Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

Mr Roux "On ne sait pas si les opérateurs téléphoniques seront meilleurs que les majors pour le développement des carrières d'artistes."

Ils sont chez Mercury mais toujours autoproduit ! ça vous en bouche un coin ? Et bien vous n’avez pas fini d’être étonné par Mr roux. Après un passage par le chantier des francos , la séléction du fair , la sortie d’un deuxième album, ils sont passé par le canapé du blog d’un artiste en développement dans un monde en crise. Ils reviennent avec humour sur un parcours plein de surprise…

1 - Bien le bonjour Mr roux, ça va bien installé dans le canapé ? Je prépare du thé ou on passe directement à la bière ?
Vu qu'il est 21h et que je suis alcoolique, je vais prendre une bière. Ca me permettra d'arrêter de trembler. C'est plus pratique pour répondre.


2- Votre premier LP « Ah si j’étais grand et beau » était un autoproduit, Vous en avez vendu pas mal je crois ? Quels souvenirs gardez vous de ce point de départ ?
On en a vendu environ 30000. On l'a enregistré dans un home studio en Mayenne. Avec peu de moyens. On avait fait une souscription pour payer tout ça. On pensait en vendre 1000 juste à nos copains et notre famille. Je me souviens surtout que la charcuterie à côté du studio avait reçu une médaille d'or à un concours de boudins. Mais je soupçonne ce concours de boudins d'être truqué car j'en ai goûté du bien meilleur. Le charcutier était peut-être conseiller municipal... Comme quoi il n'y a pas que dans l'industrie du disque qu'on aime se donner des prix.
Pour info, nous sommes toujours producteur de notre musique. Mercury se contente de distribuer notre album.

3 – Le chantier des francos , les francofolies , le Fair, quels ont été les étapes qui vous ont propulsé ? Les rencontres importantes de Mr Roux, c’est qui ?

Il y a un ensemble d'étapes et de rencontres. Difficile de dire exactement quelles sont celles qui sont déterminantes. Ceci dit notre premier distributeur Foutadawa a fait beaucoup pour nous faire connaître sur le grand ouest (l'album est sorti en 2005 sur le grand ouest avant de ressortir en 2007 chez Atmosphériques). Notre tourneur-éditeur Yann Hamon nous a aidé aussi, à trouvé un label notamment. En embauchant une attaché de presse, Patricia Téglia, qui a fait croire à pleins de professionnels qu'on était un super groupe. Après il y a eu pleins de rencontres avec le Chantier des Francos, le Fair mais aussi l'académie Charles Cros...

4 – La signature chez Mercury , ça s’est passé comment ?

En fait on n'a rien signé chez Mercury mais chez Atmosphériques. Qui a ensuite été racheté par Universal et donc Mercury. Pour Atmosphériques, on a eu le droit a un restaurant italien chic dans le 1er arrondissement de Paris. Je me souviens bien parce que j'avais fini le dessert de Brandon Michel le contrebassiste et qu'après j'avais mal au ventre. Pour Mercury, on a même pas eu un mc do. Ce qui prouve quand même bien que l'industrie du disque est en crise.
A part ça, il y a pleins de jolies filles chez Universal. Et fort heureusement ils ont viré la seule moche qu'il y avait lors de leur plan social de février. Si je n'avais pas déjà un travail dans le milieu de la musique, j'aimerais bien y travailler.

5- Internet,les téléchargements , les sites de streaming, que pensez vous de tout ça ?

Quand les majors auront disparu à cause d'internet, qui produira les comédies musicales ? Que deviendra Pascal Nègre ? Est ce qu'il sera roadie de Calogéro ? Je ne sais pas.
Et c'est tout le problème d'internet. On ne sait pas.
On ne sait pas si il faut s'en réjouir ou en pleurer.
On ne sait pas si les opérateurs téléphoniques seront meilleurs que les majors pour le développement des carrières d'artistes.
Mais le véritable problème d'un artiste c'est qu'il peut se payer des vacances à l'île Maurice mais qu'un propriétaire refuse généralement de lui louer son logement.

6- Mr Roux , la jaquette du Cd annonce une face A, une face B . Des explications ?

On veut faire un vinyl. C'est notre côté réac par rapport à internet.
Comme ça le partage des faces est fait. Ca évite de repayer un graphiste. Pas con !
En plus conceptuellement parlant, la face b est très différente de la face a. Si on écoute les chansons à l'envers, on peut entendre des messages sublimaux et des annonces publicitaires pour des opérateurs téléphoniques.

7- Et si je vous transforme d’un coup de baguette magique en voyante , quel avenir voyez vous pour Mr Roux dans la boule de cristal ?
Je me vois flou. Mais j'ai l'impression que j'ai un déguisement de Mickey et que je suis en train de faire mes courses.

Ed Laurie: « myspace a été comme une radio pour mes chansons »

Oh my god ! Le nouvel artiste signé sur le label français « Tôt ou tard » est un anglais ! Comme quoi : Nul n’est prophète en son pays. C’est sur Itunes et Myspace que le garçon s’est fait connaître. Le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise est allé poser quelques questions à cet artiste plutôt réservé.


1 Salut Ed, merci d’accepter de tépondre à mes questions. La première est de taille. Mais comment fait un anglais pour signer en France et sur « Tôt ou tard » en plus ?
Et bien tu devras demander au label !! C'est un super coup de chance pour moi, et pour eux aussi je l'espère.


2 Comment es tu venu à la musique ? Par quelle porte es tu entré dans ce métier ? D’ailleurs as tu l’impression d’épouser une profession ?
Je n’ai jamais été très loin de la musique. Après, mon cheminement a été de m’en approcher de plus en plus au fils des années .Sinon je suis marié à ma femme, et je m’estime suffisamment marié comme ça !

3 Peux tu nous parler de « Meanwhile in the park » ? Quel a été l’impact de ce premier 7 titres sur ton parcours ? Tu as eu une vraie histoire avec Itunes et Internet …Tu peux nous en dire plus ?
Un employé de chez Itunes a entendu deux chansons …Et il m’a dit que si je faisais un album il en ferait la promotion sur Itunes. Je n’avais que les moyens d’enregistrer un mini album ( Meanwhile in the park ). Ce fût une bonne expérience et m’a permis de porter ma musique jusqu’au public.

4 Tu es plutôt showman ou songwriter ?
Songwriter , ce qui m’occupe déjà beaucoup !

5 tu es du genre à t’occuper de ton myspace ou à laisser faire ça à quelqu’un d’autre ?
Quelques fois …Je dois beaucoup à myspace qui a été comme une radio pour mes chansons. Maintenant , les gens peuvent choisir entre la radio et internet. Si la radio ne présente pas de musique digne d’intérêt, tu peux chercher sur le net !

6 Si je te dis téléchargement illégal, tu me réponds quoi ?
Ce n’est pas comme voler un disque dans un magasin. Mais ce n’est pas aussi honnête que d’acheter de la musique sur internet. Si finalement, les gens veulent réellement de la musique, ils participeront de façon légale à la création.

7 As tu des projets pour les mois qui viennent ? On veut tout savoir…
J’espère faire une tournée et enregistrer encore durant 2010, enfin rester actif et profiter de ce beau pays qu’est la France. ;)

Sex, coca frites et rock'n'roll...

Les poids lourds de la malbouffe sont ils aussi des révélateurs de talents ? Tandis qu’aux états unis, la chaîne Wendy’s s’est associé à Myspace pour offrir une tribune aux artistes de demain, en France c’est avec la plate forme CQFD que Mc Donald s’est accoquiné. Le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise fait le focus sur la tendance « Sex, Frites Coca & rock’n’roll. »

« Fresh faces » c’est le nom de l’opération qu’a lancé la chaîne de fast food « Wendy’ s » au états unis. Chaque semaine sur son profil myspace (http://www.myspace.com/wendys) , Wendys propose aux internautes de découvrir un nouvel artiste via une vidéo promotionnelle tournée pour l’occasion et le téléchargement d’un titre gratuit. Cette semaine c’est le rappeur OMNI qui est à l’honneur. Ironie du sort, le manager de l’artiste s’appelle Sean McDonald …

« Si à 30 ans tu n’as pas enregistré à new york , c’est que tu as loupé ta vie de musicien »
De ce côté ci de l’atlantique, CQFD le clone de myspace lancé par les inrocks et le défunt AOL Musique s’est associé à Mc Donald pour son concours annuel. On annonce que le concours CQFD sera en effet relayé tout au long de l’année sur le portail Wi-Fi des restaurants McDonald’s sur le territoire français. Les gagnants du CQFD 2010 se verront offrir grâce à Mc Donald, une indispensable semaine d’enregistrement à New York avec un réalisateur de renom. Car c’est bien connu « si à 30 ans tu n’as pas enregistré à new york , c’est que tu as loupé ta vie de musicien » Un partenariat bling bling et moins sexy que celui réalisé avec le sacro saint label « Rough trade » il y a quelques mois. Mais bon, c’est la crise ou pas ?

