
Airtist contre attaque !
Le téléchargement de musique financé par la publicité, les deux fondateurs d'Airtist.com le connaissent bien. Ils l'ont même inventé. Faute d'annonceurs , la plate forme Montpellieraine s'était faite doublé par un opportuniste clone Beezik.com . En s'associant à la 4e régie publicitaire internet française Horyzon Media. , Airtist compte bien prendre sa revanche. Au programme l'absence de DRM et du 320 Kbs sur un catalogue de plus de 2500 artistes indépendants et de quelques labels connus : Roy music, Scorpio , XIII Bis records … Pas à pas ...
Pour vous faire une idée du service, je vous propose un pas à pas à comparer à celui de Beezik de ce côté ci du blog.
Enfin, Un peu plus bas, vous trouverez quelques pistes d'analyse... Car le modèle de téléchargement gratuit financé par la publicité n'est pas sans poser de question.
Première étape se créer un compte gratuit sur Airtist.com ( ou pas , comprenez que ce n'est pas indispensable pour tester le service) et partir à l'assaut du catalogue. Une fois votre titre trouvé, il suffit de vérifier sa disponibilité par téléchargement gratuit et de cliquer sur le bouton vert !

Ceci fait il vous faut un choisir un annonceur...

Et en route pour quelques secondes de plaisir publicitaire intense pour ton cerveau disponible ...

Si comme moi, vous comptiez profiter de cette pause pour checker vos mails, ouvrir une autre page web, un petit rappel à l'ordre ...

C'est à ce moment là qu'Airtist s'allume une cigarette et te sort "Alors, Heureuse ? "

Et c'est cadeau !

Ça ne coute rien... Mais ça rapporte combien. ?
Si je suis bien entendu heureux qu'airtist puisse désormais pérenniser un modèle qu'ils ont été les premiers à porter, le téléchargement gratuit financé par la publicité vient aussi m'interroger en tant qu'artiste autoproduit et donc ayant droit.
Un téléchargement 8 à 12 fois moins rémunérateur que sur Itunes...
Pas de grande nouveauté hélas sur ce point, ce mode de consomation est aussi peu rémunérateur sur Airtist que sur Beezik. 12 centimes d'euro par titre part sacem incluse. La part forfaitaire de la sacem ( 7centimes /titre) amputée , la part producteur est de seulement 5 centimes d'euro. Comme vous pouvez le constater sur le graphique ci dessous la part producteur ( donc celle de l'artiste si il est autoproduit) de ce type de téléchargement est au moins 8 fois inférieur à un téléchargement classique sur Itunes. ( dans le cadre d'une distribution numérique classique) et jusqu'à 12 fois inferieurs ( Dans le cadre d'un agregateur comme Zimbalam)
Une telle micro rémunération vient poser une série de questions complexes aux ayants droits. Doit on vendre à tout prix ? Mieux 5 centimes que rien ? A quelle somme je décide de ne pas vendre ? Et si je décide de vendre à ce prix , existe il un risque de cannibaliser mes ventes traditionnelles et plus rémunératrices ? Est ce que je participe d'une certaine façon à la spirale de dévalorisation de la musique enregistrée ? Dois je essayer utiliser l'offre comme un moyen promotionnel sur 1 ou 2 titres ? Sur tout mon catalogue ?

Une distorsion du système de répartition
Le téléchargement full gratuit pour l'utilisateur et financé par la publicité induit également une distorsion de la part droit d'auteur dans le système de répartition actuel.
C'est un point qui est rarement relevé par ceux qui se penche sur le système, ce que je trouve très étonnant. Sur un titre vendu sur Itunes, la part sacem forfaitaire s'élève à 0.07€. Cela représente donc environ 10% du revenu du prix unitaire hors taxe. Dans le modèle de téléchargement financé par la publicité , la part sacem reste inchangé mais représente 58 % du prix unitaire hors taxe.

Pour moi c'est tout vu, Airtist me rapporte plus d'argent qu'Itunes, malgré que tout mon catalogue (70 titres actuellement) y soit proposé gratuitement.
Plusieurs raisons à mon sens :
- Airtist est un site communautaire (amis, messagerie, forums, commentaires,...) en plus d'être une plateforme de téléchargement. Je peux donc en tant qu'artiste développer des relations directes avec les auditeurs.
- Le gratuit n'empêche pas le payant. En effet l'auditeur qui en a marre de voir des pubs pour télécharger chaque titre, peut choisir de payer.
Et dans mon cas ça marche, d'ailleurs je gagne plus avec le payant qu'avec le gratuit sur Airtist, surtout depuis que je propose l'ensemble de mes chansons dans un seul album, au prix d'un album normal, soit 9,99 Euros.
Je constate que les auditeurs téléchargent 4-5 de mes chansons gratuitement, et quand ils aiment vraiment, sautent le pas pour s'offrir les 70 titres en un seul téléchargement, via un paiement Paypal.
Par ailleurs je reçois des chèques d'Airtist régulièrement alors que j'ai beaucoup plus de mal à savoir où j'en suis et à percevoir mes droits via les agrégateurs avec qui je traite.
Enfin la Sacem me reverse également des droits en rapport avec Airtist. Airtist n'apparaît pas en tant que tel sur les relevés, mais comme j'ai des titres en exclusivité sur le site, j'ai pu voir que tout était carré.
@françois
"je gagne plus avec le payant qu'avec le gratuit sur Airtist"
Pardon François , mais si tu vends 70 titres à 9.99 TTC ... Si tu enlèves la tva la marge Airtist (30% du prix unitaire HT ) et la part sacem ... En fait ton téléchargement payant te rapporte beaucoup moins que le gratuit... Non ?
On peut toujours dire que c'est moins hypocrite qu'un site avec de la pub partout, mais ça fait vraiment peur, ça fait froid dans le dos..c'est vraiment un pas de plus dans la lobotomie publicitaire, après la radio et la télé, bientôt sur le téléphone portable quand on recevra un appel, il faudra écouter 10s de pub avant d'avoir son correspondant.
Ce n'est pas ce qui va nous redonner l'envie d'écouter de la musique !
Et pour un annonceur c'est beaucoup plus chère qu'une bannière facturée au clic.
Il y a Wizeap qui est en train de développer un modèle diffèrent..A suivre !
Ce que je voulais dire c'est que chaque mois quand je regarde combien j'ai gagné, je remarque que la part qui vient du téléchargement payant est largement supérieure à celle du gratuit.
Je n'ai pas fait de statistiques mais par exemple sur 100 Euros, on vai dire que 80 Euros proviennent de 8 albums téléchargés à 10 Euros, et le reste provient des singles téléchargés gratuitement.
@françois
à 5 centimes le téléchargement, le contraire m'aurait étonné ;)
C'est quand même une bonne chose d'apprendre que le gratuit invite finalement au payant, comportement rare sur le Net où la gratuité légale ou pas est la règle.
C'est sûr que ramené au titre cela me rapporte peu, mais en tant qu'artiste je suis heureux de diffuser ainsi largement ma musique. En un clic l'auditeur peut entendre toutes mes oeuvres.
Je ne crois pas que Beezik propose autre chose que du téléchargement gratuit titre par titre, ce qui peut se révéler fastidieux.
Pfff ! Au secours !
Rimes !