Le blog de Bidibule

L'industrie musicale vue par...Comment dire ... Un artiste D.I.Y.

Tunerights: Vendez vos chansons avant qu'elles ne valent plus rien !

Tuneright.com est une startup Suedoise qui vient de lancer son service de « marketplace pour chanson » en version béta. L'objectif affiché est de transformer les fans en investisseurs promoteurs, d'apporter des fonds aux créateurs en transformant au passage les œuvres en « valeurs comme les autres ». Sans surprise, le participatif vient de faire un bon vers le jeu spéculatif en ligne...Mais en pleine crise économique, la chanson est elle vraiment une valeur refuge ?





Du côté des artistes :

Les créateurs de tout poils ( mais suédois uniquement dans cette version béta) sont appelés à enregistrer leur chanson sur Tuneright.com . Viendra ensuite le douloureux moment de donner une valeur à son œuvre. C'est à dire créer une offre négociable destinée aux éventuels futurs investisseurs .Par exemple 100€ pour 10% de la chanson. En cédant ce pourcentage de son œuvre, le créateur cède également le même pourcentage sur les revenus générés par son exploitation. Reste bien sûr à déterminer ( je suppose dans l'offre) quels types de revenus peuvent ainsi être partager. Sur ce point Tuneright.com reste assez énigmatique pour l'instant et se contente d'un :
« Revenue streams are different for each investment and may include, but are not limited to, digital downloads, radio plays and licensing (ex. film and television). »


Du côté des internautes investisseurs:

Les internautes pourront eux parcourir les offres sur la plate forme Tuneright.com, acheter mais également négocier des parts. Je vous propose de regarder la présentation vidéo pour vous faire une meilleure idée de la chose...





Si Tuneright.com est un service innovant, il n'en pose pas moins de nombreuses questions. Comment est légalement opérée la cession de droit, comportera elle comme dans la plupart des contrats des clauses de durée et de territoire ? Comment se passe la rémunération des investisseurs ? Sous quel délais ? Sur quelles bases ? Sur celles fournies par les créateurs eux même ? Enfin quelle valeur donner à une œuvre ? Affaire à suivre ...

Sacem : vers une compatibilité avec les Creative Commons ?

Beaucoup de jeunes artistes, auteurs compositeurs interprètes qui veulent se lancer à l’assaut du web , voient dans le droit d’auteur un frein. Ainsi certains d’entre eux préfèrent diffuser leur œuvres sous licence Creative Commons. La Sacem a-t-elle évolué sur la façon ont elle pourrait accueillir ces jeunes artistes lorsqu’ils en émettent le désir ? Allons nous vers une compatibilité SACEM /Creative Commons ? C’est très exactement la question que l’équipe de Wearemusik.com ( en la personne de Remi Bouton) est allé posé directement aux intéressés. Je vous propose de vous téléporter au Midem 2010 pendant la conférence de la SACEM.



Alex Toucourt : "je voulais coucher moi, mais j’ai pas réussi !"

Il a plus de 300 concerts au compteur, il a assuré les première parties de Renan Luce, San Severino, les Ogres de Barback ou même Tracy Chapman. Alex Toucourt nous fait l'honneur de se poser le temps d'un échange agité sur le blog d'un artiste en développement dans un monde en crise, histoire de fêter la sortie de « Studiorange ». Un premier album disponible sur Itunes des le 31 mai et un mois plus tard (mais la même année) dans les bacs …


Bonjour Alex Toucourt... Cette interview tu préfères la faire la tête en bas ? Débout ? Allongé ou en me tournant le dos ? Bon plus sérieusement est ce que tu veux que je te prête mon peigne ?

Allongé ça me va bien, peinard, détendu…
Pour le peigne, vaut mieux pas, si je le passe dans mes cheveux je vais te le casser…



Tu as un beau parcours d'artiste en développement, dis moi ? Finaliste des découvertes PRINTEMPS DE BOURGES 2009 , un premier LP en 2007 puis cet album « Studiorange »...Quelles ont été rétrospectivement pour toi les grandes étapes de ton aventure musicale ? Est ce que tu as couché ? ( Si oui je peux avoir son numéro de téléphone ? )

Ven ouais j’voulais coucher moi, mais j’ai pas réussi !
plus sérieusement, y a 2 grandes étapes, la première c’est le jour où j’ai décidé d’arrêter mes études pour me consacrer à ma musique, la seconde c’est le jour où j’ai quitté le groupe que j’avais formé 7 ans plus tôt pour me lancer en solo. Après y a plein de supers moments de scène qui restent gravés, la liste est longue…

Qu'est ce qui est le plus important pour toi faire des chansons parce que ça plait aux filles ? Faire de la scène parce que ça plait aux filles ? Faire les deux parce ça plait aussi aux filles ?

Faire de la musique pour plaire aux filles, c’est une bonne raison quand on est ado et qu’on vient de s’acheter une guitare qu’on trimballe sur la plage, je sais de quoi je parle… Après heureusement on se découvre d’autres motivations ! Pour moi l’essentiel c’est la scène, le partage, l’énergie, l’échange avec le public, à l’inverse des concerts, je déteste répéter…


Qu'est ce que tu penses d'Internet , du téléchargement illégal et des pizzas aux fromages ?

Internet, c’est l’outil de comm. que j’utilise le plus, de ce point de vue là j’en pense que du bien. Le téléchargement illégal, en revanche, je suis contre, ça dévalorise complètement le travail des artistes, les gens n’ont pas conscience qu’ils tuent eux-même à petit feu les artistes qu’ils aiment et dont ils sont fans, et c’est tellement banalisé que ça fait peur !
Les pizzas au fromage, ok mais faite maison alors



Ton premier EP est sur les plates formes de streaming. On peut donc l'écouter sans payer et en plus ça ne te rapporte pas grand chose. Ça t'inspire quoi ?

Quand on est en développement comme je le suis, je vois ça comme une vitrine supplémentaire pour aller vers le public de manière directe et facile, ça remplace d’une certaine façon les télés et radios auxquelles il est difficile d’avoir accès, alors non j’y gagne pas grand chose financièrement mais ça contribue à élargir l’auditoire, et le but est évidemment de donner envie de venir voir un concert, d’acheter l’EP et encore plus le 1er album.