ça se passe comme ça... sur CQFD !
J’espère en tout cas que les gagnants seront au moins avertis cette année. En effet en 2008, lors d’un concours organisé par CQFD et le TILT Festival, J’ai appris que j’avais été récompensé sur la home page du site. On avait pour ainsi dire simplement oublié de m’avertir. On n’a même d’ailleurs pas pris la peine de me faire parvenir le moindre mail de félicitation … ou de me répondre d’ailleurs …Ah ben oué mais c’est ça le rock ! Je suis con moi aussi… ;)

Labels Participatifs: Le modèle montre il ses limites ?

Je vous en parlais samedi … ça y est ! C’est fait ! Spidart a rompu le silence radio. Nicolas Claramond , cofondateur du premier label participatif français s’est fendu d’une communiqué simultanément publié sur le site et envoyé à la totalité des membres de communauté Spidart. Depuis la blogsophère n’en finit plus d’annoncer le naufrage du titanic et le moins qu’on puisse dire c’est que la fusée éclairante de Nicolas n’éclaire pas grand chose. Le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise, toujours prêt à se mouiller a gonflé sa bouée et remonté ses canards mécaniques… Et plouf !

Le modèle « label participatif » montre t il ses limites ?
Naufrage de Spidart ou pas, la réalité du secteur c’est que dix sites sont positionnés sur un seul et même modèle et pire suspendu à un seul et unique succès commercial. Celui de Grégoire. Mais cette succès story qui a grandement participé à la légitimé de « la production communautaire » en France n’a pas encore fait de petits. Il y a quelques semaines lorsque j’interrogeais Michael Goldman, fondateur de My Major Company, J’avais été surpris de la clairvoyance de sa réponse : « Grégoire », ce n’est pas exceptionnel uniquement pour un label participatif : c’est exceptionnel pour l’industrie du disque tout court. Le premier album d’un artiste signé en France qui devient le plus gros vendeur de l’année, cela arrive 2 ou 3 fois par décennie, toutes majors confondues.»

Depuis Grégoire, les internautes investissent, les artistes dépassent les seuils de production , les albums sortent … La machine fonctionne mais les ventes ne suivent pas . Quels artistes issus des labels participatifs ont embrassé un succès populaire ? Les labels participatifs n’échappent pas aux réalités que connaissent les acteurs traditionnels de l’industrie. Contrairement à ce que déclarait David Doro ( Buzzmyband) sur TF1, ils ne sont pas une solution à la crise du disque qu’ils subissent au même titre que les majors et les indépendants . Et alors que tout le monde s’interroge sur le cas Spidart , j’aimerai poser une autre question : Quelque soit celui ou ceux qui mettent la main au porte monnaie, pendant combien de temps peut on produire des disques, sans faire de succès ? Soyons clairs : Le problème dans la crise de l’industrie musicale n’est pas de faire des disques, mais de les vendre.

Le modèle participatif a t il tenu ses promesses ?
Ce qui me semble important de dire c’est les labels participatifs ont tenté de transposer le concept Sellaband en France à un moment précis. Un moment qui me semble être celui de l’apogée d’un discours que je résumerai par « les labels, les majors ne produisent que la soupe ». Une idée fausse grandement amplifiée par le matraquage radiophonique, l’aristocratie musicale, les fils et fille de… et le phénomène télévisuel Star academy. Pour le public la notion de préfabriqué , de formatage a dépassé le stade d’impression et de fantasme avec la star . La télé réalité est venu nourrir cette impression de mal culture. Et chez les artistes, qui sont avant tout des artisans, elle était vécue comme une insulte…

Le modèle participatif tombait à pic. Il était porteur d’espoir … La désignation démocratique ne peut que révolutionner l’industrie. C’est sûr. On parle de diversité, de méritocratie, de rôle pédagogique. Dans ce contexte très particulier, les Sellabands à la française sont accueillis par le public et les artistes avec un enthousiasme un peu aveugle. Le modèle débarquait avec 1000 promesses et autant de questions. Mais l’heure était sans doute plus à l’extase collective qu’au questionnement …

Certains s’étonnaient pourtant. Après tout l’industrie musicale en plein age d’or de la musique enregistrée n’avait jamais eu l’idée de partager le gâteau avec le public. Ces nouveaux acteurs de la musique ne venaient ils pas maintenant en pleine crise du disque mutualiser essentiellement du risque ? Le modèle basé sur l’investissement trouverait il preneur dans le pays champion du monde de l’épargne ? Et d’ailleurs, le modèle n’était il pas qu’une simple souscription sauce spéculative ?

Le grand talent des labels participatifs fut d’abord de définir l’expérience proposée aux internautes. Une expérience valorisée ! Vous allez devenir producteur. Au programme : Une appellation non contrôlée qui ne coûte pas cher et une étiquette qui ne colle pas trop. Histoire d’écarter définitivement la notion d’investisseur, on va tenter de créer une interactivité minimale entre les artistes et les internautes. C’est à dire enrichir de manière assez superficielle l’expérience. Participer au choix d’un single, au tournage d’un clip… Le grand succès commercial, populaire et surtout miraculeusement instantané de Grégoire est venu achever un tableau idyllique.

Du côté des artistes candidats à l’aventure participative, c’est la nouvelle manche numérique. L’internet a remplacé les couloirs du metro. Un petit euro pour produire mon album. A votre bon cœur messieurs dames, dieu vous le rendra. On ne produit plus les meilleurs artistes, mais les meilleurs mendiants … Ce qui n’est pas sans poser de problème aux labels eux mêmes !

Quel avenir pour le modèle participatif ?
Les véritables soucis du modèle participatif c’est qu’il s’agit d’un bon modèle qui s’est construit sur des effets de communication, qui a cherché une validation trop superficielle et trop rapide. La balle est désormais dans le camp des sites de production communautaire, dans leur faculté à faire émerger de véritables nouveaux talents, de les développer et de les porter jusqu’au public. C'est-à-dire dans un travail de label où l’artistique est encore le centre de tout et non dans une course à la levée de fond rapide, aux nombres d’artistes produits … et aux effets divers et variés de communication.

Et face à cet enjeu, l’hypothétique crise de confiance induite par les difficultés de Spidart m’apparait assez anecdotique.

Spidart : La réaction de Selen, artiste produite par les internautes

Elle venait de franchir le cap des 50 000€ sur Spidart où elle a été produite par 474 internautes. Mais les difficultés financières du premier label participatif français ont eu raison des rêves de Selen et de ses fans producteurs. L'artiste a décidé de se retirer de la plate forme et de se battre pour sauver les mises des investisseurs. Selen que je connais depuis longtemps, a accepté de répondre aux questions du blog d'artiste en développement dans un monde en crise. Le naufrage de Spidart vu de l'intérieur ...

Bonjour Selen, Merci d’accepter de répondre à nos questions dans ce moment très particulier. Suite aux difficultés rencontrées par le label participatif Spidart, tu as decidé de te retirer de la plate forme alors que tu avais finalisé ta levée de fond de 50 000€ . Peux tu nous expliquer ce qui a motivé ce choix ?
Ma décision a été prise très rapidement et elle n’est que la conséquence des relations que j’ai eues avec Spidart.

