et du bout de la télécommande cliquer sur "un peu moins de chars SVP" ou "je voudrais un cheval blanc " et puis "au final nan j'aimerai que ça se passe dans l'espace". Pourriez vous dire que vous regardiez une œuvre cinématographique? Ou plutôt que vous étiez en train de vous amuser avec une application audiovisuelle basée sur ce film.

Nous y sommes donc ... A mes yeux l'expérience proposée par ces nouveaux formats musicaux n'est pas purement de l'écoute, mais une expérience interactive basée sur de l'écout
e. Voilà une nuance qui arrange bien mes tourments d'artiste. Ainsi, ces formats ne vont pas signer l'arrêt de mort de "l'écoute respectueuse" d'une oeuvre mais constituer un bonus intéressant auquel il ne manque qu'à donner une valeur.

Vu comme des produits dérivés de l’œuvre, des
application ludiques ou pédagogiques. L'audio interactif pourrait valoriser un single, un album, un peu à la façon de l’open disc. Il pourrait être également être vendu seul ( il l'est déjà sous forme d'application Iphone pour l'Iklax), à prix différent de celui d’un single classique. Bref tout est à inventer, tout est à faire.

Faut il cantonner pour autant ces formats à cette fonction
d'add on ? La musique multipiste interactive ne pourrait elle pas constituer à terme une forme musicale à part entière ? C'est à dire une oeuvre musicale multipiste destinée à ce moyen de diffusion. Faites et pensée pour cela. Un peu comme la musique 8 voix ( contre 2 pour la stéréo) réalisée pour l'acoustigloo par le GMVL. (Gmvl.org)




Mais techniquement comment ça se passe ?

Sur « le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » on ne parle pas dans le vide ! J’ai donc retroussé les manches et plongé les mains dans le moteur. Mon intention initiale était de vous présenter des "pas à pas" sur les deux formats français que sont le IKlax et le MXP4. Malheureusement, au moment du test, le logiciel d'authoring de MXP4 n'était pas encore disponible sur pc. La démo que nous avions prévu n'a pu avoir lieu. Ce n'est que partie remise.

Du côté du Iklax, Owen m'a fait parvenir une version complète du "Creator" ( Merci à lui) pour le test . En voiture !

L’offre logi
cielle d’Iklax est composé de l’Iklax player (qui comme son nom l’indique va nous permettre de lire de façon interactive les fichiers ) et de l’Iklax Creator. Ce logiciel d’autoring va lui nous permettre de créer ces fameux fichiers . Il existe en 3 versions. La free edition (gratuite) ne propose pas toute les fonctionnalités, juste l’essentiel . L’export est possible mais bridé ( Qualité dégradée ,1 seul IKmix ). La version standart est proposé à 49€ . Il existe une version pro vendue 69€ . Je vous invite à lire le comparatif sur le site d’Iklax pour plus de détails.

Le petit travail préalable néce
ssaire à la création de fichier Iklax est bien sûr l’export des pistes séparées à partir de votre logiciel audio séquenceur. Pour ma part j’ai exporté les pistes sans difficulté à partir de Cubasis VST en utilisant les fonctions « SOLO » de la console . Pour réduire la complexité du mixage, j’ai « mixdowné » 5 pistes. La totalité des guitares se retrouvent pré mixée dans une seule et même piste. Idem pour les voix et chœurs.


Ceci fait, il ne manque plus qu’à ouvrir l’Iklax Creator. Dans l’onglet structure, on peut importer ses pistes séparées et les classer dans des groupes.


















Il suffit alors de cliquer sur l’onglet iKmix pour accéder au mixage des
pistes. Dans cette fenêtre, on peut très facilement définir le niveau de chaque instrument.















L’étape suivant permet de masteriser le tout avec l’application d’un traitement égaliseur (equalizer). On définit le volume général (Master) et on enregistre. On peut proposer différent mix aux utilisateurs. Cela fonctionne un peu comme des presets …














Une fois vos Ikmix réalisés et enregistrés, il ne reste plus qu’à exporter votre fichier. On dispose de plusieurs options liées à qualité et la compression du fichier. On peut tagger un ce
rtain nombre de chose dont un lien vers l’achat du titre original sur itunes ! ( très bonne idée !)























Le fichier réalisé, il est directement lisible dans l’Iklax Player. Il suffit de choisir son Ikmix.















...Et de dérouler les pistes audios… A vous de mixer !



















L’opération est donc
relativement rapide et intuitive, je n’ai pas eu besoin de lire le manuel. Il faut dire que je ne suis pas entré dans les détails des règles de mixages qui permettent de définir un certain nombre de contraintes aux utilisateurs. ( Lier les pistes , niveau maximum, etc…). Et je n'ai qu'inséré des pistes issues du master original sans chercher à proposer de la matière alternative.

Un détail important : le titre ne sonne pas exactement comme la version originale finale du disque. La raison , le traitement post prod de mastering qu’il n’est pas possible d’inclure dans l’audio multipiste. Certes je suis quasi persuadé que 80% des gens n’y entendront aucune différence.



A vous d'écrire la suite...
Téléchargez le Iklax Player ...
http://www.iklaxmedia.com/article-25-iklax-player.html

Téléchargez : "Bidibule - est ce que tu voudras de moi" version Iklax (14Mo)




Je suis allé poser quelques questions au créateur du format , l'interview devrait être publié cette semaine sur "le blog d'un artiste en développement dans un monde en crise" . Restez connectés !



West side Trashy: 4 comédies musicales à ne pas mettre entre toutes les oreilles...

Si pour vous Comédie musicale rime avec « Mary Poppins » il est encore temps de quitter ce blog. Pour terminer la semaine en beauté, « le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » vous présente 4 comédies musicales à ne décidément pas mettre entre toutes oreilles. Vous ne pouvez vous empêcher de regarder le dvd du « Rocky horror picture show » en bas résille ? Vous allez adorer !






Meet The Feebles

Avant de devenir une pondeuse de blockbuster à Hollywood, Peter Jackson était plutôt réputé pour sa filmo déjantée. Après « Bad taste » et ses fast food extraterrestres dont vous êtes les hamburgers, le monsieur s’était autorisé à revisiter les Muppets d’Henson dans une comédie musicale complètement trashy : « Meet the feebles ». La partition signé Peter Dasent contient quelques perles dont nous retiendrons le poilant « Garden of love » et l’invitation musicale finale à la …Enfin je vous laisse écouter la chose. Plus d'infos sur "Meet the Feebles" en cliquant ici.

