Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

Musique: Le parasitisme est-il facilité par le numérique ?

La crise de l’industrie musicale et la dématérialisation n’a pas eu raison des petits malins ! Il y a quelques mois, je vous parlais de « 5 façons pour faire l’argent avec les idées des autres », aujourd’hui nous nous enfonçons dans les entrailles du parasitisme. Dans les millions de titres désormais disponibles sur les plates formes de téléchargement ou de streaming , on retrouve un curieux catalogue jusque là cantonné aux bacs de supermarchés et aux étales des marchants ambulants. Une petite recherche sur le mot « Rihanna »sur le deezer-like anglais We7.com donne le ton. Les titres de la chanteuse sont bien disponibles à l’écoute mais ré-interprétés par un obscure groupe de variété. Le numérique sonne-t-il le grande retour du parasitisme ? Qui se cache derrière ces pratiques ? Que fait la police ?




Une pratique vieille comme le disque
Dans les années 80, en plein boom de la musique enregistrée, de curieux vinyls, K7 puis CD se vendent sur les marchés de France : « 12 Hits Fm » , « Les succès de Serge Gainsbourg » , « Hit Dance » etc… La formule est toujours la même : les principaux hits du moment, vendus moins chers mais ré-interpretés avec plus ou moins de talent par un orchestre. Tony Brams et Gilles Pellegrini furent les grands noms de ce « système disque » basé sur le parasitisme. Risque quasi nul , frais de promo en moins et les musiciens de leur propre orchestre sous la main , la production de ces enregistrement est certainement ultra rentable . Et si le consommateur se fait parfois piégé par les pochettes où la mention re-interpreté par Mr X et son orchestre n’apparaît que sur la tranche ou en 10 fois plus petit que la « Tracks list », cela ne semble déranger personne.

Que fais la police ?
Légal ou pas ? Et bien oui. La reprise, ré-interpretation ou cover est légale. A partir du moment où les interprètes ne modifient ou ne dénaturent pas l’œuvre, ils sont dispensé de toute démarche auprès des auteurs. Les producteurs de ces enregistrement sont eux priés de s’acquitter de la SDRM. Les auteurs de l’œuvre et le cas échéant l’éditeur sont donc rémunérés. Pour le producteur de l’enregistrement original , qui a lui a à sa charge la promotion , le manque à gagner est sévère.


Quand le parasitisme abandonne le support…
A l’heure du numérique, ce parasitisme n’a pas disparu, il a même été facilité. Plus besoin de payer par avance les frais SDRM, les plates formes se chargent elle même de s’acquitter de la part dédiée aux auteurs/éditeurs. 7 centimes le titre tandis que les petits malins encaissent la part producteur soit 42 centimes environs (le chiffre peut varier selon le distributeur). Mais il faut surtout ajouter que dans « le monde selon google », le texte et les mots clés règnent. Et ces malicieuses reprises apparaissent en tête dans les résultats de recherches des plates formes. En particulier lorsque la version originale n’y est pas distribuée. ( Comme c’est le cas de Rihanna sur we7, mais également le cas sur le site français Beezik où l’on retrouve des « She Wolf » (as made famous by Shakira) à la pelle.


Revenus de la musique numérique: Sommes nous tous égaux ?

Le spectre de la gestion collective planant au dessus de la croisette, le petit monde de la distribution numérique , ce joyeux far west ou un indien ne retrouverait pas sa tente, a beaucoup été discuté ces derniers jours dans les couloirs du MIDEM. Il m’est difficile de ne pas vous recommander en guise d’introduction la lecture de l’excellent article du non moins excellent Philippe Astor sur la réalité des revenus numériques.
Vous y apprendrez que sur un téléchargement, les plates formes payent la même chose aux majors et aux indépendants … Et nous allons voir comment et pourquoi à l’arrivée personne ne touche la même chose.

Pourquoi les majors gagnent plus ?

Le premier élément à prendre en compte c’est que les majors assurent elle-même la distribution de leur catalogue. Si les revenus générés par un téléchargement ne sont donc pas amputés de la part d’un distributeur externe, il faut considérer qu’il existe aussi un coût de distribution en interne pour Universal , Sony et autres. On peut par contre légitimement présumer que ce coût est moindre. ( Du moins on leur souhaite) . L’autre versant de la montagne , ce sont les avances recoupables exigées par les majors. En off, un fondateur d’une plate forme de téléchargement m’ a confié qu’Universal lui demandait 10 000€/mois pour l’exploitation de son catalogue sous forme de téléchargement à l’acte. Et que le total des avances recoupables à l’année pour vendre le catalogue majors s’élevait au-delà des 250 000€ par an. Soit exactement le prix du développement de la plate forme en question. Vu sous cet angle , on comprend la sensation d’étouffement ressentie par les acteurs du secteur. D’où la question : Les avances des majors sont elles pour autant scandaleuses ? Je ne le pense pas. (Non je n’ai pas abusé de l’open bar à la soirée Pschent , enfin si mais cela n’a rien à voir) Premièrement parce que si le public va aujourd’hui sur ces plates formes, c’est principalement grâce et pour ce catalogue. Deuxièmement, la suppression des avances pour les majors ne veut pas dire que les indépendants vont se mettre à en toucher. Et enfin, je pense que ces avances jouent un rôle régulateur sur le marché. Personne ( et en particulier les indépendants) n’aurait intérêt à voir éclore des dizaines de plates formes qui finiront par poser la clé sous la porte dans 24 mois sans payer les ayants droits.

Les indépendants sont ils égaux ?