Quelles sont pour toi les 5 grandes qualités que doit avoir un artiste pour réussir ?

il doit savoir chanter juste et jouer d’au moins un instrument en même temps
il ne doit jamais oublier de dire bonjour et merci où qu’il se trouve
il doit toujours sentir bon, au moins un peu
il doit connaître le nom d’au moins un des quatre Beatles
et enfin il doit dire à tout le monde de venir le 25 juin au Hublot à Nancy pour un concert spécial pour la sortie du 1er album d’Alex TOUCOURT avec des invités et des surprises…



Quelles sont pour toi les 5 grandes qualités que ne doit pas avoir un artiste pour réussir ?

il ne doit pas être trop gentil
il ne doit pas être trop généreux
on ne doit pas pouvoir toujours compter sur lui
il ne doit pas avoir trop de diplômes
et enfin il ne lui est pas nécessaire d’avoir une mémoire infaillible si tant est qu’il n’oublie tout de même pas de dire à tous les gens qu’il connaît, y compris sa famille proche et éloignée, de venir le 25 juin au Hublot à Nancy pour un concert spécial pour la sortie du 1er album d’Alex TOUCOURT avec des invités et des surprises…




Je te souhaite un long succès Mr Alex Toucourt , et avant de nous quitter , est ce que tu peux nous faire une petite confidence sur tes projets ? Allez … Hein ? Tu peux tout me dire, ça ne sortira pas d'internet.

Dans l’immédiat et avec la sortie du 1er album, j’espère faire un maximum de concerts si possible pendant un bon moment, et parallèlement je vais d’ores et déjà me remettre à écrire tranquillement pour préparer la suite…

Mspot Beta : Ayé on l’a dans le cloud ?

Au dessus du petit monde de la musique, le temps tourne au « cloud ». Accéder à sa propre bibliothèque de musique de n’importe quel ordinateur ou mobile, vous en rêviez ? Mspot l’a fait. La version Beta est déjà disponible et on nous annonce une version publique en juin. J’oubliais, Mspot ne reverse pas un centime aux ayants droits, à juste titre ou pas ?



Ciel nuageux au dessus de la musique en ligne !

Mspot devrait se synchroniser de façon transparente avec Itunes , Windows media player ou un répertoire de votre choix. La version gratuite propose 2gb d’espace de stockage. Un espace extensible à 10Go pour 3$ par mois et 20go pour 5$ par mois. Ceux qui ont déjà goûté aux joies de la sauvegarde sur serveur distant le savent déjà , le premier upload risque d’être plus ou moins douloureux selon la taille de votre bibliothèque ou la qualité de votre connexion. Les internautes désireux de tester le service peuvent s’inscrire dans ce coin si du net afin de tenter d’obtenir un code de beta.

http://www.mspot.com/music/email-received.php?passcode=digitalmediawire



Notes : MSpot imposerait une limitation au streaming de fichier à 1 accès PC ou MAC ou 3 accès mobile simultanés.

Révolution ?

Assurément non ! Pour exemple, Orange propose gratuitement depuis des mois à ses abonnés un service de clouding "Mes données" (Activable dans votre espace perso) permettant aussi le streaming de fichier audio et un espace disque de 20go. Je vous invite également à tester Subsonic qui offre un service Web based intéressant bien que différent. (Il s'agit en fait d'un serveur Web pour héberger son propre Deezer like sur sa machine )

C’est donc plus sur le mode d’utilisation pour ne pas dire l’expérience utilisateur : upload transparent, synchronisation Itunes/WMP, création de playlist, accès par mobile… Que la différence devrait se faire. Restera aux acteurs du clouding à séduire des internautes déjà très sollicités (streaming ...), mais surtout à terme à pérenniser ce type de service en réussissant le virage de la monétisation … Une partie loin d’être gagnée. Surtout qu’ils devraient être nombreux (Apple, Google...) à viser les nuages et en attendre la lune.


L’insatiable monstre de la copie privé en question…

La « taxe » sur la copie privée s’est jusqu’ici adaptée à tous les nouveaux supports : de la K7 audio au CD, Stockage de masse. Pourrions nous voir appliquer une taxe similaire à ce mode de stockage et d’accès distant ?

La question est forcement épineuse puisque l’existence même de la « taxe » sur la copie privée est sujet à polémique. Et ce jusque dans le camp des ayants droits et des créateur où le mode de répartition « proportionnel aux droits générés » est souvent moins perçu comme un moyen de soutenir la création que d’enrichir un peu plus ceux qui en ont le moins besoin.

Faut-il pour autant laisser s’installer un commerce de l’accès au contenu qui ne participerait d’aucune façon à son financement ? En même temps, comment exiger de ces offres naissantes ce que l’on ne demande pas aux services de téléchargement direct comme Rapidshare ou Megaupload, voir aux F.A.I. ?

Airtist contre attaque !

Le téléchargement de musique financé par la publicité, les deux fondateurs d'Airtist.com le connaissent bien. Ils l'ont même inventé. Faute d'annonceurs , la plate forme Montpellieraine s'était faite doublé par un opportuniste clone Beezik.com . En s'associant à la 4e régie publicitaire internet française Horyzon Media. , Airtist compte bien prendre sa revanche. Au programme l'absence de DRM et du 320 Kbs sur un catalogue de plus de 2500 artistes indépendants et de quelques labels connus : Roy music, Scorpio , XIII Bis records …




Pas à pas ...
Pour vous faire une idée du service, je vous propose un pas à pas à comparer à celui de Beezik de ce côté ci du blog.

Enfin, Un peu plus bas, vous trouverez quelques pistes d'analyse... Car le modèle de téléchargement gratuit financé par la publicité n'est pas sans poser de question.

Première étape se créer un compte gratuit sur Airtist.com ( ou pas , comprenez que ce n'est pas indispensable pour tester le service) et partir à l'assaut du catalogue. Une fois votre titre trouvé, il suffit de vérifier sa disponibilité par téléchargement gratuit et de cliquer sur le bouton vert !














