Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

Dans l’ère post Myspace, Le musique dites libre a-t-elle encore du sens ?

Alors qu’Electron libre annonce le licenciement des 15 employés de Jamendo suite à l’échec d’une levée de fond, le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise s’interroge.Puisque que tout dans le petit monde de la musique semble désormais tendre vers les flux et le streaming, qu’il soit financé par la publicité ou par un abonnement, la musique dite libre aura-t-elle encore du sens demain ?






Pourquoi donner sa musique ?


Les motivations qui peuvent pousser un artiste à diffuser sa musique par ce biais sont très diverses.. Définir la culture comme étant un produit devant être accessible à tous est une idée fort respectable. Enfin je trouve. Ce discours idéologique s’accompagne souvent d’un rejet de l’économie de marché, de l’industrie musicale et de TF1. Il est aussi assez commun de percevoir dans le discours des acteurs du libre : Un espoir un peu vain de déstabilisation progressive de l’industrie musicale accompagnée d' une vrai bio diversité des discours .On accuse volontiers le voisin de pas « être si libre que ça ». Comme quoi la musique , c'est quand même plus facile à partager que les opinions. Mais du côté des artistes un argument revient en boucle depuis des lustre : la vertu promotionnelle.


Il faut préciser que les artistes ayant confié la gestion de leur droit à la SACEM sont en théorie entravés dans la diffusion de leur musique sur internet. La Sacem délivre des autorisations de diffusions à ses sociétaires mais celle-ci sont particulièrement restrictives. (pas de téléchargement , 1 seul site : celui de l’artiste , etc… ). Dans la pratique, c’est la politique de la main sur les yeux. Je ne connais pas personnellement de cas d’artiste sociétaire rappelé à l’ordre par la Sacem pour avoir déposer ses chansons sur myspace. Mais je ne désespère pas… La musique libre viendrait donc d’une part apporter une réponse à cette question technique, d’autre part elle permettrait grâce à une diffusion sans contrepartie d’assurer la promotion de l’artiste. Libre a lui de financer sa création par ses prestations scéniques, la vente de T-shirt, de pins et de Sex toy « parlant » (pourquoi pas , ne soyons pas des freins à l'innovation ) à son effigie… Outre le fait qu’on est un peu en train de proposer à des producteurs de céréale de vendre des tours de tracteurs, il faut s’arrêter sur une réalité. A ce jour, les artiste émergeants ayant validé ce modèle ne courent pas les rues. Bref la diffusion libre des contenus butte à la question fondamentale : Qui finance la création ?


La gratuité est elle encore un argument ?

Et nous voilà dans le centre du débat. Lorsque l’on peut gratuitement écouter « Rihanna » sur myspace, Deezer, Spotify, voir télécharger ses chansons en échange d’un peu de publicité sur Beezik, la gratuité d’un artiste inconnu est elle un argument ? Je crains que non. Et si demain la vente et le téléchargement au détail disparaît au profit des sites de streaming , que voudra dire diffuser gratuitement sa musique ? Faire cadeau des droits générés ? A cela , Jamendo avait apporté un début de réponse en incluant dans ses programmes rémunérateurs pour artiste la possibilité d’être "streamé" sur Deezer. Le terrain est glissant puisqu’il met les artistes en position d’être rémunérés pour de l’écoute tout en étant téléchargeables gratuitement. Un véritable paradoxe des temps numériques !

La musique libre telle que nous l’avons connu a-t-elle vécu ? Jamendo et les autres plates formes du libre trouveront-elle une place dans la paysage musical de demain ?


7 commentaires:

  1. Frédéric Neff a dit…
     

    Parler de musique libre, c'est parler du "libre". on a un tronc commun du "libre" allant d'open office au CC. Tu touche à l'un tu touche à l'autre.
    Autant la mise à disposition d'outil évolutif (linux, firefox, openoffice) peut avoir du sens avec le web, autant sa transcription sur le contenu ne me parait pas toujours pertinente.
    Les CC étaient une solution anti prise de tête" qui facilite la vie du distributeur.
    Alors se priver de ces droits et d'une rémunération pour diffusion par idéologie pourquoi pas... mais pour quoi faire ?

  2. Yannick (Euterpia Radio) a dit…
     

    Diffuser la musique librement, c'est permettre à des milliers de podcasts et de radios en ligne de la diffuser légalement. De la promo gratuite et légale. Chose qui n'est pas possible avec une œuvre non libre, même si on peut l'acquérir gratuitement sur Beezik.
    Point n'est besoin de diffuser tout un album. Quelques titres bien choisis, mis à disposition légalement et gratuitement, peuvent déclencher un buzz dans le monde du podcast, et permettre à l'artiste de se faire connaitre.
    La musique libre est un autre canal de diffusion et de promotion, qui ne doit pas forcément remplacer la diffusion classique (CD, vente en ligne, streaming payant).

  3. Alto a dit…
     

    @bidule
    Elle n'avait déjà plus de sens avec un piratage devenu une pratique de masse.

    @yannick
    Oui certes, sauf que le buzz n'est jamais venu. A ce jour le libre n'a pas su faire sortir de l'ombre un artiste.

  4. Djyp a dit…
     

    Je ne crois pas que le CC soit seulement une solution pour éviter les prises de tête. Le CC part d'abord du principe qu'on ne peut pas s'approprier du contenu sous la seule idée qu'il a émergé de notre tête. Chacun s'approprie la culture à sa manière pour la rediffuser à son tour (les citations, chanter sa chanson préférée, recopier dans un cahier un texte qui nous a touché, etc ...). Il s'agit plus d'idéologie et c'est là que les auteurs qui se considèrent proriétaires de leurs oeuvres perdent pied.
    Il faut aussi penser au fabuleux pouvoir du CC de protéger des oeuvres dont les auteurs ne souhaitent pas vivre de leur art. Je pense ici à ces nombreux photographes de Flickr qui posent des limites à la réutilisation de leurs photos.
    En ce qui concerne la musique, il est vrai qu'un artiste touche beaucoup moins si ses morceaux sont en CC que si ils sont protégés par la Sacem. Un musicien qui souhaite vivre de son art doit aussi se donner les moyens de vivre décemment et faire appel aux services de la Sacem peut être une meilleure solution, surtout quand il fait beaucoup de concerts.

  5. Bidibule a dit…
     

    "Le CC part d'abord du principe qu'on ne peut pas s'approprier du contenu sous la seule idée qu'il a émergé de notre tête."

    J'adore ...

  6. Stan a dit…
     

    "Les CC étaient une solution anti prise de tête"

    Un peu, mais c'est aussi un formidable moyen d'inciter les gens à partager et réutiliser les oeuvres de manière "responsable" (respect de la paternité notamment).

    Il n'y a pas que l'écoute gratuite qui soit facilitée par les CC mais aussi la réutilisation. un bon remix peut aussi faire connaitre une chanson.

  7. Bidibule a dit…
     

    Tout à fait Stan ! C'est très sympa pour les remix, lorsque le type de licence CC le permet. (Même si quelque part, les CC n'ont pas inventé la possibilité de remix , entendons nous bien).

    Tu as raison de rappelle la notion de paternité dans le cadre des CC, car on lis souvent des choses assez drôle là dessus. Pas plus tard que la semaine dernière , un article de Numerama à propos de la plate forme Soun Music qui diffuse des oeuvres en CC présentait la démarche de la façon suivante : "les auteurs qui font la démarche de ne pas s'approprier leur création."

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