Il est toujours difficile de parler des indépendants de façon générale puisque du petit autoproduit qui a monté son label sous forme associative à Naïve, il y un fossé en terme de réalité et de moyen. Une disparité que l’on retrouve aussi dans la distribution numérique. C’est tout d’abord dans les conditions contractuelles entre les indés et les distributeurs numérique que cette inégalité réside. La part retenue varie d’un distributeur à un autre mais aussi parfois d’un label/artiste à un autre chez le même distributeur. Comprenez qu’un petit artiste signé en direct chez Believe ne touchera vraisemblablement que 50%. Un label pourra négocier un meilleur taux. C’est sur ce point précis que la distribution numérique pour les indés devient complexe car on arrive très vite à des situations rocambolesques où la chaîne de distribution la plus courte n’est pas forcement la plus rentable. Il est parfois plus avantagueux de signer sa distri avec un intermédiaire qui a bien signé avec Believe, que de le faire en direct avec ce dernier.

L’autre zone d’ombre concerne le streaming, où les distributeurs s’entendent avec les plates formes sur une rémunération. On me souffle à l’oreille gauche qu’il existerait plusieurs types d’entente et des rémunérations aux streams pouvant varier d’un rapport de 1 à 4 selon le distributeur et la plate forme. Ces informations sont à mettre entre guillemets. Reste qu’il est extrêmement difficile d’y voir clair sur les revenus du numérique et que de toute évidence des disparités existent aussi entre les indépendants.

Alpha Blondy : "maintenant c'est la partouze grâce à internet, on nous nique à l'échelle planétaire"

Opération coup de poing sur le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise ! C’est un plaisir non simulable et pas conséquent non simulé que j’ai invité l’un des papes de la musique reggae à se poser sur le canapé aux interviews. En bonus, une captation comme on les aime.

Bonjour et merci de nous accorder quelques minutes pour répondre à mes questions. Ton premier album date de 1982. On est en 2009 , le secret d’Alpha Blondy pour durer c’est quoi ?

C'est le travail rigoureux, l'amour de la musique, l'amour du public la foi en Dieu l'inspirateur suprême

On va s’intéresser un peu à l’avant succès, quelles ont été les grandes étapes de ton développement artistique ? Les rencontres décisives et les plus belles galères ?

Le lycée les études et le flirt avec la musique la grande époque des boums, les surprises parties, Woodstock, Otis Reding, Wilson Picket.

Justement, tu as traversé les années 80, les années 90, les années 2000…Beaucoup de jeunes artistes pensent que c’était mieux ou plus facile de faire son trou avant dans le petit monde de la musique. Ton Avis sur la chose ?

C'est pas vrai! à cette époque c'était la croix et la bannière pour faire une maquette par rapport à aujourd'hui ou chacun à un home studio ou avec 1500 euros on pourrait faire un disque, mais à l'époque pour sortir un bon disque il fallait 70 000 euros

Quel est ton rapport aux maisons de disque, à l’industrie musicale ? Je t’ai entendu dire une fois « nous les artistes, on a l’habitude de se faire entuber » . Tu peux nous en dire plus ?

Maintenant il y a du mieux, quand les maisons de disque nous niquaient en exclusivité c'était plus douloureux et maintenant c'est la partouze grâce à internet on nous nique à l'échelle planétaire et cela a l'avantage d'être niqué mais célèbre. Disons Dieu merci!

Qu’est ce que tu penses du téléchargement illégal ?

C'est compris dans la nique, c'est le bonus de la nique planétaire avec les "standings ovations"

Qu’est ce qui est le plus important pour toi : écrire des chansons ou faire de la scène ?

Les deux, ça va de paire. A quoi cela sert de faire l'amour sans jouir!

Quels sont tes projets pour 2010? Des confidences ?

Si Dieu le veut, je souhaiterais continuer à donner du bonheur à mes fans à travers le monde et recevoir beaucoup d'amour de mon public



Splitgigs.com : Partagez vos concerts !

Ils sont italiens, leur site est en anglais, mais leur idée est aussi simple qu’universelle. Splitgigs permet aux artistes et groupes de partager des concerts. Viens jouer en première partie de mon groupe et je ferai la première partie de ton prochain live act. Une façon comme une autre de décupler sa visibilité. Le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise a rencontré Sem Ronzoni, un des fondateurs au MIDEM. Interview à venir ! Mais en attendant, découvrons ce réseau social axé sur le partage de concert…


Ça me rappelle quelque chose…
Impossible en jetant un œil au concept de Splitgigs de ne pas penser à l’initiative d’un ancien camarade de label, David Law. Il y a quelques années David avait fondé « l’entremetteur » un réseau indépendant pour l’interconnexion de concert partant d’un constat simple. Si la scène est désormais une source de visibilité plus qualitative que le net, il est très difficile pour les artistes en développement de trouver des dates. Et c’est sur ce même constat que l’équipe de Splitgigs a développé un service qui permet d’organiser une entraide, un échange entre artistes/groupes mais bien au delà d’une scène et d’un réseau local.

Concrètement Comment ça se passe ?
Après une inscription minimaliste et la création d’un profil ( Splitgigs.com/artist/votrenom) ,vous devez ajouter vos prochains concerts dans la base de donnée du site. Pour chaque concert organisé vous recevez 5 points en tant que « Host ». Vous pouvez également trouver des concerts dans la base par le biais d’une recherche géographique. (je cherche un concert à 25km de Paris par exemple) . A chaque concert où vous vous rendrez en tant qu’invité ( Ghest) vous perdez 1 point. La demande se fait pour chaque concert sous la forme d’une SplitGig Request que le groupe host est libre d’accepter ou pas. Un indicateur situé juste en dessous du bouton « request to split » affiche le nombre de demandes déjà envoyées au groupe. Le site est pour l'instant uniquement disponible en langue anglais et du côté modèle biz, le service compte vivre des la publicité.