Vu la situation économique de Spidart, le manque de communication et de respect de ses dirigeants et associés, vu que je n’ai toujours pas signé de contrat malgré des promesses depuis 9 MOIS…. , la seule solution était de me retirer pour que tous les fans-producteurs qui m’ont portée à bout de bras depuis le début de l’aventure voient leurs intérêts préservés.
Les C.G.U. du site valident ma décision. Les investissements des internautes doivent être bloqués sur un compte et remboursés sur simple demande selon un procédé fixé par Spidart. Si tel n’était pas le cas, et que l’argent ait servi aux frais de fonctionnement de la Société Spidinvest, à la production et la promotion des artistes signés avant moi, le jugement des actes des dirigeants et actionnaires de Spidinvest ne serait alors plus du ressort du Tribunal de Commerce. Les procédés utilisés pourraient alors s’appeler « Cavalerie » Escroquerie »…..

Tu as terminé ta levée de fond il y a déjà quelques mois, tu en étais où dans l’avancement de la production de ton disque ?
Comme je l’ai annoncé il y a quelques jours sur Spidart ,

« Dimanche 22 novembre 2009
Trois mois aujourd’hui que j’ai été produite ! Et les choses n’avancent pas vraiment
Toujours pas de signature de contrat, aucun planning de travail ! »

Début février 2009 j’ai pris contact avec les dirigeants afin de prendre connaissance des clauses du contrat ou au moins en connaitre les grandes lignes.

Le 29 mars je recevais un mail de Nicolas Claramond me demandant mes coordonnées exactes pour établir le contrat.

Le 09 juin (plus de deux mois plus tard…..) je recevais une première trame de contrat truffée d’articles manquants, d’incohérences.

Je vous passe les détails sur les non réponses au mail, les rendez-vous téléphoniques fixés et non honorés .le manque de respect par excellence. Monsieur Claramond nous a encore promenés pendant 2 mois. Entre temps j’ai atteint la somme de 50 000€ mais toujours pas de contrat La situation s’est décantée quand mon représentant a réussi a joindre N.C. .La discussion a été orageuse . Il lui a uniquement décrit et prédit ce que nous vivons, malheureusement, aujourd’hui un nouveau contrat nous a été envoyé : « un contrat de Major »

Comment peut-on se permettre d’avoir des exigences de Major alors que jusqu’à preuve du contraire ce sont les Fans-Producteurs qui financent l’album ?

Nous nous sommes rendus à Paris, le 05 octobre 2009, avec mon représentant ( qui est aussi fan-producteur) et mon manager. Des décisions et des compromis réciproques avaient été pris et devaient être formalisés par écrit très rapidement. La aussi aucune validation de la part de N.C. Une clause du contrat nous gênait énormément « l’album serait produit dans les 6 à 8 mois suivants la signature du contrat » et la sortie commerciale de 14 mois à partir de la signature

La Label manager était débordée……Afin de neutraliser les délais et d’optimiser au mieux la préparation de cet album mon manager a pris les choses en main… J’avais l’opportunité et l’immense plaisir de travailler avec Patrice Cramer (Taratata ) pour ce qui concerne la réalisation et Jean Fauque (auteur d’A. Bashung ) pour une collaboration artistique sur plusieurs titres

Tout avait été vu avec Patrice Cramer pour la réalisation de cet album, nous nous étions d’ailleurs rencontrés et avions visités des studios début novembre nous avions fait des propositions de planning à Spidart, nous attentions juste leur feu vert pour rentrer en studio .Ils avaient été prévenu de ce rendez vous bien a l’avance mais aucun responsable n’a daigné se déplacer.

Comment réagissent tes fans producteurs et ceux qui t’ont aidé à porter ton projet ?
Ils sont profondément déçus et choqués de la situation, je reçois des tonnes de messages de soutien. C’est l’incompréhension et une immense colère qui domine

Que vas- tu maintenant faire et penses tu pouvoir tout de même finaliser ton album dans les mois à venir ?
La sortie de ce 1er album, certes va être retardée, mais l’objectif artistique reste le même. Ma détermination reste identique, je dirai même qu’elle a pris une dimension supérieure.Le soutien des internautes par tous les messages que je reçois la renforce un peu plus d’heure en heure. Mais ce qui me préoccupe dans l’immédiat, aidé par les personnes qui défendent mes intérêts est de faire TOUT CE QUI EST EN NOTRE POUVOIR pour faire valoir le droit des internautes m’ayant et continuant de me faire confiance. J’annoncerai très prochainement le nouveau chemin que j’aurai pris pour finaliser ce 1er Album.

Et si tu avais un conseil à donner à tous les artistes et internautes producteurs engagés dans l’aventure de la production communautaire ? Quelle est aujourd’hui ta vision des labels participatifs ?
Le concept a la base est trés prometteur , j’ai tout de suite été séduite quand j’en ai pris connaissance en 2007. Par contre il faut qu’il soit initié et géré par des professionnels. Au-delà du virtuel il faut penser au concret et à la réalité. Les dirigeants de Spidart ont commencé à y être confrontés et cela n’est que le début…Une crise de confiance légitime va s’instaurer …….Tous les labels participatifs vont en être victimes. Espérons pour eux qu’ils s’en relèvent…..Nous les artistes, nous continuerons notre chemin


Photo: Thierry Schmit

Spidart :Les artistes en colère...

Spidart : la colère des artistes.

Alors qu’on ne sait toujours pas ce qui se passe vraiment pour le label participatif Spidart, mais que les rumeurs de cessations d’activité s’amplifient, les artistes de la plate forme expriment leur colère. Plusieurs d’entre eux ont annoncé qu’ils quittaient l’aventure et ont invité les internautes à faire des demandes de remboursement.

JALANE, artiste que j’avais interviewé il y a quelques semaines pour la promotion de son album ( dont la sortie a été annulée et reportée depuis) a publié sur le forum site une lettre ouverte à Nicolas Claramond dont je vous laisse prendre connaissance…


"Cher Monsieur Claramond,




Je vais commencer par le vouvoiement car je préfère désormais marquer une distance entre nous, suite à votre irrespect total envers vos artistes, vos salariés et fans-producteurs, qui avons cru en vous et en Spidart. Cela fait plus de 15 ans que j'évolue dans ce métier et je ne me suis jamais senti aussi peu considérée, du fait de la manière dont vous nous traitez. J'ai attendu votre mail explicatif, après tous ces jours où vous êtes resté dans le silence. Que dire de ce mail du 24 Novembre qui nous laisse dans l'incompréhension totale. Une fois de plus, vous ne faites que survoler le sujet sans oser l’affronter et nous dire la vérité. Je suis sous le choc de me retrouver face à une personne qui n'a ni les compétences, ni la carrure pour être PDG d’un label de musique et ni le courage de nous appeler, un par un, pour nous avertir d’un éventuel dépôt de bilan ou d’un éventuel investisseur sur SPIDART.Cela fait plusieurs semaines que vous cherchez des investisseurs et malgré tout ça vous avez continué à laisser travailler tant de personnes, gratuitement, alors que tout était déjà voué à l’échec.Vous saviez très bien que vous ne pourriez jamais les payer ! Comment pouvez-vous laisser ainsi vos employés dans le besoin sans aucun scrupule ?Sommes nous si peu de choses à vos yeux ? Mon album est censé sortir le 18 Janvier 2010 et vous en avez arrêté naturellement la promotion depuis 3 semaines du fait que vous ne payez plus vos employés ainsi que toutes les personnes travaillant sur la promotion de mon album.

Vous saviez pertinemment que la société était au plus mal depuis plusieurs semaines et vous n'avez à aucun moment tiré la sonnette d'alarme, nous laissant tous croire que tout allait bien. Quand vous êtes venu vers moi il y a 2 ans en me proposant de devenir « Artiste SPIDART », j'ai cru en cette belle aventure car ce chalenge correspondait tout à fait a l'avenir artistique que j'envisageai pour mon nouvel album. Aujourd'hui, du fait que mon album soit bloqué avant sa sortie, me met dans une situation catastrophique pour la suite de ma carrière !

J'ai d'ores et déjà contacté mon avocate afin de récupérer au plus vite mon contrat, ainsi que les bandes masters de mon album "JOUR J".Quoi qu’il en soit, j’espère que vous trouverez une solution afin que mes 227 fans producteurs soient remboursés. Une chose est sûre, peu importe le temps que cela prendra, cet album verra le jour.