Ceci fait il vous faut un choisir un annonceur...














Et en route pour quelques secondes de plaisir publicitaire intense pour ton cerveau disponible ...














Si comme moi, vous comptiez profiter de cette pause pour checker vos mails, ouvrir une autre page web, un petit rappel à l'ordre ...















C'est à ce moment là qu'Airtist s'allume une cigarette et te sort "Alors, Heureuse ? "

















Et c'est cadeau !















Ça ne coute rien... Mais ça rapporte combien. ?


Si je suis bien entendu heureux qu'airtist puisse désormais pérenniser un modèle qu'ils ont été les premiers à porter, le téléchargement gratuit financé par la publicité vient aussi m'interroger en tant qu'artiste autoproduit et donc ayant droit.

Un téléchargement 8 à 12 fois moins rémunérateur que sur Itunes...
Pas de grande nouveauté hélas sur ce point, ce mode de consomation est aussi peu rémunérateur sur Airtist que sur Beezik. 12 centimes d'euro par titre part sacem incluse. La part forfaitaire de la sacem ( 7centimes /titre) amputée , la part producteur est de seulement 5 centimes d'euro. Comme vous pouvez le constater sur le graphique ci dessous la part producteur ( donc celle de l'artiste si il est autoproduit) de ce type de téléchargement est au moins 8 fois inférieur à un téléchargement classique sur Itunes. ( dans le cadre d'une distribution numérique classique) et jusqu'à 12 fois inferieurs ( Dans le cadre d'un agregateur comme Zimbalam)


Une telle micro rémunération vient poser une série de questions complexes aux ayants droits. Doit on vendre à tout prix ? Mieux 5 centimes que rien ? A quelle somme je décide de ne pas vendre ? Et si je décide de vendre à ce prix , existe il un risque de cannibaliser mes ventes traditionnelles et plus rémunératrices ? Est ce que je participe d'une certaine façon à la spirale de dévalorisation de la musique enregistrée ? Dois je essayer utiliser l'offre comme un moyen promotionnel sur 1 ou 2 titres ? Sur tout mon catalogue ?



















Une distorsion du système de répartition

Le téléchargement full gratuit pour l'utilisateur et financé par la publicité induit également une distorsion de la part droit d'auteur dans le système de répartition actuel.
C'est un point qui est rarement relevé par ceux qui se penche sur le système, ce que je trouve très étonnant. Sur un titre vendu sur Itunes, la part sacem forfaitaire s'élève à 0.07€. Cela représente donc environ 10% du revenu du prix unitaire hors taxe. Dans le modèle de téléchargement financé par la publicité , la part sacem reste inchangé mais représente 58 % du prix unitaire hors taxe.















Le podcast Saison 1 Episode 1 ...

Nous en parlions depuis longtemps , il est enfin là . Voici le premier épisode du podcast commun entre Ziknblog.com et Wearemusik.com. Nous allons essayer de nous retrouver tous les 15 jours pour un peu de décryptage, de débat et d'échange sur ce que devient la musique sur internet. Au programme de cette première émission :

Une publicité pour numéricable qui fait débat
La musique au forfait
Le retour d'Alban Martin
Apihadopi,
Rock'n'road et la télé réalité musicale au canada...

Pour en parler Caroline Fontaine de Ziknblog.com , Frédéric Neff de Viva musica et moi même …


Si vous voulez vous aussi participer à la prochaine émission, contactez nous ...C'est à lire sur place :






Ou à emporter : MP3 - OGG - M3U - XML

Marie Paule Belle et l'échelle des valeurs dans le participatif

On nous avait promis de dénicher et faire émerger les talents de demain. Mais contre toute attente, le modèle participatif est aussi devenu une occasion inespérée pour stars oubliés et candidats malheureux de la télé réalité de retrouver le chemin des studios d’enregistrements. Après, Leopold Nord, c’est Marie Paule Belle qui a lancé la production de son futur album sur le site belge AKA MUSIC…

Pour les stars des années 80 , c’est l’amour …

Alec Mansion a connu un succès dans les années 80 avec son frère. Son « c’est l’amour » s’est hissé jusqu’à la deuxième place du sacro saint TOP 50. Un beau jour Alec découvre les labels participatifs « .Je ne me suis même pas posé la question de savoir si j’allais réfléchir,et j’ai bien fait ». En effet quelques mois plus tard, plus de 500 internautes produisent son nouvel album sur site belge AKA MUSIC. Un disque de duo où il invite Jean Pierre Madère, Plastic Bertrand, Richard Sanderson , Jean Schulteiss et même Début de soirée. Une succès story qui n’a pas tardé à faire des petits. Il y a quelques jours, Marie Paule Belle a à son tour lancé la production d’un nouvel album sur un label participatif. « De Belle a Barbara » a déjà séduit les internautes qui ont investi plus 8000€ sur Aka music. Une surprise ? Pas vraiment…

Il y a 20 ans il fallait faire un album pour se faire un nom , aujourd’hui faut-il avoir un nom pour faire un album ?

Si les sites de production communautaire se sont d’abord positionnés en « découvreur de talent » , une médiatisation, même ancienne est un atout dans la jungle participative. On découvre par exemple et sans grande surprise dans le haut des classements : Bon nombre d’ex Staracademiciens… De même, l’expérience définie ( faussement selon moi) comme « devenir producteur » est en grande partie valorisée par un nom. Un nom que l’on connaît déjà, qui garantie une qualité , une exposition, une médiatisation, un retour sur investissement mais surtout une valorisation de l'expérience. « Tu sais que je coproduis le dernier Desireless ? » sonne mieux que « tu sais que je produis le 1er disque Pierre Lasemoule »
A la lumière de cet élément, on pourrait tenter de reconsidérer l’étonnant succès participatif de Marc Dorcel . Il était en effet question de coproduire un film X , mais pas n’importe quel gonzo de bas étage, un film X de Marc Dorcel. Un succès à attribuer au modèle participatif ou au célèbre producteur ?

