Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

My Major Company : La madame tout va bien des labels participatifs

Après le naufrage de Spidart et le rachat de Sellaband, My Major Company avait joué la carte du silence. Mais alors que du côté des médias et de l'internet, le modèle participatif ne déclenche plus les pluies de louanges de jadis, et que les déçus de la production communautaire se multiplient, l'équipe du label , mieux vaut tard que jamais, a décidé de reprendre la parole. L'idée à faire passer aux internautes est simple comme bonjour : My Major Company est le label participatif qui se porte bien. Le blog d'un artiste en développement dans un monde de com décrypte pour vous le message.


Je vais bien, tout va bien...

C'est tout d'abord sur la santé financière du label , que les dirigeants ont logiquement souhaité communiquer. My Major Company est bénéficiaire et a levé à la fin de l'année 2008: 3 millions d'euros auprès du fond de Stéphane Courbit . Mieux encore, l'entreprise a confié à Paul-René Albertini les clés de son développement à l'étranger. Comme d'autres sites de production communautaires l'ont fait auparavant, MMC assure aux internautes que toutes les sommes investies sont placées sur des comptes bloqués et qu'ils sont en droit de demander un remboursement à tout moment.

Entre pédagogie et paradoxe...

L'autre versant du discours est plus pédagogique. L'équipe de MMC lance donc un avertissement aux internautes tentés par l'aventure participative. « Miser sur un artiste , c'est prendre un risque », « miser dans une optique purement spéculative serait un mauvais calcul que nous ne voulons pas encourager. »

Ce qu'il faut en retenir c'est que le mot de « producteur » qui était pourtant le fondement de la communication du label a disparu du discours. On parle désormais de mise, de risque et même mieux on n'hésite pas à tacler la concurrence par un « On ne s'improvise pas producteur de disque, de cinéma ou que sais-je encore. »

Difficile de ne pas voir derrière cet effort pédagogique, se dessiner les paradoxes induits par la communication de lancement. La façon dont ces labels se sont vendus aux internautes. Souvenons nous des « Devenez producteur ! » qui ont accompagné la lancement de Spidart et MMC en France et qui trône encore sur les home-pages de la quasi totalité des Sellabands à la française Je ne peux m'empêcher de voir là une forme de rédemption.

D'autre part , il est sans doute bon de rappeler que le modèle de MMC est celui qui a le plus « tordu »le modèle originel. Un modèle proche de la souscription ou du pré achat. C'est à dire celui de Sellaband. Encore une fois, sur MMC , les internautes investisseurs ne reçoivent pas l'album. Il est donc nettement plus centré sur son volet spéculatif que beaucoup des autres Sellaband à la française.

Un message personnel ? ;)

Un passage est spécifiquement dédié aux journalistes, bloggeurs qui ont tenté de décortiquer de système participatif :
« Les taux de rémunération trompeurs. De nombreux journalistes et bloggeurs par exemple regardent les % sans regarder les assiettes de calcul. Or mieux vaut 30% d'un gros gâteau que 50% d'une faillite! Et mieux vaut 30% d'un album qui se vend à 100 000 exemplaires que 50% d'un album dont personne ne parle. Les taux de rémunération ne veulent rien dire ou presque. Seul le palmarès commercial du site offre une quelconque garantie de rémunération. »


Ne le cachons pas , difficile pour moi de ne pas me sentir un peu visé puisque j’avais publié un comparatif des labels participatifs sur ce blog et sur Ziknblog basé sur ces pourcentages il y a quelques mois entraînant la réaction de Michael Goldman en personne dans ces colonnes numériques … L’argument est tout à fait recevable, j’en conviens. Reste qu’à ce jour ni My Major Company ni d’autres labels participatifs n’ont levé le voile sur les conditions de distribution des artistes qu'ils produisent, rendant la comparaison impossible sur d’autres terrains que celui des pourcentages de répartitions ou celui de la constitution de la fameuse assiette. ( Durée , territoire d’exploitation , droit d’édition ou pas ..Et j'en passe). Et à la lumières de ces éléments , mes conclusions ( qui n'étaient d'ailleurs pas défavorables à My Major Company) restent inchangées.



Que penser de la publication de ce bulletin de santé et des recommandations annexes ?

Il m'apparait logique que My Major Company réagisse et communique alors que nous sommes face à une véritable prise de conscience, voir une crise de confiance. Ce qui me gène un peu c'est qu'aucune réponse n'est apportée aux constats que je faisais sur Europe 1 au micro de Marc Olivier Fogiel. Que penser des 6000 artistes à produire sur My Major Company ? Pourquoi avoir ouvert les vannes aux inscriptions ? Ne sommes nous pas face à une machine à vendre du rêve et à fabriquer des déçus ? Une vingtaine d'artistes à produire et à défendre n'est ce pas déjà trop dans la conjoncture actuelle ?