Vicious Lips
Produit par Charles Band, l’un des enfants terribles de la série B américaine, Vicious lips rentre dans le cercle très fermé des films musicaux involontaires. Un pitch à couper le souffle : Dans le futur un groupe de rock féminin tente de se rendre à un concert sur une planète lointaine. Un Footloose spatial à se taper la tête contre la télé. A réserver à ceux qui sont restés musicalement bloqué dans les années 80. Une sidérante vision de l’avenir du Show biz...Dire que les artistes d'aujourd'hui osent se plaindre.Aussi rare que culte, il faudra pour les "frenchy" que nous sommes mettre la main sur la VHS d'époque retitrée "Pleasure Planet". Seule édition disponible dans notre obscure et petit hexagone.


Evil dead sinon rien ...
Evil dead le film d’horreur culte qui a révélé Sam Raimi (la Trilogie de Spiderman) et traumatisé toute une génération d’ados dans les années 80 a été contre toute attente passé à la moulinette « comédie musicale ». Evil dead , the musical est tout comme l’oeuvre originelle , un joyeux n’importe quoi. Au programme tronçonneuse , zombie et chansons. Le spectacle s'est joué dans le monde entier.Si pour des questions de droits aucune captation vidéo n'a encore été exploité en dvd, il est possible de regarder quelques extraits voir acheter le bande originale de la chose sur ce site : http://www.evildeadthemusical.com/


Star wars, the Musical
Et si les adaptations ne vous font pas peur, jetez une oreille sur « Star War, the musical ». Une ultra kitshissime version non officielle de la guerre des étoile. Oui ils ont osé et je ne sais pas si Georges Lucas a apprécié la chanson. Les auteurs de ce fan art musical proposent quoiqu'il en soit le téléchargement gratuit des titres et des versions instrumentales au cas où. ça se passe de ce côté du net.May the force be with you. Car vous allez en avoir besoin.

Gagnez un compte crédité de 20€ sur All in my music.

Aujourd'hui, le blog d'un artiste en développement vous propose de gagner un compte pré-crédité de 20€ sur le site de production communautaire "All in my music". Vous pourrez ensuite produire les artistes de votre choix sur la plate forme.

Pour avoir une chance de gagner un des 5 comptes pré-credités ,il faudra être les 5 plus rapides à m'envoyer un mail à l'adresse suivante : bidibule[at]ziknblog.com en précisant les informations suivantes :
Pseudo /Nom /Prénom /Adresse /Date de naissance/email

Live et participatif : un duo impossible ?

Paradoxe du jour, alors que le modèle "label participatif" s'adapte à tout et n'importe quoi (Cinéma, télévision...), le live, pourtant présenté comme la solution miracle au financement de la création musicale, n'a pas encore trouvé sa "My Major Company". Le terrain n’est pas pour autant vierge d’expérimentation…Le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise s’est penché sur le bébé.


L'exemple de producemylive.fr
« producemylive.fr» littéralement «produisez mon concert » a t’il tracé un trait sur la production participative ? Le site français qui proposait l’an passé aux internautes de produire des concerts d’artistes semble prendre une nouvelle direction. Celle de la vente de musique en ligne…

« Producemylive.fr » est apparu en 2008, quelques mois après Spidart, MMC et Nomajormusik , avec une idée simple, transposer le modèle « label participatif » au petit monde du live. Les internautes étaient appelés à produire des concerts sous la forme de parts de 10€. Le palier de production était fixé à 20 000€. Somme avec laquelle PML pouvait organiser un concert ( à Paris ou Los Angeles s’il vous plait) mais pas seulement puisque était également annoncé, je cite :

* La production du DVD Live de l'artiste
* La production du CD Live de l'artiste (remasterisé en Studio)

* Les répétitions : Studio, musiciens etc.

* Le voyage à Paris, le logement, la nourriture

* Un Single enregistré en studio


Les internautes producteurs étaient récompensés par l’intéressement aux bénéfices des ventes des CD et DVD du concert. C'est-à-dire donc à la vente d’un produit dérivé

De la production participative à la vente de MP3…
Depuis, Producemylive semble avoir tourné la page. Et si les CGU en ligne font toujours référence à la production de concert, le site lui propose simplement la vente de mp3 d’artistes indépendants. Petite particularité, un choix dans la tarification est proposé. 1 Euro le titre ou 1euro 50 si vous souhaitez soutenir l’artiste. Pourquoi pas ?

L’exemple des labels 2.0 serait il difficile à suivre pour le monde du live ?
Alors que l’on ne cesse de prophétiser la mort de la musique enregistrée en pointant du doigt la chute vertigineuse des ventes de disques, et qu’il est de bon ton de présenter le spectacle vivant comme la solution miracle au financement de la création, le changement de route de Producemylive.fr pose question. Les internautes sont ils plus enclins à produire des disques que des concerts ? Est ce que produire une concert unique avec captation a du sens en terme de développement pour un artiste en tout début de parcours ? Peut être l’expérience aurait elle fonctionné avec des artistes connus ou à un stade plus avancé ? A voir…

Dans un registre différent, (Puisque ici il n’est plus question de produire un concert mais simplement de l’exploitation d’un enregistrement live) la captation de Cock Robin sur Kiss Kiss Bank Bank n’a levé que 740€ à ce jour ( avec un objectif initial de 20 000€ pour fin novembre) et sur Buzzmyband , le CD/DVD live de mademoiselle K a été produit à 14%. ( Un peu plus de 27 000€ quand même mais sur 200 000€ escomptés).

Vous l’aurez compris, nous sommes encore très loin du producteur de spectacle ou du tourneur 2.0 . Peut être faudrait il être plus audacieux et ne pas se contenter de mutualiser l’exploitation des captations audio et vidéo... Diront certains.

Vincent Baguian: " Je n’ai pas le sentiment d’avoir épousé un métier en faisant des chansons"

Aujourd’hui sur le canapé, un artiste que j’affectionne particulièrement. Baguian, Vincent de son prénom a co-écrit avec Zazie le conte musicale Sol en Cirque et a collaboré à l’opéra rock Mozart. Mais c’est surtout un auteur compositeur interprète doué, un artisan discret qui l’ouvre de temps à autre sur son Myspace. Il revient sur un parcours et partage avec nous sa vision d’un métier. Vincent ce soir, c’est moi qui fait le psy, ça t’apprendra ...





Bonjour Vincent, c’est avec un plaisir non dissimulable et donc non dissimulé que je te reçois sur le canapé. Ça va c’est confortable ? T’es bien installé ?