Nous pourrions même aller plus loin en imaginant qu'il existe sur ces sites une valorisation par comparaison. L'ex staracademicien étant toujours moins inconnu que l'inconnu lambda.













Voir même une valorisation par association que l'on connait bien même chez nous pauvres blogueurs …













Et qui visiblement dans le cas du participatif arrive jusqu'à ce genre d'extrémité















La recette My major Company , un glissement de valeur ?


Nous pourrions aussi nous arrêter aussi sur le cas de My Major Company qui a réussit par un succès populaire puis un second à donner de la valeur à son propre nom et ce au moins autant auprès des artistes qu’auprès des internautes. Il y a il me semble dans ce glissement valeur , une des clés du succès de MMC … Ce qui a de la valeur ce n'est pas de produire un tel ou un tel mais de le produire sur mymajorcompany. Et je trouve ça bien joué.













Mais il est surtout intéressant de noter qu’au final le public , du moins celui qui se laisse tenter par les sirènes du participatif reproduit ce qui a longtemps été reproché aux professionnels de la musique, en se tournant vers ce qui a déjà marché , ce qui est déjà connu, ce qui est le moins risqué. Pour apporter un regard plus positif , on pourrait dire qu'il se tourne naturellement vers ce qui le valorise et valorise sa démarche.

Reste à savoir pourquoi Public Enemy peine à lever 50 000€ depuis des mois sur Sellaband ou expliquer pourquoi les incursions participatives de Mademoiselle K ou Cock Robin ont connu un succès plus mitigé…Suite au prochain épisode.

Spotify : De nouvelles marches vers le Premium

Spotify, le célèbre service de streaming de musique a décidé d'ajouter des marches dans son escalier vers le premium. De nouvelles offres viennent en effet de voir le jour. Le blog d'un artiste en développement dans un monde en crise est allé jeté un oeil sur « Unlimited » et « Open » , deux nouvelles façons d'utiliser Spotify et peut être de transformer les 7 millions d'utilisateurs de Spotify Free en utilisateurs payants …

Un nouveau forfait payant deux fois moins cher que le premium...

Spotify Unlimited est facturé 4.99€ par mois. C'est à dire deux fois moins cher que l'offre premium originale. Mais à ce prix là bien sûr il faudra faire beaucoup de concessions, comme tirer un trait sur la qualité sonore améliorée ( et donc l'encodage 320kbs), l'écoute hors ligne et l'écoute sur mobile. Une offre uniquement « connected computer friendly ». Reste l'absence de publicité et la possibilité d'importer ses propres fichiers...


Un forfait gratuit pour gouter ( un peu ...très peu ) aux joies du payant

Autre Nouveauté, « Open » permet d'essayer le service sans invitation ou code d'activation SMS pendant 20 heures par mois. Des versions payantes « Premium » et « Unlimited » , « open »ne conserve que la possibilité d'importer ses propres fichiers. L'offre est financé par la publicité et réservé à l'utilisation sur ordinateur.


La question du jour est de savoir si ces offres apportent véritablement quelque chose dans la transformation d'utilisateur du gratuit au payant. Spotify a visiblement décidé de jouer la carte de la progressivité au risque que rendre l'offre complexe. Affaire à suivre

Les Bubblies : Ce groupe qui ne fait décidement jamais rien comme les autres

Aujourd'hui pas de prose sur Bidibule.fr, j'ai décidé de partager avec vous et en vidéo ma petite découverte du matin...Moteur !


Yozik.com sur les traces de Zimbalam ?

De Yozik.com nous connaissions jusqu'ici les boutiques exportables, celle qui permettent aux artistes de vendre sans intermédiaire (ou presque) sur myspace ou un site internet. Mais désormais , cet acteur français propose aussi un service de distribution sur Itunes, Deezer & co. Un nouveau concurrent pour Zimbalam ? Le blog d'un artiste en développement dans un monde en crise est allé poser quelques questions à Henri Pierre Mousset. Rencontre …







Bonjour, jusqu'ici Yozik s'était surtout illustré par ses boutiques numériques sur mesure. Aujourd'hui vous vous lancez dans la distribution numérique, pourquoi une telle évolution ?

Nous le faisions depuis longtemps pour certains artistes et labels utilisateurs de Yozik, en plus de la vente directe qui est c'est vrai notre spécialité. Notre but est de générer des revenus pour les artistes, et pour cela on ne peut pas passer à côté de iTunes et de son système de paiement super simplifié. En vendant sur les plateformes, on perd le contact direct avec le fan qui achète, mais en moyenne des utilisateurs de Yozik on double les revenus du digital par rapport à la vente directe. C'est aussi plus simple d'avoir la même plateforme pour uploader son contenu et le vendre par les différents circuits existant. Comme tu le sais les revenus sont en baisse pour la musique et il faut utiliser toutes les solutions existantes pour limiter les dégats. On avait également eu de bons retours de Deezer permettant la mise en avant de groupes indés ou en développement. Ils ont une ligne éditoriale très ouverte je trouve, et on voulait en faire profiter les artistes de Yozik.


Il est difficile de ne pas comparer votre offre ( vous le comprendrez) à celle de Zimbalam. Quelle est la valeur ajoutée de Yozik ? Pourquoi les artistes et labels doivent aller chez eux et pas chez vous ?

On a pas la force de frappe de Believe (ni les capitaux d'ailleurs), donc moins de plateformes (à ce jour) que Zimbalam. Je pense qu'en tant que petite structure, et basés en France, on est plus à l'écoute des artistes pour les conseiller dans leurs sorties numériques, et on a carrément des outils plus variés à leur proposer pour diffuser leur musique et toucher des fans : sur leur site, Facebook... La différence c'est aussi notre transparence : pas de coût caché (comme les frais de résiliation) et notre discrétion : des players 100% à l'image de l'artiste.


Sur quelle plateformes distribuez vous les artistes et labels ?


iTunes, Fnac, Virginmega, Amazon mp3 (usa), et sur la plateforme de streaming Deezer.