Je n'attends aucun retour de votre part, vu que vous fuyiez toute responsabilité depuis le début de cette crise, si ce n’est que les coordonnées de votre avocat afin que mon avocate puisse se mettre en relation, au plus vite, avec le vôtre."



Jalane

The Craftmen Club : "Nous on fait de la zic, aprés le reste..."

L’interview aujourd’hui c’est celui d’ une des valeurs montantes de la scène rock française. Ils chantent en anglais et répondent aux interviews en français. Après avoir incendié le printemps de Bourges, vandalisé la scène du « fou du roi » et défrisé Stephane Bern , les trois garçons agités de The craftmen club sont venus poser les fesses et les pieds sur le canapé du blog d’un artiste en développement dans un monde en crise. Franchement , cette jeunesse qui ne respectent plus rien ;)


1- Salut Steeve, Yann et Marc ! Merci de passer sur le canapé … ça va bien installé ? C’est bière pour tout le monde ? Ou ?
Ouais bière, d’accord, mais t’as pas un peu de Whiky????



2 – Alors cette histoire est née ? Quel est votre vision du parcours de « The Craftmen Club » entre 2000 et aujourd’hui ? Vous avez l’impression d’en être où dans votre développement artistique ?
Né en 2000 dans un local associatif de musiciens sans vraiment vouloir faire un groupe, mais vite on a fait des concerts, de plus en plus loin et de plus en plus fréquent, on a un cadence de 70 concerts par ans....

Notre parcours est assez classique a la différence qu’on s’est construits sur scéne et que la notoriété s’est faite de maniére progressive, aprés dix ans de concerts, des milliers de km de route, 2 albums, on a encore beaucoup de chose a faire, déjà un nouvel album....



3 - Vous avez été sélectionné pour les découvertes du Printemps de Bourges 2005. Est-ce que c’est une étape importante ? Festival, rencontre… Qu’est ce qui a fait avancer votre projet ?
On a fait un super concert la bàs, beaucoup de professionels étaient présents, et donc ça nous a apporté d’etre programmé dans de nombreuses salles avec des spuerbes premieres parties dans des salles souvent pleines, ça nous a aussi apporté une reconnaissance auprés des professionels et du public, depuis le nom THE CRAFTMEN CLUB parle a tout le monde dans le milieu.....



4 – Quelle est votre vision de l’industrie musicale aujourd’hui ? Avez-vous l’impression de participer à une révolution ou l’impression d’accompagner une vieille dame dans ces dernières heures ?
On s’en fou un peu, nous on fait de la zic aprés le reste....faut juste pas nous predre pour des cons....

Pour «thirty six minutes» on fait fait confiance à Julien Banes qui n’a pas hésité a mettre de l’argent dans notre projet et a le développer....



5- Vous gérez votre présence sur Internet ( Myspace , facebook) ? Ou ce n’est pas votre boulot ? Quand on leur écrit sur myspace , est ce que les garçons de Craftlen club » répondent ?
Ouaip, c’est Yann qui gere le Myspace et le Facebook, il répond en général...



6 – Téléchargement illégal, c’est rock’n’roll ou pas trop ?
La différence par rapport a avant, ce que avant on achetait des disques qu’on avait vu chroniqués dans des magasines, et au bout du compte on ne l’écoutait jamais, il n’y avait que un morceaux qu’on appréciait, maintenant, on écoute d’abord, et on achete que si l’album nous plait....

Mais la vente sur le net va se dévelloper, bientot, on ne trouvera presque plus de cd, mais des morceaux sur I tunes...., il faudra acheter des vinyls.....



7 – Demain pour le « The Craftmen Club » c’est quoi ?
Un nouvel album qu’on prépare en ce moment, des concerts, de la route etc....



8 – Question Bonus : Stéphane Berne s’est il remis de votre passage au « fou du roi » ?
Oui, il a adoré.... mais on lui a arraché quelques bouclettes au passage....



Spidart ne répond plus ?

Spidart ne répond plus
Que se passe-t-il sur Spidart.fr ? Investissements bloqués, panique des artistes et internautes producteurs, silence radio du côté du staff, le premier label participatif français traverserait-il une mauvaise passe ou souffrirait-il d’un simple déficit en communication ? Alerté par les cris des baigneurs en détresse, le « blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » est allé prendre la température sur le forum , et le moins qu’on puisse dire c’est que l’eau est froide.

Depuis quelques jours les pages artistes de la plate-forme affichent un message d’avertissement : « Les investissements sont bloqués actuellement ». Impossible donc de miser le moindre euro sur un artiste. Pas un mot d’explication du côté de Spidart… Artistes et internautes-producteurs ne parviendraient même plus à joindre le fondateur du site. Le rappeur KAEM qui a déjà levé plus de la moitié des fonds nécessaires à la production de son album, a décidé de faire de son profil une page blanche en guise protestation. Il a même retiré ses titres pour les remplacer par une chanson au texte d’actualité « Le Langage du Silence ». Une action que l’artiste accompagne d’un commentaire :

« En attente d'une explication de la part de la direction de spidart... J'ai juste mis en écoute la maquette d'un morceau que j'aurais voulu vous offrir en version aboutie, mais compte tenu des circonstances et du langage du silence utilisé par le directeur de spidart, je le mets tel quel... Il faut attendre... il n'y a rien d'autre à faire... c'est extrêmement difficile pour tous, les fans prods, les artistes, l'équipe... j'espère que la situation se débloquera rapidement... »

A lire également dans une touchante lettre ouverte publiée sur le forum par le groupe DORY4 ( qui n’est plus qu’ à 14 000 € du seuil de production) .

Pour les membres de la communauté , l’inquiétude est grande…Un d’eux a crée une adresse email actionco.spidart@yahoo.fr et les internautes producteur peuvent déjà y envoyer leur adresse mail afin d’être informé des évolutions .

Espérons qu’il ne s’agisse là que d’un problème de communication ou technique passager. Une petite dizaine d’artistes sont en cours de production sur Spidart.fr , trois autres ont franchi la barre des 20 000€.

Dernière Minute: Nicolas Claramond, fondateur de Spidart a annoncé qu'il interviendrait mardi afin de donner des informations aux membres de la communauté Spidart.

Affaire à suivre ...

Envoyé spécial : Hadopi, Pamela Hute et conséquences...

Jalane: " Je ne me suis jamais sentie aussi libre de mes choix artistiques"

Elle était en couverture de Newlook le mois dernier, Jalane est aujourd’hui sur le canapé du « blog d’un artiste en développement dans un monde en cirse ». Il va donc faire très chaud dans le coin. De sa collaboration avec IAM à son album produit par les internautes sur la plate forme Spidart ( sortie prévue en janvier 2010) , elle revient sur son parcours pas comme les autres …Rien pour vous !


1- Bonjour Jalane , ta carrière a commencé il y a plus de 10 ans , on t’a aussi vu collaborer avec le groupe IAM , qu’est ce qui t’a poussé à tenter l’aventure Spidart ?

Bonjour, Ce qui m’a séduit est le fait que le public pouvait enfin produire ses artistes, donc de devenir des fans/producteurs. Quand j’ai rencontré Spidart il y a deux ans je m’étais dit que c’était exactement ce qu’il me fallait pour mon prochain album. C’est donc tout naturellement que je les ai contactés le jour où j’ai préparé mes maquettes afin de les faire découvrir au grand public.

2- Tu as levé les 50 000€ nécessaires à la production du disque en 19 jours… Comment as-tu fait ? Tu as un secret ?

C’est un secret, je ne vais pas vous le dévoiler ! ;)
Je pense que c’est tout simplement mes chansons qui ont surpris mes fans/producteurs et surtout le succès que j’ai pu avoir sur mon 1er album. Il y a une vraie attente sur ce nouvel album. Je le vois tous les jours à travers les messages que je peux recevoir de mes fans.

3 – Comment s’est passée la production de ton album ?

Magique du fait que j’étais enceinte pendant toute la préparation de l’album. J’ai chanté à 6 mois et demi avec mon petit bout de chou dans le ventre. Du coup, les émotions et l’inspiration ont été décuplées par rapport à tout ce que j’ai pu faire avant. De plus, j’ai rencontré un compositeur talentueux, Marc Chouarain, qui a tout de suite compris là ou je voulais aller : « la soul musique ». Je voulais revenir à mes origines musicales et respecter au mieux les sonorités de cette époque. Ce que nous avons réussi.