Une équation a plusieurs inconnues.
L’idée est belle mais elle se heurte à plusieurs réalités. La première est économique. Dans un réseau local , assurer un featuring ou une première partie d’un artiste ne coûte pas grand-chose. (Tiens regardez là, une petite apparition bidibulesque en plein milieu d’un concert du groupe de Reggae Manbouss !). A l’échelle nationale, voir au-delà, les coûts augmentent. Alors bien sûr on peut partir sur l’idée d’un arrangement, voir un partage du cachet. En sachant qu’en ce qui concerne les artistes en dev (qui sont la cible du service), les cachets sont déjà extraordinairement bas (quand ils existent !). L’autre grande inconnue de l’équation, c’est la solidarité et la notion d’entraide entre artiste. Pour paraphraser un directeur artistique bien connu : « On ne va pas se mentir ». Chez les musiciens comme ailleurs dans le petit monde de la musique, on se donne plus facilement des coups de pieds que des coups de mains.

Le Midem en Vidéo...

Vous n'êtes pas invité au Midem ? Pas de soucis, Le blog d'un artiste en développement dans un monde en crise a rejoint la Wearemusik Team pour vous donner les dernières infos et potins du marché international de la musique. Et en vidéo s'il vous plait ! Je vous invite donc à jeter tous les jours un petit coup d'oeil par ici : wearemusik.com


Aujourd'hui on vous parle d'un petit changement à la tête du site Deezer, de l'ovni Moozar dont je vous avez déjà expliqué le concept dans ces colonnes et bien sur de la gestion collective. Petite surprise du jour, il y a du Bidibule dans le dossier de presse du site Noomiz. A de suite sur We are musik !




Gestion Collective: Les indés/autoprods ont-ils quelque chose à y gagner ?

La loi du plus fort régnait jusqu’ici dans la jungle de la distribution numérique, heureusement Frédéric confia à Patrick une mission impossible, rétablir un peu d’égalité dans ce monde de brutes . Pour se faire, Patrick proposa « la gestion collective ». Au revoir les pourcentages préférentiels des uns et les avances démesurées des autres. Puisqu’un sou est un sou, un titre téléchargé ou écouté rapportera la même chose à tout le monde. C’est la fin de l’histoire, le rouge après le noir. Depuis, le petit monde la musique est coupé en deux et les couloirs du Midem risquent bien de se transformer en Ok Corral. Il faudra passer entre les balles perdues …Et il risque d’y en avoir un wagon. Les microscopiques indépendants, autoproduits et autres ont-ils quelque chose à gagner dans cette révolution proposée ? Trouverons nous notre compte dans le monde selon Patrick Zelnik ?

La distribution numérique des indés : Mais où en est on aujourd’hui ?
Pour avoir une chance de remplir les rayons virtuels d’Itunes, Virgin mega ou le catalogue des sites de streaming, le passage par la case agrégateur/distributeur est souvent l’unique solution. Selon le prestataire, il vous en coûtera entre 20% et 50% des recettes nettes. Lorsqu’on ne vous propose pas de payer un droit d’entrée et de sortie comme c’est le cas du dernier service propulsé par Beleive : Zimbalam. Et oui pour être sur Deezer, certains reçoivent des avances, d’autres dégainent la carte bancaire. Rajoutez à cela un certain flou ou un flou certain sur les conditions contractuelles entre telle ou telle plate forme et tel ou tel agrégateur. Que la chaîne de distribution la plus courte n’est pas forcement la plus rentable et vous comprendrez très vite que la distribution digitale est un joyeux far west dans lequel un indien ne retrouverait pas sa tente.

Viva la révolution ?
Vu sous cet angle, la proposition de Patrick semble providentielle ! Allez tout le monde dans le même sac et au même tarif. Reste encore à savoir si on va niveler par le haut ou par le bas. Si demain, je continue à toucher un peu plus de 40 centimes par titre téléchargé avec pour seule consolation qu’Universal ne touche pas plus, la gestion collective made in Patrick risque de me rester en travers de la gorge et la révolution égalitaire devient surtout une magnifique cadeau pour les sites de ventes et de streaming.

L’autre versant de l’édifice c’est qu’en matière de « gestion collective », nous avons sous les yeux un magnifique exemple : La Sacem. Et on ne peut malheureusement pas dire que son fonctionnement soit très adapté aux plus petits d’entre nous. De là dire qu’il n’avantage que les plus gros, il y a un fossé …que je franchis allégrement et en chantant ! ; ) .Chat brûlé vif craint la glace pilée…


« Ce n’était qu’un rêve … »
Celine Dion , Chanteuse philosophe
Réveillons nous, la proposition de Patrick n’est qu’une proposition. Sa réalisation semble compliquée, pose mille autres questions, mille autres problèmes (Quelle place pour les agregateurs ? etc… ). A moins que la gestion collective des contenus numérique ne suivent la voie ouverte par les récentes obsessions gouvernementales (suppression de la Taxe professionnels, de la publicité à la télévision … ) ? Qui sait ?

Moozar sucite et collecte dons et indemnités...

Ciel ! La reproduction non autorisée d’œuvres représenterait 95% des échanges sur Internet. La bonne nouvelle c’est 60 % des internautes seraient prêts à indemniser les artistes. ( Source Ifop). Et pour réaliser le grand écart, Moozar le service qui suscite et collecte les dons ouvre ses portes le 26 février prochain . Vous n’avez rien compris ? C’est normal ! Le blog d’un artiste en développement dans un monde crise vous explique tout…


Sacré nom de dieu mon fils mais qu’est ce que c’est que ce service ?
Moozar offre en fait la possibilité aux internautes de faire un don ou des indemnités aux artistes mais plus généralement aux ayants droits. Je vous fais don de la définition du don (sic) pour me concentrer sur la notion d’indemnité. Imaginez donc que vous venez de perdre 15 minutes de votre vie à enregistrer et encoder en MP3 un titre que vous étiez en train d’écouter sur Deezer en 128kbs ou que vous l’ayez téléchargé via un client P2P … Et vous voilà soudain ! Je dis bien soudain pris d’un étrange malaise. Sous vos yeux défilent d’insupportables images: La création musicale à l’agonie, Johnny viré de sa maison de disque, Bob Sinclar dans un formule 1. S’en est trop ! Jusqu’ici la seule façon de retrouver le sommeil était de se connecter à une quelconque plate forme de téléchargement légal est de vous soulager d’ 1€. Heureusement Moozar va changer la donne. Pour peu que l’artiste en question ai communiqué au service son catalogue ( et un mandat de représentation) bien sûr….

