Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

La crise de confiance touche My Major Company ?

Il aurait été bien naïf de penser que la liquidation judiciaire de Spidart serait sans conséquences sur l 'avenir des autres sites de production communautaire.Du côté du label participatif "star" My Major Company: L'optimiste message envoyé aux internautes en fin de semaine dernière a-t-il eu l'effet inverse de celui désiré ? En tous les cas les commentaires se multiplient dénonçant un problème de communication et des changements de règles en cours de jeu. Il faut dire que depuis le printemps dernier My Major Company a considérablement fait évoluer son modèle. Gros plan sur ces changements de la discorde.


Qu'est ce qui a changé ?

Le passage du seuil de production de 70 000€ à 100 000€
Les artistes doivent depuis le printemps dernier réunir 100 000€ pour entrer en phase de production. 30 000€ de plus ( 42% du seuil initial ) justifiés par la volonté de MMC de produire et promouvoir les artistes dans de bonnes conditions mais qui n'est pas sans conséquences pour les internautes investisseurs. En effet , il faudra désormais vendre plus de disques pour espérer récupérer, voir gagner de l'argent. Lorsque l'on sait qu'à l'époque du palier à 70 000€ , il fallait déjà vendre 48 000 exemplaires ( pratiquement un disque d'or) pour récupérer sa mise. Je vous laisse en tirer vos propres conclusions.

La mise en place d'un mécanisme anti spéculatif de Jauge
Autre nouveauté , La mise en place d'un mécanisme anti-spéculatif de jauge ou la mise de chaque internaute est plafonnée à 1000€ puis diminue de 100€ par pallier de 10 000€ de mise atteint.

Ex :
De 0 € à 10 000 € : 1 000 €
De 10 000 € à 20 000 € : 800 €
De 20 000 € à 30 000 € : 600 €
De 30 000 € à 40 000 € : 400 €
De 40 000 € à 50 000 € : 200 €
De 50 000 € à 100 000 € :100 €

L'idée de départ est d'empêcher le jeu spéculatif et en même temps pour ne pas dire surtout ( il ne faut pas le cacher) de freiner la production des artistes. Une vingtaine d'album sont en phase de production chez MMC (et certains depuis longtemps), d'autres le seront prochainement, il est indispensable de revenir à un rythme plus rationnel.

Là dessus encore , les explications de MMC me laissent perplexe. Je cite
« Nous voulons enfin souligner que c'est un sacrifice financier pour nous de limiter les mises. Un sacrifice que nous sommes les seuls à faire dans le monde participatif. Si tous nos concurrents courent après les mises des internautes, ça n'est certainement pas parce qu'ils ont mal fait leurs comptes. »

Alors que dans le même temps, My Major Company a justement fait l’inverse en acceptant plus de 7000 artistes sur sa plate forme. Qui court donc après les mises des internautes ? Et comment réagira la concurrence à ce tacle ?


L'ouverture des vannes à l'inscription
Jusqu'ici la particularité de MMC était d'avoir imposé une direction artistique forte en limitant le nombre d'artistes à produire. Désormais , les vannes sont ouvertes à l'inscription. A ce jour plus de 7000 artistes ont déjà rejoint la plate forme. On peut imaginer que par ce nouveau positionnement MMC souhaite freiner la machine par la simple dispersion des mises … Reste qu'il se pose aussi d'autres questions que j'ai déjà soulevé dans ces colonnes numériques. La machine à vendre du rêve et à fabriquer de la déception est en route.

Un rétribution dégressive
My Major Company a importé le mécanisme de de rétribution dégressive de Your Music Hall.
La rétribution des internautes est désormais variable selon les recettes :
- Entre 0€ et 250 000€ de recettes nettes: 40%;
- Entre 250 000€ et 500 000€ de recettes nettes: 30%;
- Au-delà de 500 000€ de recettes nettes: 20%;

La vertu d'un tel mécanisme est de « faciliter » le retour sur mise. Son effet pervers : Plus l'artiste vends plus la part de My Major Company est grande et celle des internautes faible.


Modification de la durée de rétribution
La durée de cette rétribution a également été modifié. Hier, les internautes touchaient des droits pour une durée de 3 ans à compter du remboursement de leur mise. ( Avec un durée globale ne pouvant excéder 7 ans ) . Désormais ils le sont 3 ans à compter du 1er janvier suivant la sortie du disque.



Communication de crise ? :
Ces multiples adaptations conduisent à l'élaboration d'un produit sophistiqué et complexe. Un produit de moins en moins lisible , de plus en plus difficile à expliquer, à vendre dans un contexte marqué par les mésaventures de Spidart et Sellaband. En pleine pandémie participative alors que les nouveaux acteurs apparaissent de façon hémorragique sur un secteur déjà saturé , la prise de conscience, voir la crise de confiance n'épargnera personne. Les difficultés de communication que rencontre aujourd'hui My Major Company n'ont donc rien d'étonnantes.

Reste que le discours du label participatif « star » laisse apparaître de plus en plus de contradictions et de failles . Et le nombre de réaction dans sa communauté nous informe sur la méfiance des internautes. Il faudra de toute façon bien plus qu’un nouveau succès commercial ou un énième effet de com pour négocier le virage de l’après « tout le monde il est beau , tout le monde il est vertueux » .

2 commentaires:

  1. Pierre a dit…
     

    très intéressante tout ça !
    le monde doit savoir !!

  2. Bidibule a dit…
     

    Je crains vraiment que ce genre de remontée devienne monnaie courante dans les semaines qui viennent.

    Nous allons voir comment My Major Company parvient à surmonter la crise ...

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