4 – On assiste à une véritable pandémie de nouveaux labels participatifs, que penses-tu de cet état de cela toi qui fait partie des heureux chef de file de cette nouvelle façon de produire de la musique ?

C’est une nouvelle façon de faire de la musique. Je ne me suis jamais sentie aussi libre de mes choix artistiques que depuis que je suis arrivée sur SPIDART.com. Il faut savoir que SPIDART.com est à l’origine de ce mouvement, car c’est le 1er label participatif créé en France.

5- Est ce que tu t’occupes toi-même de ta promo sur le net ( Myspace , etc … ) ?

Je m’occupe de mon myspace et de facebook car j’aime parler directement à mes fans mais en ce qui concerne la promotion, j’ai une équipe qui s’en occupe pour que je puisse me consacrer à mes concerts et à mon album.

6- Un avis sur l’hadopi ?
Malheureusement les téléchargements illégaux tuent les artistes, il faut le savoir, que se soit pour la musique ou pour les films.
Malgré tout ça, je comprends tout à fait qu’on puisse télécharger des albums gratuitement tant qu’ils seront à des prix exorbitants et impossible à acheter vu la conjoncture actuelle. Donc je suis très partagée sur ce sujet

7- Quels sont tes projets ? Une tournée ? de nouveaux disques ?

Que cet album soit une réussite comme le premier ! Qu’il vive le plus longtemps possible.
Je suis en show case à Paris au RESERVOIR le 9 Novembre pour la présentation de mon album….. Et je prépare une tournée pour le début d’année 2010.
Et SURTOUT soyez au rendez-vous à la sortie de mon album...

Merci… félicitation pour ton album et pour l’heureux événement que de nombreux sites annoncent déjà. ;)

Merciiiii à vous aussi....


Autoproduction: une façon polie de dire maquette ?

Nous avons été si sérieux ces derniers jours avec le débat sur les sites de streaming, les interviews VIP , que l’idée de terminer la semaine sur une touche de légèreté s’est imposé d’elle-même. Intéressons nous donc au petit buzz de la semaine, les maquettes ( ou démos) de l’album le plus vendu de l’histoire ( 65 millions d’exemplaires ) se sont retrouvé cette semaine sur le net , provoquant l’hystérie sur les forum dédié au king of the pop. Alors que du côté de sony on s’est jusqu’ici contenté d’un inédit pas très « jojo » pour accompagner la sortie de « This is it » , les fans de Michael ont mis la main sur une les bandes de travail de Thriller. Et en particulier sur une pré version du titre éponyme avec un texte différent et titré Starlight ! L’occasion était trop belle pour ne pas aiguiser nos réflexions sur la notion même de « démo » ou « maquette » à l’heure d’internet et du home studio.

Le problème lorsque l’on parle de démo et de maquette , c’est un peu comme lorsqu’on parle de Web 2.0. Voilà des terme largement diffusés, utilisés sans qu’aucun consensus ne soit vraiment dégagé autour de leur définition. Wikipedia s’y essaye dans ce qui est annoncé (assez justement ) comme un brouillon mais s’embourbe rapidement dans la notion de diffusion, voir même de support. ( C’est problème du verre plein et du verre vide, pour remplir le second , il faut que le premier le soit aussi !) Bien loin de moi l’idée de fournir « une définition » mais disons que pour beaucoup de musicien dans les années 80/90 , la maquette était un enregistrement préalable plus ou moins amateur qui permettait de frapper aux portes des maisons de disque, de décrocher un contrat ou le droit de rentrer chez soi en artiste maudit, et de lancer levant les bras au ciel « Mais pourquoi ? » .
Il y a quelques années ( je ne vous dirai pas combien car il faut pas déconner non plus ! ) lorsque j’étais en fac de musicologie, nous avions un petit studio d’enregistrement à Bron ou trônait, l’objet de toute les convoitises : un magnifique tascam 16 pistes. J’aurai pu vendre ma copine de l’époque pour pouvoir rentrer avec à la maison. Aujourd’hui n’importe quel petit musicien amateur dispose de 64 pistes numériques ( si ce n’est plus) à domicile , effets et traitements en bonus. L’explosion, ou plutôt la série d’explosions technologiques qui a impacté l’univers du home studio ces dernières années a d’abord permis aux maquettes et autres démos d’atteindre une certaine qualité technique. Une qualité suffisante pour que la démo sorte du circuit professionnel et puisse être présentée au public.

Dans le même temps, paradoxe technologique, la qualité de restitution en bout de chaîne se limitaient progressivement aux écouteurs de Ipods, et aux enceintes de PC , le tout mouliné dans une compression pas toujours transparente. On pourrait penser qu’un certain équilibre a donc été trouvé. Les audiophiles, ceux qui ne peuvent écouter un album autrement qu ‘avec un AKG K141 ( dont le prix est équivalent à celui de 5 platines DVD de 1er prix) sur les oreilles sont désormais classés espèce en voie de disparition et plus personne n’enregistre sur un 4 pistes cassette.

Au fond la démo est devenu autoproduction …Ou plutôt on a désormais tendance à diffuser, promouvoir sa démo. On peut le prendre, le tordre dans tous le sens, le constat est le même. Si on signe, pas de soucis , on ré enregistre ( c’est le cas de Boulbar, nous reparlerons la semaine prochaine) . Ou mieux on rachète le master, on remixe, on remasterise …

Vous l’aurez compris, je crois que la notion même de démo, de maquette est en train de disparaître ou de renaître sous une autre forme… En attendant quel plaisir pour un musicien de découvrir les mélodies non finalisées de Billie Jean …

Clarika : "je préfère écouter un album dans son intégralité"

Il y a des jours où tout va mal dans la vie d'un artiste bloggeur et puis des jours où on a la chance de rencontrer quelqu’un dont on aime beaucoup les chansons. Quelqu'un qui en plus s’autorise à être sympathique, naturelle, intéressante et jolie. Bref une artiste en mieux. Une fois n’est pas coutume, C'est Clarika qui m’a reçu dans sa loge et sur son canapé à elle, ce à quelques heures d’un concert. (Live report à lire sur Ziknblog.com) Elle nous livre sa vision de la chanson, de la musique …et de ce qu’elle a bien mérité. ;)


Clarika, tu t’es fait un nom en 5 albums. Lorsque tu te retournes pour apprécier ce parcours, cette carrière. Qu’est-ce que tu te dis ?

Je ne sais pas si je fais une carrière. (rires) Quoique c’est vrai c’est un métier, c’est du plaisir, mais c’est aussi un métier. Après tout est venu naturellement, petit à petit. Il y a beaucoup de choses qu’on ne maîtrise pas . Mais je garde tout de même l’idée d’un progression. A chaque album, tu vois, j’ai l’impression de toucher plus de gens. A chaque concert, un nouveau public me découvre et ça ne me dérange pas du tout qu’il me découvrent maintenant.


Par quelle porte es-tu entrée dans métier ? Quel est le pourquoi de Clarika ? Une phrase m’a étonné en lisant un interview que tu as donné à Telerama : « Je me suis mis à écrire quand j’ai compris que c’était le meilleur moyen pour monter sur scène. » Tu peux nous en dire plus …

Oui ! Au début, moi je voulais faire du spectacle. Et pour de mauvaise raison peut être, tu vois comme quand tu es jeune et que tu rêves de célébrités (rires) .D’ailleurs je ne savais pas si c’était du théâtre, de la chanson ou autre. A cette époque si un auteur avait débarqué avec des chansons toute faites, je pense que je les aurais chantées.

On te présente souvent comme une pionnière de la nouvelle scène française …Que penses-tu de ce double étiquetage ?

Les journalistes ont besoin d’étiquettes à coller et de mettre les artistes dans des cases. Ça ne me dérange pas plus que ça . Et puis c’est vrai que quand j’ai commencé, il n’y avait pas beaucoup de filles dans la chanson alors que dans les générations d’avant , il y avait des artistes comme Véronique Sanson, Barbara. La plupart du temps c’était même des hommes qui écrivaient pour des femmes. Alors pionnière non, dans les premières, pourquoi pas. Pour l’étiquette « nouvelle scène » , c’est très vaste et il y a aussi de très bonnes choses , ça ne me dérange pas non plus.