Le montant de l’indemnité …
L’artiste fixe lui-même le montant de l’indemnité. Arrêtons nous deux secondes sur ce point. Vous êtes artistes, vous vendez vos chansons 0€99 sur Itunes. Un téléchargeur repenti souhaite vous indemniser. A quel prix fixez vous cette indemnité ? Faut il la fixer en dessous de 0€99 et donc encourager la pratique du téléchargement illégal ouvrant droit à une réduction finale sur le prix de vente ? Faut il la fixer à 0€99, si oui quel intérêt à un tel service pour le consommateur ? Doit on appliquer une sorte d’amende ? 1€29 rendant le service Moozar destiné à une petite communauté de consommateurs masochistes ? (Et il y en a ! ) Un véritable casse tête !

A titre de rémunération Moozar conserve 20% des dons et indemnités versées et 30 centimes par transaction ( offert au-delà de 10€) Affaire à suivre ...

Au revoir Spidart ...

C'est officiel , le premier label participatif français, SPIDART est en liquidation judiciaire. L'offre de reprise déposée le 5 janvier dernier n'a pas donc pas convaincu le tribunal de commerce de Lyon. C'est par une courte lettre postée dans la section News du site que Nicolas Claramont a annoncé ce jour la triste nouvelle aux artistes et fans producteurs.

"A tous,

Après prêt de 3 mois de procédure et de contacts avec des acteurs de l’industrie, de joies mais également des déceptions, c’est avec tristesse que je vous annonce que le Tribunal du Commerce a déclaré ce jour la mise en liquidation judiciaire de Spidinvest (Spidart.com).

En effet, l’offre présentée par l’un des repreneurs n’étant pas suffisamment satisfaisante pour assurer la pérennité de l’entreprise le tribunal a choisi de ne pas la retenir.

Dans les prochains jours un mail sera envoyé à l’ensemble des fans-producteurs ayant investi sur des artistes en cours de financement.Cette aventure a été marquée par des rencontres merveilleuses des joies et des surprises, je n’ai que peu de mots pour vous dire à tous qu’il m’est difficile de vous quitter.Beaucoup d’artistes ont trouvé leur public grâce à vous et j’ai lu, ces derniers mois, la volonté que vous avez de continuer coûte que coûte de les soutenir et je ne peux que vous en féliciter.

L’industrie musicale est certes en crise, mais je peux affirmer que les fans de musique sont toujours bel et bien vivants; ils veulent de la diversité musicale et voir émerger de nouveaux talents.J’espère du fond du cœur que d’autres projets se monteront pour continuer à faire apparaitre de nouveaux talents.

Nicolas"


Suite à cette annonce, certains employés de la startup ( dont Maxime Perben et Laure Virazels) ont déclaré :
"nous n'avons appris que récemment _ et avec stupeur _ que Spidinvest/Spidart.com allait si mal. A l'heure d'aujourd'hui, nous ne savons toujours pas vraiment ce qui a conduit à la liquidation de Spidinvest."

J'ai en rédigeant cet article une pensée pour mon amie Selen qui était produite sur la plate forme ainsi que pour les artistes qui ont accepté de répondre à mes questions ces derniers mois ( Jalane, Xavier ... ). La fin du premier label participatif français risque d'être lourde en conséquences sur un secteur saturé par l'offre. (Voici celui qui semble le dernier en date : prodstarmusic.com ) Il y a quelques jours j’ai été interviewé par le magazine Challenges pour dossier sur les labels participatifs qui devrait paraître Jeudi dans les Kiosques. En attendant je vous invite à lire ou relire : Label participatif : le modèle montre-t-il ses limites ?



Nilda Fernandez: Je n'ai jamais eu envie de " faire un trou" car c'est le meilleur moyen d'y tomber.

Après un long silence discographique ( 10 ans ! à méditer pour ceux qui me demandent toutes les 5 minutes quand sortira mon prochain LP ...) Nilda Fernandez est de retour chez Harmonia Mundi avec une album éponyme. Il a gentiment accepté de répondre à mes questions en une phrase ou presque...


1 ) Tu as fais un premier album au tout début des années 80, un quarante cinq tour en 87 puis tu rencontres le succès en 91. Quand tu te retournes et que tu regardes ta carrière , qu’est ce que tu te dis ?

Je me dis que je suis heureux de ce que j'ai fait. Je n'en regrette ni ne renie pas une seule escale. Je comprends tout.


2 ) On entend souvent dire qu’il était plus facile de faire son trou dans le petit monde de la musique avant… Quel est ton avis sur la chose ?

Je n'ai jamais eu envie de " faire un trou" car c'est le meilleur moyen d'y tomber. Je n'ai pas l'impression que c'était plus facile " avant" . Au contraire.

3) Andalousie , Argentine,Russie , tournée en roulotte, rien qu’en lisant ta bio, on voyage. J’aimerai que tu m’en dises plus là-dessus. Sur la place que tu donnes au voyage dans ton parcours artistique. Mais pourquoi Nilda Fernandez ne tient pas en place ?

Je ne tiens pas en place car j'ai deux pieds pour ça. La curiosité des situations inconnues me pousse toujours devant.