Mais soyons juste, même si cette prise des parole a des airs de rendez vous manqué, My Major Company reste à mes yeux l'un des seuls acteurs du secteur a avoir apporté la preuve de son savoir faire. Affaire à suivre donc...

Et vous, êtes vous rassurés par les déclarations de My Major Company ? La parole est à vous ?

7 commentaires:

  1. Rimes a dit…
     

    J'aime beaucoup ton blog bidibule, je viens te lire presque chaque jour. Par contre, je te trouve beaucoup trop gentil avec My Major Company. Déjà chez fogiel, tu défendais Joyce Jonathan. Ce que j'arrive déjà difficilement à comprendre. T'as peut être des vues dessus, j'sais pas. mdr Ou peut être que My major c'es devenu tes potes à force ?

    Bref, moi je ne suis pas rassuré par ce genre de discours où ils prennent les gens pour des glans. Et je ne pense pas être le seul.

  2. ben a dit…
     

    Et vous, êtes vous rassurés par les déclarations de My Major Company ?

    ouais c'est cool
    y a quoi à la télé ce soir ?

  3. Bidibule a dit…
     

    @ben
    Il va sans dire que j'adore ce genre de commentaire Mr Pop ...Alors à la télé ce soir:
    TF1: Dr House (Série/Feuilleton)
    F2: Prise directe (Magazine)
    F3: Famille décomposée (Téléfilm)
    C+: Football (Sport)
    F5: A contre-courant (Documentaire)
    M6: Nouvelle Star (Divertissement)

    Si tu veux la météo n'hésite pas ;)

  4. Frédéric Neff a dit…
     

    Il vaut mieux 30% d'un artiste qui vend que 50% d'une faillite. Les producteurs d'Agonie vont adorer.

    Notre armée de label participatif avance dans l'inconnu et MMC, avec sa success story, avance en première ligne. Alors tout réajustement est bon à faire.

    Mais ce discours est un peut en "opposition" avec la branche cinéma de MMC. Le producteur qui intervient une fois le film fait pour payer la promo et qui est "garantit de toucher sa mise, c'est du moins ce que dit son créateur.

    On passe d'une politique de projet suivit de A à Z et l'ouverture des vannes vers tout artistes du dimanche au projet plus ou moins aboutit, on sent une légère incompréhension.

    Pourquoi faire un communiquer qui confirme la bonne santé et l'honnêteté de l MMC quand on constitue d'un autre côté un capital épargne avec les 6000 artistes en devenir aspiré par la machine à rêve.
    L'internaute va toucher 50 ou 30% enfin l'internaute aura surtout perdu son argent dans investissement d'un projet qui n'aboutira jamais, laissant ses rêve "d'accompagnateur depuis le début" sur le côté de la route, avec l'artiste et son refus digital sous forme d'un "t'as pas levé 100 000euros t'a raté ta vie"

  5. Stan a dit…
     

    "mieux vaut 30% d'un gros gâteau que 50% d'une faillite! Et mieux vaut 30% d'un album qui se vend à 100 000 exemplaires que 50% d'un album dont personne ne parle."

    Difficile de dire le contraire. J'ajouterais aussi : "mieux vaut 2000 investisseurs actifs (en termes de promotion voir co-production) que 10000 spéculateurs en attente passive d'un incertain profit." (ou même d'un profit-nain certain^^)

    Il faudrait peut etre se reconcentrer sur cette problématique, non ? J'aimerais bien savoir quelles sont les différences majeurs entre les différents labels participatifs à ce jour.

  6. Bidibule a dit…
     

    @fred

    Ceux de Thierry de Cara aussi , visiblement 1000 exemplaires écoulés.

    Tu fais une très bonne analyse. D'ailleurs, on pourrait aller plus loin tellement les signaux finissent par être contradictoires et le message brouillé ...

    La succes story fait partie du modèle MMC depuis le début ( c'est à dire sa validation par Grégoire.)D'ailleurs le modèle n'est vertueux pour les internautes que dans ce cas précis puisque on est face à une distorsion purement spéculative du modèle originel Sellaband.


    @Stan
    Je publierai cette semaine une mise à jour de mon comparatif ... Car pas mal de choses ont changé

  7. Anonyme a dit…
     

    Les comptes annuels pour l'exercice 2010 ont été déposés le 27/10/2011 sous le numéro 96864 au greffe de PARIS

    Chiffres clés au 31/12/2010
    Chiffre d'affaires : 232 196 €
    Résultat : -3 746 €

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