Tu réalises les défis que les internautes te lancent sur ton blog…Au passage tu déchires en majorette…Alors est ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ces « défis de Clarika » ? Comment t’es venu l’idée ?

Ah ce n’est pas moi qui a eu l’idée. On s’est dit que ça serait pas mal d’essayer de communiquer sur le nouvel album et de jouer autour de son titre « moi en mieux ».Tu sais comme pour faire une sorte de …Buzz. Les gens ont proposés des défi par internet, j’ai quand même choisi ceux qui me plaisaient. Et voilà ! J’en ai réalisé six , le suivant c’était justement de faire de la scène.

Internet justement parlons en …Ce n’est pas toujours facile pour les artistes d’en parler. Si je te dis téléchargement illégal… Tu me réponds quoi ? Joker ?

ça ne me dérange pas de dire que je suis contre le téléchargement illégal. Maintenant je suis très consciente qu’il va être difficile de faire machine arrière. Le soucis, c’est que le téléchargement légal et les trucs comme Deezer, ne rapportent rien à l’artiste. Peut être aux maisons de disque, mais pas à nous.
Le problème avec Internet , c’est qu’on donne accès à tout. En même temps, je trouve que c’est formidable. Comme Myspace, on peut écouter, voir si ça plait ou pas. Bien sûr qu’il faut l’utiliser pour découvrir . Mais aujourd’hui on transfère des titres sur un ipod, qu’on écoute juste une fois puis on zappe. Quitte à passer pour une vieille conne, je préfère écouter un album dans son intégralité.(rires) Je suis attaché à cette continuité entre les titres, l’idée d’ensemble. Aujourd’hui des artistes publient déjà titre par titre. Et je trouve dommage que le concept « album » disparaisse.


J’ai vu que tu étais bien occupé jusqu’en 2010…et Après ?

Je suis vraiment dans un rythme : je fais un album , puis une tournée. Bien sûr que je pense au sixième album, enfin si les conditions sont réunies pour que je puisse le faire. Après il y a l’inspiration qu’on ne maîtrise pas , même si c’est aussi du travail. De toute façon si j’ai douze ou quinze bonnes chanson , je les présenterai et je les défendrai par n’importe quel moyen.



Si tu avais une vision , un conseil à transmettre à tout ceux qui sont dans un développement artistique ?
Je n’ai pas vraiment de conseil à donner. Je crois qu’il n’y a pas de règle. Par contre, on m’envoie des choses et j’ai l’impression que souvent les artistes en développement veulent aller trop vite , griller des étapes. Ils se montrent trop, font passer trop vite des démos en maisons de disques alors que les projets ne sont pas aboutis. Il y a quand même dans ce métier l’idée de définir un « univers musical » , je sais c’est assez commun d’appeler ça comme ça. ça n’empêche pas de faire des concerts ou autres. Mais , tu vois j’ai toujours pris mon temps et j’ai toujours défendu des chansons dans lesquelles je croyais vraiment .

Sites de streaming de musique : ça va péter ? ou pas ?

Alors que la webosphère musicale francophone a une légère tendance à se complaire dans un comparatif de Deezer, Spotify et de leur offre premium respective, personne ne semble vraiment tendre une oreille en direction des soutes à bagage. C’est pourtant bien de ce côté qu’il se passe quelque chose… Maman, j’ai peur ! Mais quel est donc ce cliquetis inquiétant ? Horreur Malheur, nous étions assis sur une bombe, et on nous ne l’avez pas dit. Le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise a décidé d’allumer la Fasten Seat Bell ! …Messieurs dames , Vraiment désolé de troubler votre vol en First class … Mais je crains que nous traversions bientôt une zone de turbulence. A moins qu'il ne s'agisse d'une fausse alerte...

La valeur d’une écoute sur un site de streaming … Un vaste débat.

J’ai beau aimer Philippe Astor et ses analyses, lorsqu’il annonce en plein midem dernier que « Deezer n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme de radio interactive » . J’ai en tant qu’ayant droit un peu de mal à le suivre sur cette voie. Et pourtant son raisonnement est d’une logique indiscutable. Après quelques petits calculs, l’écoute d’un titre sur NRJ en 2007 par un seul et unique auditeur rapportait 5 fois moins que sur Deezer. « Le prix de l’interactivité », commente Philippe.

Seulement pour moi les sites de streaming n’ont rien de radio, ni dans ce qu’ils proposent aux auditeurs, c'est-à-dire l’expérience du « On demand » ni dans ce qu’ils proposent aux artistes, c'est-à-dire rien. ;) Lorsque NRJ entre un titre en playlist, elle ne fournit pas à l’auditeur la possibilité d’écouter ce titre tout comme la totalité de l’album dont il est extrait à tout moment et à volonté. Lorsque NRJ diffuse un titre, la station impose le titre à ses auditeurs ce qui a deux conséquences majeures : la radio contribue amplement à sa promotion, sa divulgation et d’autre part assure une rémunération par défaut aux créateurs.
On va sans doute me dire que Myspace et sa ribambelle de clones s’affranchissent de toute forme de rémunération aux ayants droits. Je ne pourrais que répondre que je le regrette infiniment. (et encore, je me trouve bien sage dans la formulation) Mais il faut aussi avouer que Myspace fournit un service, des outils de promotions aux artistes. Il y a la notion de « en l’échange de ». Du côté des sites de streaming ? Qu’est il proposé aux artistes ? Si ce n’est cette maigre rémunération… et un cadeau dont nous nous serions tous bien passé :

La capacité de nuisance sur les ventes …
Voilà sans doute le point que nous avons tous sous estimé : Elle est non quantifiée et non quantifiable. Existe-t-elle d’ailleurs vraiment ? Si oui de quel ordre est elle ? Que le streaming légal ne rapporte presque rien, soit mais si il venait à impacter fortement les ventes déjà en chute libre , que de devrions nous penser ou faire ?
Il suffit de voir certains catalogues de sites de streaming se déplumer de semaines en semaines, ou l’absence de plus en plus de nouveautés pour comprendre qu’un bon nombre d’ayant droits ont déjà tranché sur la question. Sans me lancer dans la futurologie ou l’Attalisme, je crains que le phénomène gagne en intensité. Nous pourrions même voir bientôt un peu comme dans le cinéma, une distribution temporisée, sur plusieurs circuits. De la même manière qu’un film est exploité en salle, puis en dvd puis en télévision … Le site de streaming constituant le bout de chaîne.
Autant dire qu’il s’agirait d’un véritable scénario catastrophe pour les acteurs de la musique streamée qui lancent en ce moment des offres premiums. S’ils se retrouveraient à faire payer l’accès à un back catalogue, la capacité de séduction de ces offres en prendrait un sacré coup.


à la recherche d’un point d’équilibre …
C’est justement cette idée d’équilibre , de gagnant-gagnant qui n’a pas encore été trouvé entre sites de streaming et les ayant droits. Il est urgent de l’envisager comme un objectif commun à ces deux parties. C'est-à-dire mettre sur la table la revalorisation des rémunérations et la façon dont les streams sont décomptés par ces plates formes. Point incroyablement toujours aussi opaque. La distribution numérique est basée sur la confiance, une confiance qui ne demande qu'à se construire...sur de la transparence et sur l'écoute (sans jeu de mot) des ayants droits.




Leee John (Imagination) :"je déteste le côté business..."

C’est avec un immense plaisir, que « le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » reçoit Mr Leee John sur son canapé. Le chanteur du mythique groupe « Imagination » à qui l’on doit une série de tubes planétaires ( Just an illusion , Flashback, Music & lights, Body talk et j’en passe) revient sur son succès, les années 80 et partage avec nous sa vision du métier. Et c’est à lire en français et en anglais …


Bonjour Leee et mille fois merci d’accepter de répondre à mes question. Tu as connu un succès planétaire avec Imagination dans les années 80. Comment est tu sorti de cela ? Comment t’es tu retrouvé en tant qu’artiste ? Quand on a connu une telle reconnaissance, dans le monde entier, comment revient on à l’essentiel , c’est à dire à l’envie de faire de la musique ?