Allez vous ouvrir sur plus de plateformes ?

C'est un travail continu d'intégrer de nouvelles plateformes. Comme on a beaucoup d'artistes electro, on a cherché à élargir notre offre avec les (nombreuses) plateformes spécialisées en electro. Nous venons de signer des accords avec Juno, BeatDigital, DJTunes et BeatPort (après sélection éditoriale), on est en train de finaliser avec Nokia et on discute avec Spotify, SFR, Napster, etc.



Vous avez négocié avec Deezer, combien vous rapporte une écoute de stream ?

Le taux varie chaque mois en fonction du nombre d'écoutes totales sur Deezer et de leur revenus publicitaires, et nous n'avons pas de minimum garanti (je crois que ça ne se fait plus). En moyenne sur les derniers 6 mois c'est
0.02€ par stream payé par abonnement (offre Premium +)
0.008€ par stream payé pour la diffusion HQ
0.003€ par stream payé par la publicité, au passage moins que les 0.005€ que Deezer verse à la Sacem pour les Auteurs/Compositeurs sachant que le se stream gratuit (payé par la publicité) représente 96% des écoutes et 75% des revenus.
Pour les artistes que nous avons eu la chance de placer en page d'accueil, dans la radio ou le slider de présentation de la home, cela représente quelques dizaines d'Euros par mois, c'est toujours ça de pris. Je trouve que Deezer est plus ouvert aux nouveautés et aux découvertes pour la sélection de leur page d'accueil que d'autres média, sans passer forcément leur choix au crible du budget publicitaire.



Vous avez opté pour une formule d'abonnement à l'année contrairement à Zimbalam qui a misé sur des frais de mise en ligne sur le mode « One shot » . Pourquoi ?


Non non les frais sont aussi uniques et payés une seule fois par single ou album, par contre il y a un abonnement annuel de 29€ pour un groupe ou 199€ pour un label qui nous permet de payer les frais fixes de chaque compte utilisateur (facturation, conseil) et les autres services apportés par Yozik : streaming, boutiques intégrées...

J'en profite pour remercier Bidibule pour son regard souvent pertinent sur le monde de la musique, hors des sentiers battus et des poncifs sur la révolution internet.
Bonne route donc.


Merci




John Carpenter et moi... Où les dérives du "Direct to fan"

Pour cause de chute libre des ventes, le petit monde de la musique , avec en première ligne les créateurs, est appelé à diversifier les sources de revenus. Après le « monte sur scène et le ciel t'aidera », la relation fan artiste est désormais désignée parachute officiel des artistes dans l'air du temps. Mais dans cette course à la monétisation alternative , n'avons nous pas oublié quelque chose ? Onfray ayant récemment tué Freud, je m'attaque décomplexé à l'analyse des dérives du dernier « y'a qu'à » en date.




Objection votre honneur …

Lorsque l'on me parle de monétisation de la relation fan artiste comme l'une des solutions à la crise de la musique ou du moins comme une voie praticable , plusieurs objections me viennent en tête. La première traduit une certaine inquiétude, une inquiétude que je pense partagée. Du moins si j'en crois les commentaires que certains d'entre vous ont récemment laissé dans ces colonnes numériques. Comprenez que lorsque l'on parle de monétiser une relation artiste public jusque dans l'organisation de diner , de livraison de petit déjeuner … Il m'apparait légitime que les créateurs trouvent le terrain glissant. N'est-on pas en train de dire aux agriculteurs de vendre des tours de tracteur ? Faut il aller aux toilettes avec ses potentiels auditeurs pour vivre de sa musique ? Pour commencer , je crois qu'il appartient à chaque artiste de trancher sur la question , de définir ce qui entre ou pas dans la démarche artistique qui est la sienne , voir aux efforts ou concessions pour lesquels il se porte volontaire.



Cependant, le problème est plus complexe car si l'idée est de monétiser une relation , encore faut il que cette relation existe, et donc être deux. Nous n'échapperons pas à la loi de l'offre et de la demande, posons nous donc la bonne question : Cette demande existe-t-elle ? Cette offre trouve t-elle preneur ? A considérer que l'essentiel de la masse raisonne comme Christian Audigier : oui ! Mais est ce vraiment le cas ? Nous allons prendre un exemple que je connais bien, le mien.


John Carpenter, Rihanna et moi …

Il se trouve que j'ai depuis mon adolescence beaucoup d'admiration pour John Carpenter , cinéaste et compositeur américain. Le monsieur nous a livré quelques uns des classiques du cinéma de genre et les B.O. qui vont avec : Halloween, new york 1997, Fog, They live etc …
Ma « fan attitude » (si je puis dire) se traduit par l'achat de place de cinéma , de DVD , de magazine spécialisé. A priori, je ne ressens pas comme un besoin, ou allons y plus franchement je n'ai pas envie que John Carpenter m'appelle pour me souhaiter mon anniversaire, ni de déjeuner ,ou prendre une douche avec lui. (ce qui je le concède dans le cas d'un fan de Rihanna se discute mais passons). Pour être tout à fait franc, je crains que l'expérience si elle m'était proposée dans le cadre de la monétisation Fan Artiste se rapprocherait d'une gène intense !

Les raisons en sont simples. La relation fan artiste est qu'on le veuille ou non une relation à trois. J'ai de l'admiration pour l'œuvre de Carpenter, Carpenter est le créateur de ce que j'admire, je vois Carpenter à travers le prisme de son oeuvre. Et pour tout vous dire: Je n'ai pas envie de désacraliser Carpenter. J'ai au contraire besoin de lui en tant que modèle , qu'idéal, qu'exemple, qu'un absolu pas en tant qu' autre être humain avec qui je peux entretenir une relation des plus conventionnelle. Soyons clair : J'ai besoin de croire que Rihanna n'a jamais les yeux collés au réveil et qu'elle n'a jamais pété de sa vie. Bref, je ne veux pas voir l'envers du décors car il n'a pas de sens particulier pour moi contrairement à l'endroit .

