Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

Financement de la création: Vers un business du don ?


Après Moozar et son don réconciliateur, voilà que Flattr et son micro paiement social pointe le bout de son nez. Lancé par le fondateur de "The pirate bay", Flattr va permettre aux internautes de rémunérer les créateurs de tout poil ( blogueurs, musiciens, photographes, cinéastes, podcasteurs et j’en passe …) grâce à un modèle pour le moins original. Les utilisateurs verseront chaque mois sur leur compte Flattr une somme de leur choix , et cette dernière devrait être repartie à tous les créateurs que l’internaute à décidé de soutenir. La plate forme a été lancé en phase bêta le 11 février dernier et l’inscription se fait par un système d’invitation.

Une idée neuve ?
L’avenir du financement de la création est il le don ? L’idée n’est pas nouvelle. En 2005, le E-label associatif parisien « La musique n’a pas de prix » proposait la téléchargement des artistes de son catalogue en laissant aux internautes la possibilité de soutenir l’initiative par un don. L’idée fut ensuite reprise par Jamendo, la plate forme de musique libre aujourd’hui en difficulté après une levée de fond manquée.

Les limites du système…
C’est finalement plus dans son fonctionnement et dans l’organisation des micro-répartitions que Flattr innove. La première limite de ce système est à chercher du côté du nombre d’utilisateurs qui feront l’effort de soutenir la création par ce biais. Si l’idée est globalement séduisante, et que nombre de blogueurs ou internautes se montrent enthousiastes.Combien franchiront le pas ? A la lumière des expériences passées, l’optimisme est il encore possible ?

“Many large streams will form a river."
L’autre problématique posée par Flattr réside dans le fractionnement des dons. Comme l’explique fort bien la vidéo de présentation ci dessus, plus l’internaute décidera de soutenir des créateurs , plus la rémunération par créateur sera faible. L’essentiel de la promesse faite par le fondateur de "the Pirate Bay" aux créateurs tient donc dans la phrase « les petits cours d’eau feront de grande rivières ».

Enfin, tout comme Moozar, Flattr n’est pas légalement utilisable par les artistes ayant cédé la gestion de leurs droits à une société de gestion de droit d’auteur comme la SACEM ou la SABAM . Ni même par ceux ayant signé des contrats de distribution numérique incluant des clauses d’exclusivité. Les créateurs devront être les seuls et uniques "ayant droit" des œuvres diffusées ( C'est à dire producteur, auteur, interprète, etc ) . Bref si ces systèmes a un sens dans le cadre des œuvres diffusées sous licences dites libres, nous sommes donc encore très loin d’une solution globale de financement de la création.Et donc très proche du don "à la jamendo"

Vers un business du don ?
Et comme bien sûr tout travail mérite salaire, Flattr ponctionnera 10% des sommes versées par les internautes aux créateurs. De son côté, Moozar partagera avec ses sites partenaires 20% des dons ou indemnités.Sommes nous en train de basculer vers un business du don ?

Je vous propose donc de partager votre avis : Êtes vous prêts en tant qu'internaute ou créateur à utiliser Flattr ou Moozar ?





3 commentaires:

  1. Valoche a dit…
     

    "Enfin, tout comme Moozar, Flattr n’est pas légalement utilisable par les artistes ayant cédé la gestion de leurs droits à une société de gestion de droit d’auteur comme la SACEM ou la SABAM ."

    Pas d'accord du tout (ou alors je n'ai pas compris).
    Moozar propose une réconciliation sur une oeuvre. Effectivement, si l'artiste/auteur a cédé une partie des droits à la SACEM ou à un label ou que sais-je encore, ça n'a pas de sens.

    Pour flatr, il ne s'agit pas de rétribuer l'utilisation d'une chanson, ou le fait d'avoir écouté piraté. C'est juste "c'est cool, je donne 10 cents".
    Pas 10 cents pour avoir écouté 5 fois la chanson. Non 10 cents pour ce site.

    Ca ne veut pas dire que c'est limpide, ni que la SACEM ne pourrait pas réclamer une partie. Mais on est quand même dans une démarche différente. Il me semble.

  2. Bidibule a dit…
     

    Moi je crois qu'on est d'accord. Tu remarqueras que j'ai d'ailleurs malicieusement titré ce billet « Financement de la création: Vers un business du don ? » . L'idée ici n'est pas de définir avec exactitude la démarche « vendue » car de toute façon , je la trouve relativement mal définie à l'inverse du process qui lui est très détaillé. Et ce au moins autant chez Flattr que Moozar. Au passage Moozar ne collecte pas que des indemnités mais aussi des dons … ;)

    Ce qui m'intéresse ici plus c'est de porter une réflexion sur ces modes alternatifs de financement de la création. C'est à dire me poser une question en tant que créateur: Tiens ! Qu'est ce qu'on me propose là ? Est ce que je trouve ça juste ?

  3. Valoche a dit…
     

    oui effectivement on doit être d'accord.

    Mais ton sondage qui met flattr et moozar dans le même sac, ben, non.
    Je peux pas y répondre.

    C'est comme demander à un amateur de voiture s'il aime les voitures (Porsche, Lada) ou pas.

    Héhéhé mais bon, je dis ça je dis rien...

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