Après avoir passé quelques années sur un divan, je sais désormais apprécier les canapés à leurs justes valeurs.


Est-ce que tu peux nous expliquer par quelle porte tu es entré dans le métier ? Et si au final pour toi ce parcours a tenu ses promesses ? Qu’est ce qui passe dans la tête de Vincent Baguian lorsqu’il considère sa carrière artistique ? Tu as l’impression d’en être où ?
Je n’ai pas le sentiment d’avoir épousé un métier en faisant des chansons. On rentre, on sort, on est à la mode, puis démodé, désiré puis rejeté. C’est plutôt une sorte de relation adultère qui va et qui vient. Pendant longtemps j’ai eu un métier à côté tout en faisant des disques. Aujourd’hui après près de 20 ans de bons et loyaux services, on m’appelle pour participer à des projets plus conséquents. Je sais très bien que tout peut s’arrêter du jour au lendemain, sans préavis. J’ai donc l’impression de n’être arrivé nulle part et d’aller je ne sais où au gré des aventures, comme avec une maîtresse.


Tu chantais « je suis moins bon que Cabrel , que Souchon » et aujourd’hui , tu le penses encore ?
Je chante encore cette chanson c’est donc que je le pense toujours. En même temps, j’adore qu’on vienne me dire que j’ai tort. Je suis preneur.


Tu es de ces trop rares artistes qui osent dire ce qu’ils pensent. Mylene Farmer, les fans d’Indochine , Cali , les victoires de la musique, tout y passe. Est-ce qu’on ne t’en fait pas payer le prix ? Que penses tu de la phrase « vouloir être fréquentable se paie en hypocrisie » ?
Je dis ce que je pense sur mon blog, c’est une toute petite fenêtre. Dans la vie de tous les jours je suis très direct et franc, parfois trop. Sur mon blog, je suis dans la vie. En revanche, je n’irais pas assassiner les concerts de Mylène Farmer si j’étais invité au journal de TF1. Je ne suis pas critique musical, ni sociologue. Chanteur, c’est un rôle, je ne me mélange pas les pinceaux. La télévision, c’est pour la promotion, personne n’est dupe. Quand je suis dans mon rôle de chanteur, je fais tout pour bien le tenir. Et sans les caméras et les micros, je redeviens libre et infréquentable.


Avec l’affaire Jean Sarkozy, la France entière hurle à la dérive monarchique. Mais au fond comme le dit Manœuvre dans la chanson et le cinéma « On a nos rois » et droit à l’exposition de leur progéniture. BB Brune révélation rock et « Comme un manouche sans guitare » chanson de l’année, ça t’inspire quoi ?
Le show bizz, c’est la nouvelle aristocratie. C’est assez noble, on y est aimé, on y gagne parfois pas mal d’argent…C’est tentant. Il y a bien des familles de cirque. Les mauvais acrobates se cassent rapidement la gueule et plus ils pensaient voltiger haut, plus ils se font mal en tombant. Quoi qu’il en soit l’incompétence artistique est moins grave que l’incompétence politique. Et même s’il est parfois un peu agaçant de voir des « fils de » propulsés au-devant de la scène au détriment d’artistes plus méritants, je suis davantage scandalisé par l’affaire Sarkozy.


Dans l’énième et douloureux débat sur la création et Internet, une étape a été franchie avec l’Hadopi. Pour de nombreux internautes, la remise en question ne se limite plus à une industrie musicale diabolisée, mais touche désormais le droit d’auteur. Comment toi en tant que créateur interprètes-tu cet état de fait ? La France n’aime t-elle plus ses artistes ?
C’est tout un faisceau de faits qui conduit à cette situation. Quand on va à la banque et que l’on dit que l’on est auteur, compositeur ou interprète, on vous demande ce que vous faites comme vrai métier. Dès que l’on fait un travail où l’on prend du plaisir, cela devient suspect. Avec la Star Acc, tout le monde est persuadé que l’on devient artiste en 3 mois. Les télés et les radios organisent une multitude de concerts gratuits. On s’est servi d’Internet pour la promotion des artistes en mettant tout gratuitement à la disposition du public sans se demander si ce qui était gratuit avait finalement une réelle valeur. Maintenant tout le monde se sert sans se poser de question. À l’école, personne n’enseigne vraiment ce que c’est être artiste et le travail que cela implique. Ni à faire la différence entre ce qui est artistique ou bassement commercial. On apprend la flûte à bec, point final. La liste serait encore longue, j’arrête là. Je ne sais pas s’il est encore possible de remonter la pente.


Que penses tu des labels dont les internautes sont les producteurs ?
Il y avait déjà pas mal d'incompétence dans les maisons de disques, maintenant l'incompétence s'est démocratisée. Il n'y a qu'à écouter le résultat. On devient chanteur, producteur, en claquant des doigts, et on écoute le néant. Au début personne ne voulait d'Aznavour, et c'est pour ça qu'il est resté. On le refusait à cause de ce qu'il apportait de nouveau. Il a dû se reposer sur de vrais producteurs visionnaires et qui croyaient à son avenir artistique avant de courir après l'appât du gain. Les producteurs internautes sont des parieurs, pas des producteurs. A mon avis demain tout le monde aura oublié Grégoire; s'il a été si vite accepté, c'est justement qu'il n'apporte rien et donc ne dérange personne. Il correspond à ce que l'on voulait écouter hier, pas à ce que l'on voudra entendre demain...


Tu as écrit pour l’opéra rock « Mozart », que dirais-tu ? Il faut bien bouffer ? Je suis écœuré, je n’ai jamais eu un titre aussi diffusé en radio ? Bidibule , je me suis éclaté et je t’emmerde ?
Non, je ne t’emmerde pas. Et pourtant je me suis éclaté. Je ne sais pas si cela s’entend au résultat, mais nous avons quand même essayé avec Dove Attia de faire des textes différents de ceux auxquels les comédies musicales nous avaient habituées. Des paroles moins mièvres, j’espère. C’est ce pari qui m’a séduit. Et je pense que si Dove a fait appel à moi qui ne suis pas un spécialiste du genre , c’était pour relever ce défi. Je crois que le texte de « L’assasymphonie » par exemple, est assez éloigné de certaines niaiseries que l’on peut entendre sur les ondes et qui ne sont pourtant pas issues de spectacles musicaux. En tout cas, je suis assez fier de cette chanson. Je n’ai jamais eu de titre aussi diffusé en radio, mais je sais très bien que cela est aussi dû à la puissance de feu des partenaires. Cependant Cléopâtre qui a bénéficié des mêmes appuis n’a pas pour autant réussi à imposer ses chansons. J’aimerais donc croire que cette récente reconnaissance a aussi de bonnes raisons. Tu me laisses rêver ?