Je crois aussi qu'il est important de définir cette relation « tarifée »comme une expérience de relation , un Ersatz de l'intime et en rien une relation construite et authentique ce qui pour moi lui enlève l'essentiel de sa valeur et peut poser d'autre questions peut être plus philosophiques que je me garderai bien d'aborder ici.


Et quand bien même …

Si ce que je considère comme les dérives du D2F étaient véritablement l'avenir ...Cela ne serait pas sans poser un problème plus structurel. J'aimerai savoir ce qui est réservé à ceux d'entre nous ( auteurs, compositeurs , arrangeurs et j'en passe ) qui ne sont pas en « front ». Ceux qui ne pourront pas emprunter ces voies et qui pourtant sont au cœur, à la source de la création. Si ces nouveaux revenus constituaient à l'avenir la source viable et significative de financement de la musique , il m'apparait évident que de nouvelles clés de répartition devront être créée, sous peine de laisser bon nombre de ceux qui font la création sur le bord de la route.

Le label Roy Music passe au forfait ...


Après s'être essayé aux sports divers (Le participatif avec Buzz My Band, le prix de l'album déterminé par l'internaute et j'en passe ) le label parisien Roy Music passe au forfait annuel ! Au programme trois pass au parfum olympique pour accéder aux pistes musicales maison. Une façon comme une autre de financer la station en échappant au tire fesse de la distribution ? Après tout la crise de la musique est une montagne comme une autre... Non ?




Forfait Roy de Bronze 50€ pour 2010

- Donne accès aux albums au format digital Roy Music 2010 en avant première.
Soit entre 50 et 80 titres.
- 3 albums MP3 au choix du catalogue Roy Music
- Des contenus exclusifs (MP3 inédits, Vidéos...)

Forfait Roy d'Argent 100€ pour 2010

- Donne accès aux albums au format digital Roy Music 2010 en avant première.
Soit entre 50 et 80 titres.
- 6 albums en MP3 au choix du catalogue Roy Music
- 2 CD offerts, sélectionnés par nos soins.
- 1 invitation pour un concert de votre choix sur un artiste Roy Music en 2010
- Invitations pour 2 personnes à tous les after show organisés après les concerts importants de nos artistes.

Forfait Roy d'Or 150€ pour 2010

- Tous les albums Roy Music en mp3 (plus de 230 titres)
Tous les albums 2010 en mp3 en avant première et CD et Vinyl si c'est le cas
+ tous les éléments promo envoyés aux journalistes (goodies, CD promo…)
- 1 album CD au choix dédicacés par l'artiste livré chez vous
- 3 CD offerts, sélectionnés par nos soins.
- des MP3 inédits, des CD cadeaux.
- Invitations pour 2 personnes pour un concert de votre choix sur un artiste Roy Music.
- Invitations pour 2 personnes à tous les after show organisés après les concerts importants de nos artistes.
- Invitations à tous nos concerts privés et quand cela est possible invitations plateau radios, plateau tv, enregistrements



Génial ? N'importe quoi ? Trop cher ? Pas assez ? Le forfait label a-t-il à vos yeux un avenir ? Rendez vous dans les commentaires...


Quand Noomiz nous fait la leçon ... ou pas !


Leçon N°1 - Former ses groupies
envoyé par Noomiz. - Regardez plus de clips, en HD !



Cette semaine , Noomiz la plate forme qui se voudrait bien la passerelle entre les artistes et les professionnels de la musique s’est lancée dans une surprenante opération de communication. Au programme 4 leçons à l’usage des artistes en devenir , le tout publié au compte goutte (une vidéo par jour) sur Dailymotion. Des teasers humoristiques d’énièmes services « innovants » et « révolutionnaires » ? Non ! Heureusement cette fois, ce n’est que de l’humour … On a eu peur et je ne vous cache pas qu’il y a eu quelques blancs au téléphone au moment où m’a proposé de « former mes groupies » … ;)))



En attendant, Noomiz poursuit son chemin avec plus de 1100 artistes inscrits et 1000 visiteurs uniques par jour sans avoir véritablement communiqué sur le grand public. Les premiers rendez vous des artistes avec les DA seraient même en train de porter leur fruit. Du côté de la plate forme, la nouveauté à venir est un widget exportable qui se configure en 3 clicks et s’intègre à facebook. Affaire à suivre...

L'homme qui voulait surfer sur l'Hadopi

Connaissez vous Renaud Veeckman? Cet Avignonnais de 36 ans s’est fait connaître en déposant la marque Hadopi quelques mois avant le ministère de la culture. De ce joli coup de buzz qu’il qualifie d’acte de résistance citoyenne, est née l’idée de proposer une plate forme de téléchargement « favorable aux créateurs de contenus ». Intrigué par l'énoncé j'ai décidé d’en savoir plus et j'ai donc posé quelques questions par courriel à l'homme qui voulait surfer sur la loi « Internet & création ». Entre Combat idéologique et Business plan, qui veut profiter de la vague Hadopi ? Ces potentiels nouveaux acteurs de la musique sur internet en maitrisent-ils toutes les réalités économiques et humaines ? Qu'apportent ils de véritablement neuf ? Il n'est rien de dire que le message qui nous est envoyé reste brouillé. Tentative de décryptage ….




Bonjour Renaud , merci de prendre un peu de votre temps pour me répondre. Vous vous êtes fait connaitre en déposant la marque HADOPI , quelques mois avant le gouvernement. Quelle était le sens initial de cette démarche ?

Renaud Veeckman: Un soir de mai 2009, un apéro, des amis, une terrasse sur les toits à deux pas de la Chapelle du Verbe Incarné et Hadopi. Nous partagions alors une indignation commune sur cette loi qui s'annonçait être en dehors de son temps, inappropriée à nos usages et dangereuse pour les libertés individuelles. Chacun autour de la table ne voulait croire en la possibilité de son application. Ayant regardé une grande partie des débats de l’Assemblée Nationale. Il nous apparaissait évident que ce projet défendait des intérêts financiers et qu’il ne pourrait être modifié en aucun cas. Pour contrer le marketing politique qui nous était imposé , nous décidions de rentrer dans du marketing pur. C’est ainsi que nous vint l’idée de déposer le terme Hadopi à l’Institut National de la Proctection Industrielle . Après vérification d’une possible antériorité, la marque était déposée. Il s’ensuit une longue période de calme.