4) En 99, tu sors « mes hommages ». Une démarche touchante, assez peu d’artistes dévoilent pour ne pas dire affichent de cette façon leurs influences. Quel sens donne tu à ce disque ?

Avant le passage du siècle millénaire, je faisais une sorte de bilan de ma propre envie de chanter. Je faisais la planche, en quelque sorte.

5) Crise du disque , téléchargement illégal… Est-ce que cela parle à Nilda Fernandez ?

Ce qui me parle, ce sont les autres crises beaucoup plus générales. Elles touchent beaucoup de gens, pas seulement une industrie responsable, ces dernières années, de beaucoup de catastrophes.

6 ) Le 8 janvier, tu sors un nouvel album chez Harmonia Mundi. Tu viens donc rompre un silence discographique de 10 ans. J’ai quand même une question qui me brûle les lèvres : Pourquoi avoir déserté nos platines CD si longtemps ?

La peur de l'ennui et les voyages qui la conjurent.

7) On vend aujourd’hui les titres à l’unité sur les sites comme Itunes. ? Es tu attaché à la notion au concept d’album et à l'objet Disque ?

Tout de même oui. La totale dématérialisation de la musique n'est pas souhaitable.

Abandcalledmyself : "mes droits Sacem on été divisés par 10 et heureusement que je fais d' autres choses. "

Derrière le MYSELF de ABANDCALLEDMYSELF se cache Jean Pierre Morgand. Après avoir été le commandant de bord du groupe 'Les Avions', souvenez vous du tube des années 80 "Nuit sauvage" , Jean Pierre inaugure en beauté ses années 2000 en enregistrant des kilomètres de bandes sur un ADAT 8 pistes. Il signe le résultat sur le label "Le marquis" distribué par Naïve ... L'opus 2 , pardon Zwei débarquant sur nos platines, le blog d'un artiste en développement dans un monde en crise est allé poser quelques questions au monsieur...


1 - Salut et merci de me consacrer quelques minutes à cet interview. Tout le monde est bien assis ? On ouvre le canapé click clack et on fait l’interview couché ? Ou pas ?

Dans le lit avec petit déjeuner café noir sucré et brioche verre d'eau avec radio il est 7 H 43...

2- De Abandcalledmyself , on connaît déjà Jean-Pierre ex-chanteur du groupe « Les Avions »…Pourrait on en savoir plus sur Jean et Jérôme ? On est curieux dans le coin .

Jean travaille comme ingénieur dans une grosse boite et Jérome fait des films documentaires sur par ex... les écolos et anti écolos, Astérix , la fiction française, la fondation Pinault...

3 – Jean Pierre, toi qui a signé dans les années 80 , c’était vraiment plus facile avant ?

Je pense qu'il y avait moins de monde pour faire de la musique.
C'était lourd comme investissement et il fallait faire un choix de vie.
Aujourd'hui il y beaucoup de semi-pros qui ont un job et font de très bons disques.
La qualité amateur et pro se rapprochent ( ce qui fait peur au vieux système )
et donc il y plus de monde.
Donc finalement pour moi ça revient au même car il y a plus de com mais aussi plus de "concurrences".

4- Pouvez vous justement nous expliquer comment votre projet a été distribué chez Naïve ?
Les rencontres , les virages importants ? Et Mr Zelnik , il est sympa ? Le premier album est sorti en 2004 … Nous sommes en 2010 ? Et dites donc les gars, vous avez fait quoi tout ce temps ?

En fait ce projet n'était qu'un projet sous le nom de code a-band-called-myself.
J'ai rencontré Philippe Pierre Adolphe du label le Maquis, distribué par Naive, et qui me disait qu'il recherchait ce type de musique...
Ca été très vite et je n'ai pas été voir ailleurs comme d'autre projets ou il fallait démarcher pendant de longs mois :
Zelnick je l'ai rencontré une fois pendant ce disque.
Il me disait qu'il aimait le disque...
Mais Naive n'a plus voulu après travailler avec quelques uns de ses labels dont Le Maquis et l'histoire s'arrêta...


6 – Si vous deviez me raconter « Zwei » , vous me diriez quoi ?

On peut prendre trois jours ?
Ou.
On peu dire que ça tourne autour de l'idée de la recherche d'un album qui n'existe pas et que je cherche à reconstituer; Comme quand on imagine le nouvel album d'un groupe qu'on attends.

7 – Téléchargement illégal , hadopi qu’est qu’un band called myself pense des internautes called pirates ?

HADOPI est inneficace et con comme souvent les lois qui veulent réguler des faits de société.

Ceux à qui profitent le "crime" sont les fournisseurs d'accès qui ne payent rien et ont ouvert les vannes.

PAR EX :1 centime de Orange ( ou autre Fai ) et un centime de myspace serait une rétribution symbolique et juste.

Mais comme il y a fusion entre les groupes de musique et ces groupes de téléphonie
ça risque pas de changer. D'ou la mascarade quand Pascal Nègre se plaint de l'internet...

Aujourd'hui mes droits Sacem on été divisés par 10 et heureusement que je fais d' autres choses.

Courir après quelques internautes me semble grotesque.

Aussi grotesque d'ailleurs que les abrutis qui bourrent leur ordinateurs de musique et de films qui n'ont pas le temps
d'écouter ou de voir.

On ne télé charge pas illégalement les groupes comme nous.
Internet nous est bénéfique et ces internautes nous soutiennent et aiment acheter les disque à
l'occasion d'un concert.

8 – Tout le monde parle des labels participatifs, vous savez ces petits malins qui font produire les artistes par les internautes. Vous en pensez quoi ?