Baguian demain c’est .. ?
Mozart a une autre vertu, j’ai désormais le temps de faire ce que j’aime sans concession et sans avoir à espérer que ce soit rentable. Je viens de terminer et de vendre deux scénarios de films écrits avec Maureen Dor, deux comédies assez Trash. Et nous partons sur un troisième scénario. Je vais aussi me remettre certainement à faire un disque personnel, mais j’avoue qu’en ce moment je suis un peu feignant.
Voilà Bidule, c’était un plaisir de répondre à ton machin.

Partenaire particulier: "Comme avant, il faut une grosse dose de chance pour que les choses bougent"


Partenaire Particulier, c'est un disque d'or avec une chanson éponyme, 3 singles classés dans le sacro saint top 50. Qui n'a jamais dansé et chanté sur "Alors je cherche est je trouverais cette fille qui me tente tant » ? C’est avec un plaisir évident que je suis allé posé quelques questions à Eric, qui prépare son nouvel album depuis deux ans. Il nous parle des années 80, de sa vision de l’internet et de droits d’auteur. Rencontre !





Bonjour Eric, tu as connu le succès au milieu des années 80 . Beaucoup de jeunes artistes disent que c’était plus facile de percer avant ? Quel est ton avis là-dessus ? Qu’est ce qui a profondément changé pour un artiste entre les années 80 et aujourd’hui ?

Je pense qu'il était plus facile de percer à l'époque, en effet. Il y avait tout d'abord les "radios libres" qui ont énormément contribué à rafraîchir le paysage musical français. Avant ça, dans les années 70, la seule solution pour être diffusé, c'était les 4 stations de radio généralistes ! Ce qui explique qu'on n'entendait très peu de choses à part des vieux chanteurs de variétés usés jusqu'à la corde. Les radios libres ont permis à toute une génération d'artistes de se faire entendre. Mais il ne faut pas être naïf non plus. La plupart de ces radios avaient des audiences limitées et le seul moyen de vendre vraiment des disques était de passer sur les gros réseaux nationaux, genre NRJ. Aujourd'hui, on pourrait considérer qu'internet apporte la même fraîcheur et le même renouveau. Je n'en suis pas vraiment convaincu. Tout artiste peut mettre sa musique sur internet, mais il se retrouve aussitôt en concurrence avec des dizaines, voire des centaines, de milliers d'autres artistes et il reste très difficile d'émerger du lot. Comme avant, il faut une grosse dose de chance pour que les choses bougent. Mais pour en revenir aux médias, il y a un dernier point que je trouve assez navrant : c'est le formatage systématique de la plupart des radios. Dans les années 80, on entendait toutes sortes de choses sur une même antenne. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'entendre tout le temps la même chanson ! Mais c'est peut-être moi qui devient un vieux con ;-)

Peux tu nous expliquer comment tu as trouvé le chemin des maisons de disques en 1985 ?
C'était assez facile. Chacun de nous faisait à l'époque de la radio. Nous avions donc les coordonnées des maisons de disques et il était facile d'obtenir un rendez-vous. Par contre, pour être signés, c'était une autre paire de manche... Nous avons été jetés de partout sauf d'un petit producteur indépendant avec qui nous avons finalement signé.

Comment expliques tu que les chansons des années 80 sont restées intemporelles alors que nous sommes justement en pleine ère de la chanson jetable ?
Je ne sais pas si elles sont restées intemporelles... Moi, je trouve que tout ça a bien vieilli ! C'est une affaire de génération. On est toujours nostalgique de ce qu'on a connu étant jeune. Je suis certain que les jeunes d'aujourd'hui auront des larmes aux yeux dans 20 ans, en réécoutant les chansons actuelles.

Est-ce que tu vis encore de ta musique et de tes droits d’auteurs ?
Je touche toujours des droits d'auteur. Le montant a été assez variable en fonction des années, mais depuis quelques temps, avec la mode des années 80, ça a atteint un niveau que je qualifierais d'"appréciable". Mais ça ne me suffit pas pour vivre. Disons que ça correspond à un petit salaire, ce qui est déjà pas mal pour une chanson qui a plus de 20. ans.

Tu prépares un nouvel album. Comment vis tu ce « come back » ?
Je prépare en effet un nouvel album mais je ne parlerai pas de "come back". J'accepterais ce terme si il y avait une campagne média sur le sujet, mais je ne me fait aucune illusion. Les maisons de disques ont suffisamment de mal avec les nouveaux artistes pour se compliquer la vie à gérer des "vieux " sur le retour. Je fais avant tout cet album pour me faire plaisir, et pour satisfaire les quelques fans que nous avons gardés. Si, si, il y en a ! :D
Depuis 2 ans, je prépare mes nouveaux titres et ça a été un des meilleurs moments de ma vie. J'ai adoré faire ça. Ce qui se passera ensuite n'est pas si important.

Que penses tu de l’hadopi ?
Je suis assez partagé. Je pense qu'il est légitime qu'on cherche à limiter le piratage. Il n'y a aucune raison que la musique devienne gratuite, ou alors le niveau va sérieusement baisser et on va se retrouver à écouter de la musique au mètre. D'un autre côté, je suis convaincu que le combat est perdu d'avance et qu'on se bat contre des moulins à vent. La technique a rendu possible et facile le piratage. Quoi qu'on fasse, il y aura toujours des petits malins pour contourner les barrières. Il est impossible de contrôler toutes les données échangées sur le net, d'autant plus qu'elles peuvent être cryptées très facilement. Je crains donc que les artistes ne soient obligés de renoncer à leurs droits et vont devoir trouver d'autres sources de revenus comme la scène.

Pamela Hute : "si il n'y avait pas eu cette signature, j’avoue que nous arrivions un peu au bout de nos forces"

Invité de marque aujourd’hui dans le canapé avec Pamela du power trio parisien Pamela Hute. Fraîchement signée chez « Guess What » , la branche rock et internationale du sacro saint label « tôt ou tard », Pamela revient sur son parcours de Myspace à la signature. Vous allez tout voir, tout savoir. Décollage immédiat pour la planète Hute....