Cela fait 25 ans que je suis artiste et J'AIME LA MUSIQUE et me produire sur scène mais je déteste le côté business qui est cependant important pour garder une cohérence et construire une carrière. La reconnaissance est grande du côté des fans et transparait dans le business de la musique mais même si j'ai eu un succès mondial, pour moi c'est un boulot que je fais car je crois au côté artistique d'abord, ce qui me permet de garder un équilibre.



Les jeunes artistes disent souvent que c’était plus facile de se faire une place dans le petit mon de la musique avant . Toi dont la carrière a traversé trois décennies , que penses tu de cela ? Dis Leee , c’était mieux avant ?

OUI ET NON c'était plus facile à un certain degré mais il n'y avait pas internet, les ordinateurs étaient tout nouveaux, il y avait une inexpérience ce de côté là, plus d'ambition et un VRAI talent. Aujourd'hui, il y a tellement d'émissions de télé-réalité qu'il est difficile de différencier une célébrité issue de cette télé réalité d'un vrai artiste. La musique jouée LIVE sur scène est la seule marque d'un vrai artiste.


Aujourd’hui Leee John , c’est un album de jazz, un quartet qui a tourné dans l’Europe entière et c’est aussi des singles plus axé « electro » « dancefloor »… Qu’est ce qui te plait le plus ? Et finalement cette image d’artiste multi-facette n’est elle pas un peu ta signature ? Qu’est ce qui te guide dans tes choix artistiques ?

J'aime tous les types de musique, jazz, dance, pop, soul, r'n'b. J'ai des goûts éclectiques et ça m'aide à garder un esprit ouvert pour créer, écrire mais c'est le public qui garde l'artiste vivant. aujourd'hui c'est un marché du single parce que les gens téléchargent le titre qu'ils aiment et la vidéo qui va avec la chanson. Ce format ne t'invite pas à découvrir l'album à moins d'aimer réellement la musique.


Est ce que tu es branché internet ? Est ce que tu t’occupes toi même de ton myspace ? De ton site ? Ou pas du tout ?

J'ai 4 sites internet www.leeejohn.com, sensuality.co.uk, www.feelmysoul.co.uk,www.flashbackproject.org.uk
(site pour le film que je co-produis sur la black music en Royaume uni dans les années 70-80)
J'ai aussi une page facebook et myspace. Je trouve que l'internet est un bon moyen de toucher les anciens et les nouveaux fans, de leur faire entendre différentes versions de ma musique. j'utilise aussi un nouveau réseau de promotion en ligne.
on peut donc dire que LEEE JOHN de IMAGINATION est très 21ème siècle.


Si je te parle de téléchargement illégal et des difficultés que rencontre aujourd’hui l’industrie musicale , qu’est ce que ça t’inspire ? Quelle est ta vision sur ce qui est proposé aujourd’hui aux artistes ?


Le téléchargement détruit réellement l'industrie musicale. ceci n'aide pas les NOUVEAUX artistes à se développer puisque leur travail sera pillé. Les gouvernements doivent s'organiser pour controler le piratage et aider la musique à respirer de nouveau.L'INSPIRATION vient de l'ESPRIT du CORPS et de l'ÂME.


As tu des projets ? Des confidences à nous faire ?

Je prépare une tournée anniversaire d'IMAGINATION,une tournée FLASHBACK au royaune uni avec de nombreux artistes de mon documentaire et un livre à but humanitaire dont les recettes iront à SOS CHILDRENS CHARITY worldwide orphans "FROM WITHIN THE HEART - by Lee John" que l'on peut acheter en ligne www.bankhousebooks.com


Mon single SENSUALITY _ CD/DVD sort en novembre en physique chez TOPPLERS distribution en france et ailleurs, et est téléchargeable sur ITUNES.

Leee John (Imagination) "I hate the business side..."

Hello Leee and a thousand thank you for accepting to answer my question.You have been a worldwide success with Imagination in the 80s.
How do you get out of this? How did you solved as artist? When we experienced such a recognition in the world Integer, how it comes back to basics, the desire to Make music?

I HAVE been an artist for over 25 years in the business and I LOVE THE MUSIC and the performing but hate the business side which is important to maintain consistancy and have a career . Recognition is great from the fans and peers in the music business but though i have had world wide success its for me a JOB i do because i beleive in the artistic side first so it keeps my mind on a cool level to maintain balance.


Young artists often say that it was easier to a place in the small of my music before. Thou whose Career through three decades, what do you think of this? Tell Leee was better before?

YES AND NO it was easier to a degree but there was no internet , computers were very new , there was a RAWNESS , there was more ambition and REAL talent today there are so many reality shows , it is hard to know the difference between a celebrity tv performer and a real entertainer . LIVE MUSIC on stage is thetrue testament to a real artist .


Today Leee John is a jazz album, a quartet that has shot in the whole Europe and is also more singles-oriented "Electro "dancefloor" ... What you like most? And Finally picture of this multi-faceted artist is not it a bit Your signature? What guides you in your artistic choice?

I love all types of music jazz , dance , pop , soul ,r n b . i have eclectic taste and that keeps my spirit fresh with new ideas to create , and write But its audiences that keep the artist alive. Right now it is a singles market because people download the track they like and the video to go with the song and this format does not introduce you to the album of the artist unless you are really into music


Is what you are into internet? Do you care now Even your myspace? Your site? Or not at all?

I have 4 websites www.leeejohn.com, sensualitylj.co.uk, www.feelmysoul.co.uk,www.flashbackproject.org.uk
( IT IS THE SITE FOR MY FILM I AM COPRODUCING ON UK BLACK MUSIC 70s /80s )

plus i have face book , myspace so i have found he internet a good way to reach out to old and new fans , put out music that they could not get from me before different mixes , there is a new online digital promotion network i also use for promotion so LEEE JOHN of IMAGINATION is VERY or TRES 21st century.

If I'm talking about illegal downloading and difficulties meeting today's music industry, what does it Inspires you? What is your vision of what is now proposed Artists?

Downloading does destroy the industry , it does not encourage NEW artists to develop because there work will get pirated , governments need to organize away to control this piracy so MUSIC can once again BREATHE .INSPIRATION comes from the MIND BODY AND SOUL.


Have you any plans? Confided to us?

Im preparing for an IMAGINATION anniversary tour , and a uk FLASHBACK tour with may artists from my documentary , i have a charity book www.bankhousebooks.com


FROM WITHIN THE HEART - by LEEE JOHN it is a charity book the money goes to SOS CHILDRENS CHARITY worldwide orphans , SENSUALITY _ CD/DVD is released in november on the physical release on TOPPLERS distribution . TOPPLERS.com in france and other territories , and on ITUNES to download.

Hocus pocus, pensée magique et autres marketing tips...

Depuis des années, avec une remarquable constance, se succèdent d’étourdissantes démonstrations aux accroches racoleuses : 1000 fans pour réussir, donnez votre musique, et j’en passe ... La réalité , c’est qu’on est souvent plus proche du stand up bordé de bonne foi que de la proposition éclairée. Le "blog d'un artiste en développement dans un monde en crise" s'arrête sur les nouvelles religions de la musique en ligne ... Et vous livre le fond de sa pensée.

Ma première réaction...
...est de me demander si les gens qui se sont fait une spécialité de l’exercice (un peu comme Attali s’est spécialisé dans les prédictions d’après coup) ont vraiment appliqué les conseils et l’expertise qu’ils débitent à longueur d’article, de pdf et conférence . Qu’on me pardonne de ramener Sartre dans le débat, mais puisqu’on est rien d’autre que sa vie, faisons là à la Tapies, c'est-à-dire un peu plus avec les mains et un peu moins avec la bouche. Bref, tu parles ok , mais t’as fait quoi dans la musique déjà ? ça n’ a l’air de rien, mais c’est un pré requis dont beaucoup de bons conseilleurs s’affranchissent.