Ce que je trouve dingue c'est ces labels produisent souvent de la grosse variette, comme même les majors n'en produisent plus.
Soit les actionnaires ont une idée super cliché de ce qu'il faut produire ou alors il y a vraiment de la place
pour une musique complètement passéiste en france :
Il y a un gars qui m'envoie des messages sur Facebook pour investir sur son poulain qui est un beau gosse mal rasé
qui fait que des chansons d'amour à deux balles, et halète pseudo sexy sur ce refrains. Franchement j'ai envie de prendre les armes quand j'entends ces cochonneries ...

Je n'ai aucune tendresse pour ce genre de démarche.

9 – Qu’allez vous faire après avoir répondu à ces questions ?

Je vais aller chercher des mini Jacks car je fais un projet à la montagne et j'ai remis en action quelques pédales d'effets. Acheter du poisson pour faire une recette facile et provençale pour midi et mon fils qui reviens du lycée...
Aller à un rendez vous de politique municipale.

Urbanmajor: un label participatif deuxième génération ?

Au début de cette semaine, le blog d’un artiste développement dans un monde décidément en crise vous annoncez l’entrée très probable d’Allomusic et de Zicmeup sur le secteur de la production communautaire. A peine le temps de dire ouf que le blog "abrakadabra" nous annonce hier qu'un petit nouveau vient de frapper à la porte d’un club plus vraiment fermé. Urbanmajor.com ouvrira ses portes en février 2010, et on nous annonce déjà un label participatif deuxième génération. Au commande Cyril Allouche heureux producteur d’Olivier Miller et de sa Génération Virtuelle


Une sélection Rigoureuse … et une prise en main immédiate des artistes.
Qu’on se le dise, « il n'y aura pas de la place pour tout le monde. » Et pas question de transformer Urbanmajor en jungle à profil. Alors que My Major Company a dernièrement ouvert les portes au tout venant et propose déjà plus de 3000 artistes à produire, Urbanmajor devrait jouer la carte de la sélection et de la direction artistique. Le fonctionnement du site devrait d’ailleurs se rapprocher d’un fonctionnement de label. Les artistes devraient être pris en main dès la sélection et se voir proposer entre autre, la possibilité de ré-enregistrer ou d'enregistrer leurs compositions dans un environnement professionnel pendant 5 jours en studio.



Parlons chiffre
Sur urbanmajor les seuils de production ne seront pas fixes mais variables en fonction des styles de musique et des besoins. Je cite « CHAQUE PROJET EST UNIQUE. Il serait donc malhonnête de faire financer par l'internaute-producteur un projet artistique à 100 000 Euros alors que ce dernier ne coûte que 60 000 Euros ou vice versa « Et du côté remunération les artistes pourront espérer 20% des bénéfices de ventes( un taux relativement bas) , 40 % seront versés aux internautes producteurs.


Les présélection sont déjà ouvertes aux artistes français et étrangers. Affaire à suivre ... Si allomusic confirme son orientation participative ( Interview de l'allomusic Team à venir dans ces colonnes numériques ), le nombre de labels participatifs sera porté à 14 sur le web francophone.


Labels participatifs : 11 +2 =13

Apparus de façon hémorragique dans la ligné du sacro saint myspace, les portails musicaux français ne sont pas souvent illustrés par leur originalité. Si beaucoup d’artistes ont joué la carte de la visibilité maximale en y créant des profils, la plupart ont limité faute de temps leur activité de réseautage social aux quelques sites stars de la catégorie. Résultat des courses certaines plate formes française semblent laissées à l’abandon, d’autres ont même tout simplement disparue de la toile. La folie myspace n’est plus, et ses transpositions francophones ne profitent plus de l’élan donné par le cousin d’Amérique. Pour faire son trou dans le web musical 2010, il faudra passer à autres choses…



Apparu sur le net francophone en avril 2007, Zicmeup.com s’est rapidement spécialisé dans le tremplin musical : Le Zicmeuptour. Le concours reconduit cette année est organisé sur la base d’un vote des internautes et de 25 séléctions live dans 16 salles de spectacle en France, Suisse et Belgique. Mais 2010 devrait également être une année de diversification pour la plate forme. En effet Zicmeup a annoncé le lancement de deux nouveaux services…Up my store, une boutique en ligne permettant la vente de Cd et de téléchargement destinés aux artistes de la plate forme. Mais aussi, pour ne pas dire surtout, up my prod, un service de production de projets discographiques par les internautes !

11 + 2 = 13
Si l’on compte encore producemylive.com, 11 plates formes se partagent déjà le marché de la production musicale communautaire en France. début décembre, on apprenait de la bouche même de Patrick Bruel que le portail Allomusic proposerait sous peu un volet « label participatif ». L’arrivé de Upmyprod portera le nombre d’acteurs à 13 sur un secteur fragilisé par les difficultés de Spidart et l’absence de succès commercial depuis celui de Grégoire. Aucune date n’a encore été avancé sur l’ouverture de ces deux services.



Une offre de reprise du label participatif Spidart a été déposée...

Nous n’avions plus de nouvelles de Spidart depuis l’annonce de son redressement judiciaire. Dans un billet daté du 5 janvier , Nicolas Claramond , fondateur du label a annoncé qu’une offre de reprise a été déposée au tribunal de Lyon. Spidart aurait donc trouvé repreneur. Toutefois jugeant que cette offre méritait d’être détaillée et précisée, le tribunal a accordé un délai de 15 jours, afin qu’il en complète les termes. Il a aussi accordé la possibilité aux différentes personnes qui ont manifesté un intérêt pour l'entreprise, de profiter de ce délai, afin de déposer aussi une offre.


Si pour l’instant, rien n’est fait, la nouvelle a de quoi rassurer les artistes signés sur la plate forme et bloqués à diverses étapes de la production ou promotion d’un disque. Spidart avait lancé 2 artistes à la rentrée Arnaud Santamaria et Xavier V combs . Si les investissements sont toujours gelés sur le site, le ciel est désormais un peu moins sombre au dessus du site de production communautaire.