1- L’aventure « Pamela Hute » a débuté début 2006 si je me souviens bien, pour « aboutir » à une signature chez Guess what !, le label rock international de "Tôt ou Tard". Le groupe a lui-même évolué dans sa forme pour aboutir à un trio. Comment as-tu vécu ce développement ? Pamela Hute, ça été la galère …ou pas ? Rétrospectivement, quels mots placerais tu sur ce parcours ?

C'était un parcours nécessaire dans le sens où un groupe ne peut pas se stabiliser en 1 mois, arriver à une certaine maturité en si peu de temps, dans le fond comme dans la forme. Il faut de la patience.
C'est aussi une histoire humaine, de goûts, de priorités esthétiques. Le passage du quatuor au trio c'était ça : retrouver l'essentiel, mettre en valeur les chansons en travaillant un son original. C'était une étape
très excitante de tout remettre à plat musicalement après plus d'un an de travail à quatre.
On était très naïfs au début, on cherchait notre style, notre image, on se connaissait mal tous les trois et ça se ressentait de
diverses manières. Ce parcours a permis à la formule de s'affiner, à notre son de se préciser, et à gagner une crédibilité réelle; c’était beaucoup de travail mais j’ai énormément appris.
On s'est donné les moyens de se
développer dans de bonnes conditions grâce à Igor, qui est le clavier du groupe et qui a produit le projet jusqu'à la signature, cet été chez Guess What, le nouveau label de Vincent Frèrebeau.

Rétrospectivement,
galère? pas du tout, mais si il n'y avait pas eu cette signature au printemps dernier, j’avoue que nous arrivions un peu au bout de nos forces, autant financièrement que psychologiquement. Le timing était idéal en somme, et nous étions prêts pour l’aventure.

2- Très tôt, tu as fais le choix de t’entourer dans cette aventure (Agence de promo, manager, etc…) et de garder le contrôle sur la distribution numérique de tes titres. Avais tu« stratégisé » ton développement ? Si oui comment ?

Il n'y avait pas réelle stratégie au départ même si j'ai toujours été très déterminée.

Quand j'ai commencé en 2005-2006, je ne connaissais rien du milieu de la musique, de la chaîne de travail, à part ce que j'avais lu
dans la presse et dans les livres. J'avais une sorte d'intuition théorique de ce qu'était le métier d'auteur-compositeur, la réalité d’un groupe rock, sans jamais avoir été confrontée au monde réel. Je voulais juste écrire les chansons et je ne connaissais pas le fonctionnement de l'industrie sur le terrain, les difficultés concrètes liées à l'époque : tout cela m'était totalement inconnu.
S'entourer d'un manager était une manière pour moi
d'être accompagnée dans ce parcours et d'apprendre. Une sorte de rite initiatique !
D'un point de vue business c'était hors de propos, car le groupe n'était pas prêt en 2006 pour intéresser sérieusement les
professionnels, et notre manager pas réellement qualifié pour nous apporter un contrat. On a continué notre route tous les trois seuls pour se concentrer sur la musique et avoir quelque chose de fort et de solide à défendre sur scène et sur disque.

En 2008 cependant, quand nous avons commencé à travailler sur l'album, c'était un peu différent, il fallait voir plus loin que le bout de son nez et penser à une stratégie. Organiser la
promo, trouver une distribution, être apte à négocier. Bref, s'entourer de personnes compétentes était obligatoire et essentiel.
Autoproduction ne signifie pas complètement Do It Yourself, même si il faut évidement se
débrouiller, faire de lourdes concessions, accepter de re-investir en permanence dans le projet. Il est important de se structurer au maximum pour s'infiltrer dans les rouages de l'industrie et obtenir une visibilité auprès des médias et du public.

Le fonctionnement de l'industrie musicale n'a pas changé depuis des années, alors que la réalité sur le terrain est totalement chamboulée. C'est ce qui est très compliqué à appréhender
aujourd'hui.
Les labels ne signent pas ou trop peu de nouveaux projets, les autoprods fleurissent, mais les médias continuent de ne mettre en avant que des artistes signés. Il ne défrichent pas du tout, sont complètement tétanisés à l'idée de prendre le moindre risque. Il faut donc trouver des partenaires, faire comme si on était signé en quelque sorte. C'est le seul moyen d'avancer. C’est un peu du bluff.
Sur toute la partie distribution numérique,
la problématique était au cœur du débat en 2006 déjà, et tout le monde voulait être sur iTunes. A n'importe quel prix, et sans conscience de la valeur réelle des droits numériques. Bon nombre d'agrégateurs de contenus proposaient des contrats édifiants aux artistes, bloquant leurs droits pendant 5 ans, ou plus, rajoutant des clauses étranges sur la synchro etc. Je ne me suis jamais fait avoir, l'enjeu est trop important. Aujourd'hui on peut facilement être sur iTunes ou ailleurs, sans céder ses droits, et c'est la moindre des choses !


3- Comment as-tu signé et qu'est ça change concrètement pour toi?

L'histoire est assez idyllique.
C'est un copain journaliste qui me suit depuis mes débuts qui a envoyé en janvier 2009 l'adresse de mon myspace à Vincent Frèrebeau, patron de Tôt ou Tard, qui est un de ses très bons
amis. Je n'étais même pas au courant.

En avril Vincent Frèrebeau a écouté ou ré-écouté, aimé, et a voulu en savoir plus. Nous étions à une vingtaine de jours de la sortie de notre album dans les bacs, en pleine promo.
Je suis malgré tout rentrée en contact avec Vincent, lui ai envoyé l'album et nous nous sommes rencontrés. J'avais eu le temps d'enquêter un peu sur le label, que nous n'avions jamais démarché, et dont le catalogue extrêmement élégant me laissait, et me laisse encore, rêveuse.

Je suis allée seule au rendez-vous, pour rencontrer Vincent Frèrebeau et savoir ce qu'il avait en tête. C'était mon premier rendez-vous avec un label de
toute ma vie ! L'ambiance était assez informelle, on a parlé guitares vintages et Beatles. Et Vincent a été très clair, il voulait le projet et avait des ambitions internationales. Et moi j'étais totalement éberluée.

A partir de
là, tout était dit. Nous avons dû freiner des quatre fers, stopper net notre sortie d'album, revenir sur nos engagements auprès du distributeur à qui nous avions déjà livré les disques…
La signature s'est faite ensuite assez rapidement. Le label a racheté les masters de l'album à Igor, et m'a signé en contrat d'artiste pour plusieurs opus. Le pire, c'est que le contrat est bon ! Le label n'était jamais venu nous voir en live, et n'avait écouté aucun autre titre que ceux de l'album avant la signature...

