Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

Revenus de la musique numérique: Sommes nous tous égaux ?

Le spectre de la gestion collective planant au dessus de la croisette, le petit monde de la distribution numérique , ce joyeux far west ou un indien ne retrouverait pas sa tente, a beaucoup été discuté ces derniers jours dans les couloirs du MIDEM. Il m’est difficile de ne pas vous recommander en guise d’introduction la lecture de l’excellent article du non moins excellent Philippe Astor sur la réalité des revenus numériques.
Vous y apprendrez que sur un téléchargement, les plates formes payent la même chose aux majors et aux indépendants … Et nous allons voir comment et pourquoi à l’arrivée personne ne touche la même chose.

Pourquoi les majors gagnent plus ?

Le premier élément à prendre en compte c’est que les majors assurent elle-même la distribution de leur catalogue. Si les revenus générés par un téléchargement ne sont donc pas amputés de la part d’un distributeur externe, il faut considérer qu’il existe aussi un coût de distribution en interne pour Universal , Sony et autres. On peut par contre légitimement présumer que ce coût est moindre. ( Du moins on leur souhaite) . L’autre versant de la montagne , ce sont les avances recoupables exigées par les majors. En off, un fondateur d’une plate forme de téléchargement m’ a confié qu’Universal lui demandait 10 000€/mois pour l’exploitation de son catalogue sous forme de téléchargement à l’acte. Et que le total des avances recoupables à l’année pour vendre le catalogue majors s’élevait au-delà des 250 000€ par an. Soit exactement le prix du développement de la plate forme en question. Vu sous cet angle , on comprend la sensation d’étouffement ressentie par les acteurs du secteur. D’où la question : Les avances des majors sont elles pour autant scandaleuses ? Je ne le pense pas. (Non je n’ai pas abusé de l’open bar à la soirée Pschent , enfin si mais cela n’a rien à voir) Premièrement parce que si le public va aujourd’hui sur ces plates formes, c’est principalement grâce et pour ce catalogue. Deuxièmement, la suppression des avances pour les majors ne veut pas dire que les indépendants vont se mettre à en toucher. Et enfin, je pense que ces avances jouent un rôle régulateur sur le marché. Personne ( et en particulier les indépendants) n’aurait intérêt à voir éclore des dizaines de plates formes qui finiront par poser la clé sous la porte dans 24 mois sans payer les ayants droits.

Les indépendants sont ils égaux ?

Il est toujours difficile de parler des indépendants de façon générale puisque du petit autoproduit qui a monté son label sous forme associative à Naïve, il y un fossé en terme de réalité et de moyen. Une disparité que l’on retrouve aussi dans la distribution numérique. C’est tout d’abord dans les conditions contractuelles entre les indés et les distributeurs numérique que cette inégalité réside. La part retenue varie d’un distributeur à un autre mais aussi parfois d’un label/artiste à un autre chez le même distributeur. Comprenez qu’un petit artiste signé en direct chez Believe ne touchera vraisemblablement que 50%. Un label pourra négocier un meilleur taux. C’est sur ce point précis que la distribution numérique pour les indés devient complexe car on arrive très vite à des situations rocambolesques où la chaîne de distribution la plus courte n’est pas forcement la plus rentable. Il est parfois plus avantagueux de signer sa distri avec un intermédiaire qui a bien signé avec Believe, que de le faire en direct avec ce dernier.

L’autre zone d’ombre concerne le streaming, où les distributeurs s’entendent avec les plates formes sur une rémunération. On me souffle à l’oreille gauche qu’il existerait plusieurs types d’entente et des rémunérations aux streams pouvant varier d’un rapport de 1 à 4 selon le distributeur et la plate forme. Ces informations sont à mettre entre guillemets. Reste qu’il est extrêmement difficile d’y voir clair sur les revenus du numérique et que de toute évidence des disparités existent aussi entre les indépendants.

5 commentaires:

  1. Frédéric Neff a dit…
     

    250 000 euros d'avance c'est le coût quand on bosse sur le marché francophone.
    Quand aux revenus de streaming, il faut savoir choisir l'acteur qui négocie au mieux avec les sites. Reste le même problème dans ce genre de deal, doit on ou pas signer avec tel ou tel site si les revenus son si bas ou si l'audience ests i faible. Je ne crois pas que les avances ai un si gros rôle de régulateur sur l'offre de stream et donwload.

  2. Bidibule a dit…
     

    Bonne précision pour le territoire français. Visiblement Jiwa paye beaucoup plus, du moins c'est ce qu'ils disent sur electron libre.

    Pour la régulation, bah le problème c'est qu'on ne peut que spéculer ( du moins pour le moment)

  3. Anonyme a dit…
     

    hello,
    en parlant de MIDEM (pardon si le post n'est pas au bon endroit) on a l'impression qu'il y a surtout des vendeurs de musiques mais pas d'acheteur ...

    qu'en pensez vous ?

    zgo

  4. Bidibule a dit…
     

    Acheteur ? C'est à dire ? Tu veux parler du public ? Le Midem est un salon clairement professionnel. (1025 € HT l'accréditation, ça calme même les passionnées)

  5. Bidibule a dit…
     

    Passionnées au féminin lol Lapsus révélateur !

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