Le 9 janvier : coup de théâtre ! Nous apprenons que l’Etat a déposé -sans nous prévenir- la marque et un logo (piraté). Un appel à l’AFP et l’information est lancée : l’Etat n’est pas le seul dépositaire de la marque Ha­dopi. Le buzz s’amplifie ; les interviews s’enchaînent (LCI, Canal+, France3, La Provence, Radio France, NRJ, Sud Radio, ...). Alors, du pur acte de résistance citoyenne naît le projet d’une plateforme mutualiste de diffusion et de téléchargement de contenus légaux et rémunérés : Apiadopi.fr

A l’Hadopi coercitif de l’Etat, nous préférons la liberté et la justice au service de la diffusion artistique. Nous croyons primordial de redonner les possibilités d'un marché libre et non-faussé des biens culturels et notamment sur Internet. Toute régulation par la puissance publique procède en ce domaine du conservatisme et de la défense de quelques acteurs économiques. La loi dite « Olivennes » puis « Création et Internet » puis « Hadopi » en est un exemple flagrant. Son application est un frein à la naissance de tout nouveau modèle. Mais qu'est-ce donc que le modèle Apiadopi ? Un principe simple : une clé de répartition dans la diffusion des œuvres favorables aux créateurs de contenus.
Ca s'était l'idée initiale. Depuis Apiadopi a bien évolué.


Justement vous parlez d'évolution , en septembre prochain vous lancez votre plate forme , quelle est la proposition que vous allez faire aux artistes et ayants droit ?

Renaud Veeckman: Nous partons du principe qu’avant d’acquérir une œuvre, il faut auparavant la découvrir et l’apprécier. C’est pourquoi Apiadopi va proposer aux fans et aux artistes de se rencontrer et de vivre ensemble leur passion. La plateforme offrira également aux membres des outils de discussion et de partage pour favoriser de nouvelles découvertes. Avec Apiadopi, nous allons créer un écosystème favorable. Sur les plateformes classiques le taux de conversion est extrêmement faible. Je crois de l'ordre de 2%. Sur certains sites adoptant le Direct to Fan (D2F) on peut dépasser les 20% !!! Mais pour y parvenir il faut se donner les moyens et ne pas demeurer frileux. En très peux de temps, nous sommes passé du marché physique au dématérialisé. Les pratiques culturelles ont été bouleversées par Internet ; les accès aux œuvres se sont multipliés. C'est une grande chance pour tous les acteurs qui ont décidé de suivre le sens de l'histoire. Paul Krugman, prix Nobel d’économie souligne la mutation nécessaire des règles du marché : « Octet après octet, tout ce qui peut-être numérisé sera numérisé, rendant la propriété intellectuelle toujours plus facile à copier et toujours plus difficile à vendre plus cher qu’un prix nominal. Et nous devrons trouver les modèles économiques et les modèles d’affaires qui prennent cette réalité en compte. »

Ce que nous proposons aux artistes et aux ayants droit, c'est de rejoindre cette démarche : partager une partie de sa musique pour se faire connaître, lier un contact fort à sa "fan base" et enfin concrétiser la relation monétisée (vente, abonnement, sponsoring...). Enfin nous invitons surtout les artistes et ayants droits à être totalement libres dans le système : de fixer leurs prix, de les modifier à volonté, d'envisager leurs business comme ils l'entendent. A tous ceux qui pensent qu'un album doit être vendu à 9,99€ et que le titre doit être à 1,29€, nous disons vous êtes aussi les bienvenus. La seule règle que nous fixons est la clef de répartition hors taxe : 70% pour l'artiste ou l'ayant droit et 30% pour la plateforme. Apiadopi est un projet ouvert. Quiconque partage notre approche est le bienvenu.



Comment se passera la gestion des droits d'auteur des artistes sacemisés ?

Renaud Veeckman: Les auteurs, compositeurs et éditeurs de musique qui ont choisi la Sacem pour faire valoir leurs droits signent un contrat où l'ensemble des règles sont exposées. Ils leurs est notifié qu'ils ont l'obligation de déposer toutes leurs oeuvres, de respecter les statuts et le Règlement général de la Sacem. Ils leurs est également stipulé qu'ils font apport à la société du droit d'autoriser ou d'interdire l'exécution ou la représentation publique (télévision, radio, concert, spectacle…) et la reproduction (disques, cassettes, vidéos…) de leurs œuvres. Ceux sont les termes ecxacts. Je dirais donc que c'est à la Sacem d'estimer si leurs sociétaires pourront venir faire leurs promotions sur Apiadopi. Nous pensons évidemment que oui. L'avancé de la Sacem sur les Creative Commons nous autorise à être optimiste. Reste à définir avec elle les règles communes qui aboutiront à un accord bénéfique pour leurs adhérents.


Je vais formuler la question autrement : Est ce que Apiadopi reversera les droits d'auteur à la SACEM (7 cts le titre) sur les ventes générées ?

Renaud Veeckman: Oui bien sur. 7 centimes par titre et 70 centimes par album dans la limite de 15 titres.

Vous margez à 30%, c'est à dire une marge nettement supérieure à celle d'Itunes .Et Il existe dejà de nombreuses plateformes de téléchargement qui proposent une répartition 70/30 et où les ayants droits peuvent définir un prix ( Je pense à Airtist, Rollingbox...). Quels sont les services ajoutés qui rendront votre plate forme attractive pour les artistes ?

Renaud Veeckman: Qu'il existe déjà des plateformes qui reposent sur une répartition identique, cela n'est pas étonnant. Les charges (bande passante, salaires, impôts et taxes) sont avoisinantes pour tout le monde. Comme nous voulons créer une structure pérenne, il y a des invariants auxquels nous ne pouvons échapper. Un modèle basé sur les revenus publicitaires nous semble plus incertain. Concernant Itunes, je vous rappelle simplement qu'il faut faut payer 19,99€ par titre 29,99€ par album. Sur Apiadopi.fr il n'y aura aucun droit d'inscription. Autre point sur lequel je ne reviendrai pas : la totale liberté des créateurs dans le système.
Ces atouts ne nous semble cependant pas suffisant. C'est pourquoi nous allons développer des outils de promotions pour les artistes. Apiadopi sera la première véritable plateforme Direct to Fan accessible à tous les créateurs.