Vincent Frèrebeau établit une relation très directe et très franche avec ses artistes, il parle très librement d'argent, il ne fait rien miroiter, il est réaliste mais pas blasé. Et surtout, il travaille comme tout le monde devrait
travailler. Son label a gagné de l'argent alors il investit sur de nouveaux artistes. Il n'a pas peur de faire du développement, de prendre un projet à ses débuts. Il prend des risques ce qui ne l’empêche pas d’être ambitieux.
C'est entre autre ce qui m'a plu chez lui, cette fraîcheur et cette capacité à s'enthousiasmer naturellement et sincèrement sur un projet, alors que ça fait 25 ans qu'il fait ce métier. C'est une rencontre en
somme, tout simplement.

D’un point de vue plus terre à terre, la signature change beaucoup de choses pour moi ! Je suis désormais totalement désœuvrée ! C'est un encadrement différent. Autant d'un point de vue
légal et administratif, que d'un point de vue logistique. Financièrement aussi, c'est soulageant, évidemment. Dans ce cas particulier, Guess What! (Tôt ou Tard) est un label indépendant, une équipe de 10 personnes à peine. Il y a un côté très familial; je ne me sens pas du tout perdue dans une immensité administrative. Je sais qui fait quoi, c'est très clair, et en ce sens cela ne change pas beaucoup de l'organisation que nous avions avant avec notre équipe. C'est juste une ampleur différente, une autre efficacité.


4 - L’album qui sortira chez Guess what as t il été réenregistré, retravaillé par rapport à « Turtle Tales from overseas » qui est sorti il y a quelques mois ?

Oui. Nous avons enregistré l'album en mai 2008, cela fait plus d'un an, et je suis tombée d'accord avec le label sur le fait que l'album pouvait être amélioré et rafraichi. La version que nous vendions sur notre site est la version collector, unique, l'album pré-signature, avec un packaging très spécial : c’est une vraie pièce unique (http://www.pamelahute.com/2009/PAMELA_HUTE/Pamela_Hute_-_Music.html) Nous avons enregistré de nouveaux titres, repensé le tracklisting, bref nous avons essayé de faire un opus plus compact, différent, plus à notre image en 2009.


5 - Aujourd’hui beaucoup d’artistes passent par la case autoproduction et se retrouvent au moment de la signature à réenregistrer ou retravailler un album déjà existant. Comment l’as-tu vécu ? C’était : Chouette, je vais vraiment pouvoir faire ce que je voulais ? Ou un peu difficile de remettre les mains dans le moteur ?

C'était en effet difficile de se remettre au travail cet été, d'autant que l'été précédent, nous étions déjà en train de finaliser l'album…j’avais une forte et désagréable impression de déjà-vu. Et puis cette fois nous n'étions pas dans le même contexte que lors de l'enregistrement qui a eu lieu pendant 10 jours dans une grande maison dans le sud de la France. Il a fallu ruser pour rester cohérent au niveau du son.
C'était un effort pour
moi, il y a des mixages qui ont duré des jours, on a essayé de re-enregistrer des titres, sans succès. C'était très éprouvant psychologiquement. Mais je suis ravie du résultat. L'album qui va sortir chez Guess What! est différent, et je l'aime. Je ne pensais pas en être capable après tout ce temps et tous ces rebondissements.

6 - Tu as été une pionnière sur Myspace en France. Avec le recul, comment vois tu aujourd’hui cette plate forme et ses évolutions ? Myspace est il encore « a place for music » ?

Pionnière je ne crois pas, mais oui, j'étais en plein dedans en 2006, quand c'était l'explosion, que tout le monde était sur myspace et ne parlait que de ça.
Aujourd'hui la plateforme a été clairement désertée au profit de
facebook qui souffre aussi d'une saturation d'informations. Je reçois une vingtaine d'invitations à des événements, des groupes, des fans club par jour. Cela n'a aucun sens.
Myspace essaie de se renouveler en piquant
les idées de ses concurrents, mais je crois que cela va être difficile. Les gens sont lassés.
A mon sens il est important d'être visible partout sur le net, mais un artiste doit privilégier son
image personnelle, et ne pas dépendre uniquement des réseaux communautaires. Les blogs des artistes fleurissent et sont exactement ce que l'internaute-mélomane recherche; une réelle interactivité, l'impression de suivre le parcours de l'artiste, de réfléchir avec lui.
A ce titre je pense que twitter va résister plus longtemps; c'est moins contraignant, plus direct, il s'agit juste d'un partage d'info entre des personnes. C'est un réel
espace de liberté, et d'échange d'informations, sans la lourdeur de la communauté.

7- Que penses tu des sites de streaming comme Deezer, musicme et des labels participatifs qui fleurissent sur le net ?

En audio-geek que je suis, je suis vraiment atterrée par la qualité audio miteuse du streaming sur Deezer, et encore plus atterrée de constater que les gens s'en contentent avec ravissement. Quel est le sens de la chaîne de production? Aller dans un studio avec une acoustique spéciale et du matériel de qualité, travailler parfois avec un réalisateur, soigner ses prises, faire des expériences sonores, masteriser, tout cela afin de créer une identité sonore, une esthétique, avoir un son parfait… et au final ton titre est massacré sur Deezer à cause d'une compression streaming ignoble. Il y a vraiment une incohérence, non?
Cela me gène vraiment.

Autrement, le côté "je pioche et je fais ma compil", c'est chouette. Mais ça ne me fascine pas plus que ça, je faisais ça sur des K7 il y a 15 ans !

En ce qui concerne les labels participatifs, c'est un label comme un autre... c'est juste que l'argent est pris ailleurs, en l'occurrence chez les internautes. C'est un autre business-model mais le fonctionnement est le même qu'un label classique.
Il ne faut pas se leurrer, il y a là encore beaucoup d'arnaques, beaucoup d'incompétences. Les contrats sont souvent catastrophiques et bon nombre d'artistes ne sont pas informés
convenablement et tombent dans le piège.
My Major Company est le seul modèle qui marche, parce que derrière il y a du très lourd, notamment pour la distribution physique; il y a de l'argent, et un savoir faire. Le fils
de J-J Goldman et ses copains ont certainement réuni une fine équipe, et de vraies compétences. Il a les relations pour. Cependant, à part Grégoire, carton judicieusement orchestré…quel artiste est réellement sorti du lot de MMC à ce jour?