L’autre versant de l’édifice, c’est que si on regarde le top 30 des ventes du moment à l’instant T , on peut voir que bien peu des artistes qui y sont présents ont appliqué ces précieuses théories, et lorsque c’est le cas (car on a de cesse de nous ramener l’exemple de Radiohead ou autres ), il n’est pas facile d’extraire de l’ensemble d’éléments constituant un succès ce qui est attribuable à ces solutions vertueuses. Je vais aller plus loin encore, au fond si ces artistes s’étaient contentés d’appliquer ces marketing tips, ils ne seraient certainement pas dans le top 30 des ventes aujourd’hui.

Je ne rejette pas d’un revers idéologique toute notion de marketing, comme un jeune artiste effarouché, « cachez ce sein que je ne saurai voir ». Je pense simplement qu’on ne peut pas vendre de la musique comme des pneus, de la pop comme de l’instrumental ancien, ni du Carl Cox comme du Bob Sinclar. La « marketing pour tous » rentre en profonde contradiction avec l’essence même de la création artistique et l’artiste lui même: la trajectoire personnel. Chaque artiste est et a son propre modèle. Vouloir définir un parcours rationnel de l’artiste au public, du producteur au consommateur et vouloir faire passer ce parcours par A puis B et globalement par autant de points qu’il existe de soit disant passages obligés. Je veux dire par là modéliser ce cheminement est pour moi une cause perdue. (J’écrirai plus tard sur l’acceptation de ces modèles par les artistes, les pros de la musique eux même et les conséquences qui en découlent)

Fournir une vue éclatée du moteur d’un succès pourquoi pas ? A condition de bien saisir qu’on est dans une analyse d’après coup. Je veux dire par là qu’il est à mes yeux nécessaire d’écarter la notion de reproductibilité .

Ma deuxième réaction prend la forme d’une interrogation...
De quoi est on en train de parler ?


Revenons aux postulats qui permettent la construction des « abracadabra » et de ces « to do list ». D’un part il est quasi impossible d’avoir une vision neutre et objective de ce qu’est l’industrie musicale. Quelle que soit votre position sur l’échiquier du petit monde de la musique, vous n’observez l’édifice que par un angle de vision réduit. Je ne dis pas que les visions exposées sont fausses, je dis qu’elles sont partielles. J’ai ma propre vision, un consultant comme Frédéric Neff va avoir la sienne… Il me semble plus intéressant d’investir de l’énergie dans la découverte de ces points de vues que dans l’élaboration d’un discours forcément partial et simpliste et dans lequel je me permettrai de donner des conseils. Bien loin de moi l’idée d’avoir la clé d’une porte sans serrure …


D’autre part, dans ces discours rationalisants, on manipule un vocabulaire, des pré-constructions intellectuelles voir idéologiques sans définition ni fondement. Quand je lis vendre de la musique, c’est vendre une relation fan artiste, soit peut être. Oui je suis assez d’accord. Mais n’est ce que ça ? Prenons un autre exemple, on parle de succès. Mais qu’est ce que le succès pour un artiste ?

Bref , ce que je veux vous dire, c’est que perdu dans cette foire à l’expertise, plus j’avance , moins j’ai de conseil à donner et plus je me pose de questions…

Il ne s’agit pas de pointer du doigt ceux qui nous abreuvent de ce coaching non sollicité. Je crois qu’il le font avec une sincérité d’un part et d’autre part pour se vendre , ce que je ne trouve pas choquant. (Même si il faut quand même être un peu naïf pour débarquer dans une univers qu'on fantasme plus qu'on ne le connait et s'imaginer qu'on a la solution à tout ) Il ne s’agit pas non plus de pointer du doigt ceux qui les suivent religieusement. Chacun a le droit de croire ce qu’il souhaite , pensée magique ou pas, et de choisir son prêcheur …


La peaudecaste : Mon intervention sur Radio Neo...

Radioneo m’a demandé hier, un peu à la dernière minute d’intervenir dans une émission consacrée aux labels participatifs ou pour être plus précis au site belge AKA MUSIC. Je me suis plié à l’exercice un peu frustrant ;) de répondre à 5 questions en 5 minutes sur un sujet vaste comme le Colorado. Pour ceux qui ne sont pas sur Paris, Bourges ou Toulouse où la station squatte la bande FM, « le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise » s’est fendu d’un podcast.

Sinon comme l’indique Manu à la fin de l’émission, j’interviendrai de temps en temps dans l’émission « Le Labo » sur Radioneo pour parler de tout ce qui se passe dans le petit monde de la musique en ligne.


Boogers (sélection Fair 2010): "les excès des maisons de disques sont une des explications de la situation actuelle"

Il y a quelques jours, j’ai reçu la compilation de la sélection du Fair 2010. Je vais vous faire cadeau des formules consacrées ( il y a de quoi fair et autres … ) mais quelques artistes m’ont tapé dans l’oreille. (Aiyyeu !!! ) Je suis est donc allé demander à l’un d’eux de se poser quelques instants sur le canapé du blog d’un artiste en développement dans un monde en crise.








1- Salut Chacha et merci d’accepter de te poser quelques minutes dans le canapé d’un blog d’un artiste en développement dans un monde en crise. ça va t’es bien installé ? tu veux qu’on monte le chauffage ?

Oui ca va bien, je suis bien installé. La crise je m'assois dessus.

2 – Tu fais partie de la sélection du Fair 2010. Comment as-tu accueilli la nouvelle ? Quelles sont tes attentes vis-à-vis de cet accompagnement qui tombe plutôt bien puisque ton album sort début 2010 ?

C'est plutôt une bonne nouvelle d'être au Fair, c'est un gros bonus pour l'accompagnement. ca fait plutôt plaisir d'être pris en main par des gens compétents.


3 – Est ce que tu peux nous dire par quelle porte tu es entré dans le métier ? Quelles ont été les étapes et les rencontres de ton développement artistique ? En gros mais comment en es tu arrivé là ?

J'ai commencé par faire de la batterie vers 15 ans dans diverses formations de la ville de Tours, et puis j'ai fais un peu de radio à radio beton ca a vraiment commencé à être sérieux quand je suis devenu batteur de Rubin Steiner. A coté de ca j'ai toujours fais Boogers depuis l'age de 13 ans à m'enregistrer dans ma chambre pendant des heures.


4 – Internet, pour les musiciens est à la fois un formidable moyen de se faire connaître mais aussi un moyen très efficace de ne pas se faire une tune. Si je te parle de téléchargement, de site de streaming, tu dis quoi ? Quel est ton regard d’artiste sur l’industrie musicale ?

Ben en fait je crois que je m'en fous un peu, y'aura toujours des arnaqueurs et des arnaqués. Le téléchargement c'est surtout pratique, après gratuit ou pas, chacun fait comme il veut. Je découvre en ce moment même cette fameuse industrie musicale et je crois que les excès des maisons de disques durant les années 80 et 90 sont une des explications de la situation actuelle. Je ne plaindrai jamais les grosses majors!


5 – Tu es du genre à gérer toi-même ta promo sur internet ou à tout sous traiter ? Est-ce que tu penses que ça fait partie du boulot d’artiste de s’occuper de ça ?

Pour la promo sur internet c'est très simple, une page my space et des vidéos sur dailymotion et you tube. Ca a été pour moi le moyen le plus efficace de faire découvrir ma musique. Pour la sortie de l'album c'est quelqu'un qui va s'occuper de cette partie du travail. Je pense qu'un musicien doit participer à toutes les étapes de la vie de son projet, on est jamais mieux servi que par soi même.


6 – Dans le tapis d’activité d’un artiste aujourd’hui, à quelle place déposes tu la carte live ? Qu’est ce qui te plait le plus , la création en studio , l’écriture ? La scène ?

J'ai pas de préférence, c'est un tout. J'écris, j'enregistre et je fais des concerts tout le temps. Le live c'est pour moi la digestion du projet, un exutoire aussi.

7 – Tu as un message à faire passer à tous ceux dont la candidature n’a pas été retenue pour le Fair 2010 ?

Euh, ce sera pour une autre fois les gars, pensez à changer vos cordes de guitare pour l'année prochaine.

8 - Merci encore ! Tu reviendras nous faire un coucou et nous dire comment tu vécu l'année 2010 ? On se donne rendez vous dans un an ?

Je vous tiens au jus ( d'as priest)


Pour découvrir Boogers, ça se passe sur myspace:
http://www.myspace.com/musicboogers