Jalane que j’avais interviewé il y a quelques semaines et dont la sortie de l’album a été repoussé au 18 janvier , assure sa promotion « comme si de rien n’était » (voir la vidéo) . Selen, (interview ici) la dernière artiste produite par les internautes sur la plate forme a elle été approché par des concurrents de Spidart mais attends quelques semaines pour prendre un décision en ce qui concerne la production et la sortie de son 1er album.


La déclaration de Nicolas Claramond sur le site Spidart.fr
http://www.spidart.com/news/detail/3030-news-de-debut-dannee

Dans l’ère post Myspace, Le musique dites libre a-t-elle encore du sens ?

Alors qu’Electron libre annonce le licenciement des 15 employés de Jamendo suite à l’échec d’une levée de fond, le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise s’interroge.Puisque que tout dans le petit monde de la musique semble désormais tendre vers les flux et le streaming, qu’il soit financé par la publicité ou par un abonnement, la musique dite libre aura-t-elle encore du sens demain ?






Pourquoi donner sa musique ?


Les motivations qui peuvent pousser un artiste à diffuser sa musique par ce biais sont très diverses.. Définir la culture comme étant un produit devant être accessible à tous est une idée fort respectable. Enfin je trouve. Ce discours idéologique s’accompagne souvent d’un rejet de l’économie de marché, de l’industrie musicale et de TF1. Il est aussi assez commun de percevoir dans le discours des acteurs du libre : Un espoir un peu vain de déstabilisation progressive de l’industrie musicale accompagnée d' une vrai bio diversité des discours .On accuse volontiers le voisin de pas « être si libre que ça ». Comme quoi la musique , c'est quand même plus facile à partager que les opinions. Mais du côté des artistes un argument revient en boucle depuis des lustre : la vertu promotionnelle.


Il faut préciser que les artistes ayant confié la gestion de leur droit à la SACEM sont en théorie entravés dans la diffusion de leur musique sur internet. La Sacem délivre des autorisations de diffusions à ses sociétaires mais celle-ci sont particulièrement restrictives. (pas de téléchargement , 1 seul site : celui de l’artiste , etc… ). Dans la pratique, c’est la politique de la main sur les yeux. Je ne connais pas personnellement de cas d’artiste sociétaire rappelé à l’ordre par la Sacem pour avoir déposer ses chansons sur myspace. Mais je ne désespère pas… La musique libre viendrait donc d’une part apporter une réponse à cette question technique, d’autre part elle permettrait grâce à une diffusion sans contrepartie d’assurer la promotion de l’artiste. Libre a lui de financer sa création par ses prestations scéniques, la vente de T-shirt, de pins et de Sex toy « parlant » (pourquoi pas , ne soyons pas des freins à l'innovation ) à son effigie… Outre le fait qu’on est un peu en train de proposer à des producteurs de céréale de vendre des tours de tracteurs, il faut s’arrêter sur une réalité. A ce jour, les artiste émergeants ayant validé ce modèle ne courent pas les rues. Bref la diffusion libre des contenus butte à la question fondamentale : Qui finance la création ?


La gratuité est elle encore un argument ?

Et nous voilà dans le centre du débat. Lorsque l’on peut gratuitement écouter « Rihanna » sur myspace, Deezer, Spotify, voir télécharger ses chansons en échange d’un peu de publicité sur Beezik, la gratuité d’un artiste inconnu est elle un argument ? Je crains que non. Et si demain la vente et le téléchargement au détail disparaît au profit des sites de streaming , que voudra dire diffuser gratuitement sa musique ? Faire cadeau des droits générés ? A cela , Jamendo avait apporté un début de réponse en incluant dans ses programmes rémunérateurs pour artiste la possibilité d’être "streamé" sur Deezer. Le terrain est glissant puisqu’il met les artistes en position d’être rémunérés pour de l’écoute tout en étant téléchargeables gratuitement. Un véritable paradoxe des temps numériques !

La musique libre telle que nous l’avons connu a-t-elle vécu ? Jamendo et les autres plates formes du libre trouveront-elle une place dans la paysage musical de demain ?


Devenez une star au Japon...

Si comme Mireille Mathieu Adamo ou Patricia Kaas, vous rêviez d’une carrière à l’étranger, le blog d’un artiste en développement dans un monde en crise a peut être une solution pour vous. Il y a quelques années, taquiner les charts aux pays des Sushis était une façon polie de se faire traiter d’has been. Mais le 2e marché de la musique au monde, juste après les USA ne fait plus rire personne. La proportion d'échanges illégaux y serait environ huit à dix fois inférieure qu’ en France. Et ces collectionneurs fétichistes achètent même des CD ! Liliane fait les valises, on part à Tokyo !

Une crise en moins pire …
Ne nous leurrons pas, au Japon comme dans le reste du monde, les ventes physiques ont chutées ces dix dernières années. Mais d’après Clubic.com , les chiffres generés par la vente de musique n’ont dévissée que de 25% sur la décennie passée contre moins 50 % en France sur les seules 6 dernières années. La faute à un marché du CD encore vivant et un essors des ventes numériques qui représenterait toujours d’après Clubic 20% du marché nippon et 720 millions d’Euros en 2008.


Un marché numérique dominé par le mobile.
Seul 10% des ventes numériques seraient réalisées sur ordinateur. Le mobile vampirise 90% du marché du téléchargement. 140 millions de singles auraient été téléchargé en 2008 par ce biais ( source IRMA). Et si les sites de musique mobile illégaux existent, (Voir l’article de clubic sur « Daisan Sekai » ) , les japonais seraient globalement plus enclins à passer par la case offre légale. Pour un titre téléchargé légallement , 1 titre le serait illégalement. ( pour un rapport de 1 pour 20 en France).