On ne s'improvise pas directeur de label, comme ça, en ayant été manager d'un groupe dans les années 80 ou sous fifre dans une major pendant 15 ans. La plupart de ces labels participatifs sont
incohérents artistiquement, et n'ont rien de sérieux à apporter aux artistes. Cela me fait penser au concours live Emergenza : les organisateurs comptent sur le public des groupes pour remplir leur caisse, remplir et louer les salles. Là c'est pareil, le label compte sur la communauté du groupe pour financer le projet. Mais il ne suffit pas d'avoir de l'argent pour développer convenablement un projet.
Il faut aussi un
savoir-faire, des idées, de l'intuition. Cela ne s'improvise pas. Je suis plus curieuse de voir ce que va donner le modèle de kisskissbankbank, qui, à part son nom ridicule et imprononçable, propose une vraie alternative crédible.

7- Un date pour la sortie de l’album ? Des projets ? Une exclu ?

Pas de date fixée encore, février ou mars 2010 vraisemblablement. Cela dépend de pas mal de choses que je ne maitrise pas pour le moment. Cependant, tout est en préparation, le single Don't Help Me devrait commencer à arriver sur les ondes début novembre. Nous avons une belle date le jeudi 3 décembre 2009 au Bataclan à Paris, en première partie de Shakaponk, camarades de label eux aussi ! Bref, peut-être une apparition dans une grosse émission de TV, mais je suis superstitieuse alors je n'en dirai pas plus. Voilà, ça avance doucement, mais sûrement. Il est possible que 2010 soit l'année Pamela Hute


Retrouvez Pamela Hute sur :

http://www.pamelahute.com

http://www.twitter.com/pamelahute
http://www.facebook.com/pages/Pamela-Hute/50005759477
http://www.pamelahute.com/pamelahute

Faut il encore faire des albums ?

« Alors que sur le Net, la musique se vend titre par titre, les artistes font toujours des albums entiers. Pour combien de temps encore ? »

Voici la question qui a été posé ce mardi 13 octobre sur Le Mouv à Frédéric Neff (Viva Musica) et Jérome Riera (NewWaveHooker) Avant de vous proposer de suivre ce passionnant débat en podcast, et puisque vous le verrez il est a un moment question de Bidibule et de mon camarade Boulbar, le blog d’un artiste en développement marque la pause et vous livre le fond de sa pensée …


La contrainte du chanteur automate …
Ce qu’il faut comprendre c’est que le concept même de l’album est apparu avec les deux faces du 33 tours, puis celles de la cassette avant de connaître les faveurs de la galette argentée. Je veux dire par là qu’il s’agit bien d’une contrainte récente ( du moins à l'échelle de l'histoire de la musique) et dont le fondement est à la fois technique et commercial. Contrainte peut être devenue artistique au passage, j’y reviendrai plus tard. Et ce, contrairement à la forme musicale « Chanson » genre populaire par excellence qui a traversé les siècles. Entre le troubadour du 12e et Brassens dans les années 60, la continuité de fond et de forme saute aux yeux : Un type qui raconte sa vie en chantant et en grattant un morceau de bois… What esle ?

Pour revenir à nos chers contemporains, il n’est pas inintéressant de noter ceci : Que l’on s’appelle Frédéric François, Metallica ou IAM, on répond à un QCM artistique « intro couplet refrain couplet refrain outro» et à l’ordre d’exécuter si possible la chose en rime et en 3’30 montre en main. La structure chanson traverse donc aussi bien les styles que les époques. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’évoluera pas, car toute structure musicale évolue dans le temps. Mais c’est encore une autre histoire.

Si je m’autorise à ce petit exposé, c’est pour que l’on comprenne bien que du côté de l’artiste, écrire de la chanson qu’elle soit pop, rock, alternative ...C’est déjà répondre à une série de contraintes. S’en affranchir, coûte cher lorsqu’il s’agit de vulgariser, diffuser l’œuvre sur des canaux médiatiques eux même très formatés. Cette tendance s’est d’ailleurs accentuée ces dernières années .Si Brassens sortait aujourd’hui les 7 minutes de sa "supplique pour être enterré sur la plage de Sète", nous n’en connaîtrions certainement qu’un scandaleux saucissonnage de 3 minutes et des poussières réalisé pour la radio, ou pire par la radio.


Contre toute attente, la contrainte liée au support a survécu au support lui-même…
Aussi je me demande si il est bien nécessaire d’apporter une contrainte supplémentaire. Celle d'un regroupement façon pack de bière,comprenez par 12 alors que les supermarchés les vendent désormais à l’unité ? Ma réponse est non. Je ne dis pas qu’il ne faut plus faire d’album, je dis que si l’artiste n’en ressent ni le besoin ni le désir, je ne vois aucune bonne raison de le contraindre à remplir des disques qui n’existent déjà presque plus. Tout comme je ne vois aucune bonne raison de le contraindre à ne plus faire d’album de 12 , 17 ou 42 titres s’il le souhaite. Car l’album peut être autre chose qu’une compilation d’œuvre, et sur ce Frédéric Neff a parfaitement raison de citer Boulbar et son récent album concept.

Reste encore à savoir ce que nous avons accroché au concept de l' album, en terme de sens et de valeur. Je pose là une question de perception, celle du public, du média sur l'artiste, voir celle de l'artiste sur son œuvre. Une question qui se pose tout aussi clairement pour le single. Faire des titres à l’unité veut il forcement dire qu’on se prosterne devant le temple du format et de la commercialitude ( pardonnez mon désir d'avenir) ? Pourquoi l'album reste le passage obligé, le rituel. Pourquoi et comment l'artiste en extrait une légitimité ?

N’ayez pas peur…
Je comprend que cette révolution du release ( voir de la chronologie des releases ) puisse effrayer. Je ne peux m’empêcher d’y voir un formidable espace de liberté et un excitant terrain d’expérimentation.


Le Peaudecaste à déguster sur place :


Sur le canapé ...Stationtubes.com

Poursuivons notre voyage au pays des labels participatifs. Cette semaine, Christophe Marcy le fondateur de Stationtubes.com a accepté de passer sur le canapé et de répondre à mes questions. Si Stationtubes est un nouveau venu dans le secteur, Christophe, lui n’a rien d’un débutant puisqu’il est le label manager d’ALIEN PROD, un distributeur bien connu des artistes autoproduits et indépendants. Pour le lancement de la plate forme, Stationtubes et le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise vous offre 200€ de cadeau sous la forme de 10 bons de 20€ pour produire les artistes de votre choix sur la plate forme. Envoyez un mail avec comme objet « J’ai gagné ? » à l’adresse bidibule[at] ziknblog.com Les 10 lecteurs les plus rapides, recevrons un code dans les 24h.



