
Musique: Le parasitisme est-il facilité par le numérique ?
La crise de l’industrie musicale et la dématérialisation n’a pas eu raison des petits malins ! Il y a quelques mois, je vous parlais de « 5 façons pour faire l’argent avec les idées des autres », aujourd’hui nous nous enfonçons dans les entrailles du parasitisme. Dans les millions de titres désormais disponibles sur les plates formes de téléchargement ou de streaming , on retrouve un curieux catalogue jusque là cantonné aux bacs de supermarchés et aux étales des marchants ambulants. Une petite recherche sur le mot « Rihanna »sur le deezer-like anglais We7.com donne le ton. Les titres de la chanteuse sont bien disponibles à l’écoute mais ré-interprétés par un obscure groupe de variété. Le numérique sonne-t-il le grande retour du parasitisme ? Qui se cache derrière ces pratiques ? Que fait la police ?Une pratique vieille comme le disque
Dans les années 80, en plein boom de la musique enregistrée, de curieux vinyls, K7 puis CD se vendent sur les marchés de France : « 12 Hits Fm » , « Les succès de Serge Gainsbourg » , « Hit Dance » etc… La formule est toujours la même : les principaux hits du moment, vendus moins chers mais ré-interpretés avec plus ou moins de talent par un orchestre. Tony Brams et Gilles Pellegrini furent les grands noms de ce « système disque » basé sur le parasitisme. Risque quasi nul , frais de promo en moins et les musiciens de leur propre orchestre sous la main , la production de ces enregistrement est certainement ultra rentable . Et si le consommateur se fait parfois piégé par les pochettes où la mention re-interpreté par Mr X et son orchestre n’apparaît que sur la tranche ou en 10 fois plus petit que la « Tracks list », cela ne semble déranger personne.
Que fais la police ?
Légal ou pas ? Et bien oui. La reprise, ré-interpretation ou cover est légale. A partir du moment où les interprètes ne modifient ou ne dénaturent pas l’œuvre, ils sont dispensé de toute démarche auprès des auteurs. Les producteurs de ces enregistrement sont eux priés de s’acquitter de la SDRM. Les auteurs de l’œuvre et le cas échéant l’éditeur sont donc rémunérés. Pour le producteur de l’enregistrement original , qui a lui a à sa charge la promotion , le manque à gagner est sévère.
Quand le parasitisme abandonne le support…
A l’heure du numérique, ce parasitisme n’a pas disparu, il a même été facilité. Plus besoin de payer par avance les frais SDRM, les plates formes se chargent elle même de s’acquitter de la part dédiée aux auteurs/éditeurs. 7 centimes le titre tandis que les petits malins encaissent la part producteur soit 42 centimes environs (le chiffre peut varier selon le distributeur). Mais il faut surtout ajouter que dans « le monde selon google », le texte et les mots clés règnent. Et ces malicieuses reprises apparaissent en tête dans les résultats de recherches des plates formes. En particulier lorsque la version originale n’y est pas distribuée. ( Comme c’est le cas de Rihanna sur we7, mais également le cas sur le site français Beezik où l’on retrouve des « She Wolf » (as made famous by Shakira) à la pelle.