Nul n’est prophète en son pays, devenez une star un Japon !
Bonnes nouvelles, un cd vendu sur 4 au Japon sur serait une production étrangère. Pour ceux qui ont abandonné l’idée de triompher en France pour cause de concurrence déloyale et qui lorgnent déjà sur le pays du soleil levant, http://japanmusicmarketing.com compile un ensemble de ressources sur la distribution physique et numérique, la promotion en ligne de vos contenus. Une veritable bible en ligne du « Big in Japan » .


Juste pour la frime => Surprise

Ventes Trash: Quand la musique ne suffit plus...

Myspace nous avait promis un monde égalitaire ou le moindre autoproduit disposait ni plus ni moins de la même page que Madonna ou U2. L’Internet devait apporter à chaque artiste une possibilité d’exposer ses œuvres et de les porter vers le public C'est chose faite. Mais les torrents de MP3, les jungles de profils , l’excessive richesse quantitative de l’offre ont dessiné une toute autre réalité. Dans un monde où n’importe qui peut s’auto proclamer artiste, envahir la toile de ses profils, distribuer ses chansons sur Itunes, il faut désormais taper fort à la porte de la gloire pour se faire remarquer. Et certainement encore plus pour susciter sur la durée l’intérêt des médias et internautes. Pour survivre à l’effondrement du disque et à la révolution Internet, les poids lourds de la pop internationale ne s’affrontent plus uniquement dans les charts.

Ventes Trash : Rien ne doit disparaître

Robyn Rihanna Fenty alias Rihanna est l’une des artistes phares de “Def Jam” . Starifiée à 16 ans par Jay Z en personne, la barbadienne s’est fendu des quelques hits interplanétaires et a déjà vendu 12 millions d’albums dans le monde. De quoi donner le vertige par ces temps de crises. Au delà des productions impeccables et de l’évidente qualité artistique de ses albums, Rihanna est aussi une redoutable machine de communication. On se souvient des photos volées ( mais jamais authentifiées) qui présentaient la chanteuse dans le plus simple appareil et de ses problèmes conjugaux avec l’artiste Chris Brown en février 2009. Un épisode qui s’était terminé par la publication de clichés de la chanteuse salement amochée. Comme le hasard de la promo fait bien les choses, Rihanna reviendra sur l’agression présumée dans l’émission « Good Morning America » sur ABC pour une confession choc à quelques jours du lancement de son nouvel album « Rated R ».

Surenchère et Buzz perpétuel…
Inspirés de faits reéls ou monté de toute pièce les mésaventures de Rihanna ou dans un style différents les frasques de Lady Gaga, Britney et autre Amy Winehouse finissent par créer autours de ces artistes un buzz perpétuel qui accompagne au mieux la promotion des disques , au pire meuble l’absence d’actualité. A l’ouest rien de nouveau, le sacro saint king of pop s’était lui même fait une spécialité des rumeurs sur son propre compte. Dans cette surenchère, la musique passe-t-elle en second plan ? La réponse est contre toute attente non. Car si les nouvelles bimbos de la pop internationale remplissent les tabloids et tapissent l’internet de photos et news chocs, c’est bien des albums qu’elles vendent par millions. Et il n’y a souvent qualitativement rien à redire. Simplement, la musique ne suffit plus en elle-même à éveiller l’intérêt des médias, voir celui du public.

Un état de fait que l’on retrouve partout. Grégoire nous a été présenté comme le « 1er artiste produit par les internautes ». Radiohead comme le groupe qui donne sa musique contre un don libre. Même lorsqu’elles ne flirtent plus avec le trash. Les accroches de communication dessinent les autoroutes médiatiques qu’emprunte la musique des artistes concernés.

Yourmusichall rassure les internautes producteurs


Le redressement judiciaire de Spidart, historiquement premier rejeton français du modèle Sellaband, peut il plonger la bulle des sites de production communautaire dans une crise de confiance ? Nous nous posions la question il y a quelques semaines. Du côté de Your Music Hall, un des derniers arrivés sur ce secteur désormais très concurrentiel, on a visiblement décidé de rassurer les candidats à la production d’artiste via internet. Dans une lettre envoyée ces derniers jours aux membres de sa communauté , Alain Dopouridis fondateur de Your Music Hall (en Interview ici) a décidé de jouer carte sur table :

« Faire appel à l’épargne populaire pour financer la production d’artistes, suppose, exige la plus absolue rigueur. Les activités de YOUR MUSIC HALL respectent, tant à l’égard du public que envers les artistes, la plus grande transparence et une stricte obéissance aux règles. YOUR MUSIC HALL a tenu, à sa création, à garantir le public et les artistes de toute dérive. Toutes les sommes collectées sont déposées sur un compte tiers, et YOUR MUSIC HALL les consacre uniquement à la production de l’album de l’artiste concerné, au jour où la somme requise (75000 €) est atteinte. Le montant du compte de chaque artiste est affiché en continu sur le site. Chaque producteur qui fait une souscription voit ainsi immédiatement le compte de son artiste augmenter du montant de sa mise… Enfin, YOUR MUSIC HALL limite strictement le nombre de ses artistes pour se consacrer à leur succès en dehors de toute spéculation financière. Les fondateurs de YOUR MUSIC HALL, sont des passionnés de musique et agissent dans cet exercice en bénévoles. Malgré les rumeurs de malversations qui tournent autour d’un autre site participatif, ils tiennent à affirmer qu’ils croient dans la valeur de ce système, à la condition expresse qu’il soit géré par professionnels compétents et responsables, parce qu’il permet de financer des artistes en développement et de les lancer sur la scène française. »

Jusqu’au 10 janvier 2010, le site offre une part de production pour toute part acheté alors qu’un premier artiste vient de franchir le cap des 10 000€ (June) . Même opération du côté de Stationtubes.com qui double les mises effectuées entre le 31 décembre et le 3 janvier.