Bonjour Christophe, peux tu nous expliquer ce qui t’a poussé à lancer Stationtubes.com dans un secteur aussi concurrentiel que celui des sites de production communautaires ?
Bonjour Claude ! C'est très simple. Le concept du Label Participatif est né autour d'une table avec un ami producteur en 2004. A l'époque la distribution digitale était à ses débuts, il nous a semblé prématuré de proposer un tel concept.
Depuis repris par plusieurs sites dont un lancé à gros coup de buzz, le concept des labels participatifs est en pleine effervescence. J'ai voulu rendre à César ce qui était à César tout en adoptant la philosophie d'ALIEN PROD qui est d'incuber des tubes et de défendre la musique indépendante en accompagnant les artistes jusqu'au succès et au delà. Ce que nous faisons depuis déjà 5 années avec le Label Digital.


Quelles sont les principales différences entre stationtubes.com et les autres acteurs du marché ?
Le concept original ne se conduit pas comme une Major rouillée et poussiéreuse mais propose une musique fraîche et indépendante sans fermer la porte aux millions d'artistes talentueux découverts au travers d'Internet pour la majorité. Nous ne voulons à aucun prix jouer les Directeurs Artistiques bien au chaud dans un fauteil en cuir. STATIONTUBES.COM donne la chance à tous les artistes indépendants mais aussi aux label indépendants désireux de proposer certains artistes de leur catalogue au concept du Label Participatif.
Nous avons placé le budget de production à 100000 €uros car nous connaissons très bien le marché de l'industrie musicale. C'est une utopie de sortir un album produit avec un budget de 50000 €uros. C'est certes largement suffisant pour enregistrer un album en studio, de le masteriser et mettre quelques liens sur Facebook... Mais après ? Sans communication presse / médias, sans force de promo et publicité c'est se rendre à l'évidence que de gentils Internautes ont financé un beau CD qui restera à jamais inconnu. Autant ne pas investir puisque les royalties seront quasi nuls.
STATIONTUBES.COM se veut d'être honnête avec les Artistes et les Producteurs. Nous voulons que tout le monde y gagne. En ce sens nous avons fixé un vrai budget de production réaliste qui permet de faire une mise en place d'un album digne de ce nom et ainsi permettre aux Producteurs et Artistes de se voir recompensés au travers d'une confiance réciproque.
Notre concept reverse 40% des royalties de vente (base du Prix de Gros H.T) et 40% des éditions pour les Artistes et pour les Producteurs. Nous conservons 20%. Notez que la totalité du budget de production sera utilisé pour l'album et sa promotion.
Tout le processus de production de l'album, étape par étape sera filmé et monté comme un format de télé réalité afin de permettre aux investisseurs et au public de suivre la réalisation d'un album. Nous discutons actuellement avec une chaîne de télévision pour la diffusion de ce document ce qui donnera plus encore de visibilité à l'artiste et à l'album ainsi produit.


Alien prod est également distributeur numérique. Cela représente il un avantage pour toi ? les producteurs ? les artistes ?
C'est certes un réel avantage ! ALIEN PROD est Distributeur Digital depuis 2004. Nous disposons d'un réseau de plus de 1000 plate formes et de plus de 360 opérateurs mobile dans 69 pays. C'est une exposition digitale internationale pour l'album produit que s'assurent Artistes et Producteurs. C'est aussi une mise en avant de l'album sur les plate formes et les opérateurs que nous pouvons proposer grâce à notre réseau. De plus ALIEN PROD étant son propre distributeur digital, maîtrisant en interne toutes les étapes de la distribution, Artistes et Producteurs toucherons des Royalties sans intermédiaire donc plus importantes !

ALIEN PROD dispose également d'un département et d'une équipe dédiée à la promotion des artistes et des releases. Nos partenaires médias sont de part le monde.


Tous les artistes peuvent ils s’inscrire sur le site ?
Assurez vous une sélection parmi les candidatures d’artiste ? Pourquoi ce choix ?
Oui tous les artistes sont les bienvenus. Comme je l'ai dit plus haut, nous souhaitons donner la chance à tous les artistes indépendants. La sélection se fera surtout par les Producteurs qui choisirons de "miser" ou non sur tel ou tel artiste. Nous mettrons à disposition de chacun d'eux des moyens de communiquer sur leur présence dans le Label Participatif STATIONTUBES.COM au travers d'Internet.


Qui signe en édition les artistes produits par Stationtubes ?
C'est ALIEN PROD sous son département publishing "ALIEN DIGITAL".


Et si demain, un artiste dont vous pensez qu’il n’a aucune chance de rencontrer le succès dépasse les 100 000 € de mise , que faites vous ?
Nous allons jusqu'au bout ! Chacun à sa chance. Il y a un public pour tout et pour tout le monde. Regardez Susan Boyle découverte à Britains Got Talent. Qui aurait parié sur elle ? Elle a trouvé son public !


Le fait de proposer un contrat d’artiste une fois la levée de fond effectué ne peut il présenter un risque auxquels d’autres sites ( je pense à Spidart avec Mattrach) ont déjà été confronté ?
C'est un cas isolé. Nous proposons un Contrat d'Artiste avec une avance de 5000 €uros à la signature. Il ne serait pas raisonnable de signer avant le budget de production bouclé. Nous ne sommes pas une Major... Nous acompagnons les artistes durant toute la "levée de fond". En ce sens nous pensons prévenir ce type d'incident.


Les labels participatifs remplaceront ils les maisons de disque à l’avenir ?
;) Non je ne pense pas. Toute comme les distributeurs digitaux ne les remplaceront pas non plus. C'est une alternative avec un accès plus facile pour commercialiser un album et faire connaître sa musique. Il est évident que des artistes connus ne font plus confiance aux Majors et rejoignent les distributeurs digitaux, tout d'abord parcequ'ils gagnent beaucoup plus d'argent comme cela et aussi parcequ'ils restent libres. Des Artistes comme Sébastien Roch, Anne-Laure Sibon ou encore Laetizia font partie de l'aventure STATIONTUBES.COM car ils ont vecu de l'intérieur l'expérience d'une Major et ne veulent plus y remettre les pieds par besoin d'indépendance et d'une totale liberté artistique.


Merci !
C'est un réel plaisir !