19.99e le titre et 29.99€ l'album ... Parlez vous d'un coût de distribution one shot d'un célèbre agrégateur ou d'un droit d'entrée exigé par iTMS ?

Renaud Veeckman: Il me semble qu'en France le célèbre agrégateur a l'exclusivité pour donner l'accès à la plateforme d'Apple. Si cela est le cas, poser sa musique sur Itunes revient bien à 19,99€ le titre et 29,99€ l'album.

Pouvez vous nous en dire plus sur cet aspect Direct 2 fan ?

Renaud Veeckman: Pour reprendre la définition de Virginie Berger, la spécialiste du Direct to Fan en France, le D2F est "un ensemble d’actions marketing se concentrant principalement sur la monétisation de la relation artiste et fan". il est aujourd'hui en plein développement outre-Atlantique. Ces business model ne dépendent plus uniquement de l’air play radio ou les diffusions de clips en TV. L'important pour parvenir à vendre, c'est de rencontrer son public et de partager son talent. Constituer sa "fan base" est indispensable. Nous allons donc offrir aux artistes et au public un lieu unique pour se rencontrer. Nous en reparlerons plus précisément très bientôt. Un petit scoop pour Bidibule, ça devrait bouger d'ici juin. ;-)

L’eurovision a contracté la grippe participative ...

Après la musique, le cinéma, la presse et le porno, voilà que le rendez vous annuel et européen de la chanson présente à son tour les symptômes de la grippe participative. La nouvelle nous vient de Belgique et n’a rien d’une blague. La chaîne nationale RTBF (Radio-Télévision belge de la Communauté francophone) s’est associé au site Aka-music pour trouver l’artiste qui représentera le pays au concours de l’Eurovision 2011. le blog d'un artiste au régime dans un monde qui donne la frite vous raconte tout...


Alors que l'on ne connaît pas encore le pays qui accueillera le sacro saint song contest en 2011, Aka Music et la chaîne Publique belge RTBF mettront en place le 25 mai un système de sélection inédit. Un site spécial devrait même voir le jour. Il devrait permettre aux artistes belges ou résidant en Belgique depuis 3 ans de présenter des maquettes et de tenter de lever 20 000€ auprès des internautes. Ceux qui parviendront à franchir ce cap participeront à une seconde phase de sélection où ils seront soumis au vote du public et d’un jury RTBF indépendant d' Aka music. Les autres verront leur production remboursée. Enfin lorsque la chanson représentant la Belgique à l’Eurovision aura été choisie, Akamusic remboursera sur leur compte Akamusic tous les producteurs des autres productions ayant atteint 100%. Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ? Non ?



Ne rigolons pas trop car en 2006, dans un obscure pays de forme hexagonale dont je ne citerai pas le nom, France Télévision avait elle aussi tenté de lifter le programme musical le plus kistch de l’année à grand coup de télé réalité façon pop star.

Le groupe de musique électronique représentait la Belgique au prestigieux concours de l'eurovision en 1980.


Labels Participatifs: Comparatif 2.0

Depuis mon premier comparatif des labels participatifs, de l'eau a coulé sous les ponts numériques. Les nouveaux positionnements des uns et les modifications des conditions d'utilisation des autres avaient rendu le fruit de mon labeur obsolète. Il était grand temps pour moi de corriger le tir et de me replonger dans les contrats et autres CGU de ces sites jusqu'à l'indigestion. Le blog d'un artiste en développement dans un monde en crise vous présente donc le comparatif des sites de productions communautaire, version 2.0 ou le parfait petit guide du cochon capitaliste qui sommeille en vous.


Suite à la publication de mon premier comparatif , un certain nombre de remarques ont été formulé. J'ai décidé de prendre en compte les plus pertinentes. Ainsi trois nouveaux critères font ici leur apparition :

-Les composantes de l'assiette servant de base de calcul des intéressements ( De quoi ?).
Il s'agit ici simplement d'évaluer la nature de ces composantes.

-La durée de l'intéressement des internautes ( Durée)

A savoir pendant combien de temps les internautes producteurs vont pouvoir prétendre obtenir une part des éventuels bénéfices lié à l'exploitation d'un enregistrement.

-La réception d'un cd (cd)
Ce qui permet de voir si le modèle du site est clairement axé sur un jeu spéculatif ou une forme de souscription (donc de pré-vente) présentant un volet spéculatif.


Notes: ce tableau présente des valeurs relevées sur les plateformes, il y a quelques semaines.



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Championnat du web de lancer d'artiste

Jusqu'ici les tremplins musicaux sur Internet avaient une légère tendance à se terminer en saut de l'ange pour les artistes. On croyait ce pendant Web de la star ac devenu un peu has been. Mais comme les beaux jours, les bonnes idées reviennent toujours. Le label AZ, lance ce jeudi 6 mai « Le premier Casting musical ...Sur facebook ». L'opération s'appelle « je veux signer chez AZ » et vient poser l'existentiel question aux chanteurs concouristes : Auras tu assez de talent ?




Le bonheur est à trois doigts de tes pieds ...


Le concours se déroulera en 3 étapes. Du 6 mai au 10 juin , les internautes sont appelés à envoyer des vidéos dans lesquelles ils interprètent deux chansons de leur choix. (Une en français, l'autre en anglais, ne me demandez pas pourquoi ). 90 seront sélectionnés par le Jury d'AZ , 10 par le public.

Ces 100 meilleurs candidats seront convoqués sur la scène de l'Olympia pour un casting de 3 jours dont les auditions seront intégralement diffusées en vidéo sur facebook. A l'issue de cette étape, ils ne seront plus que 40 à participer à une phase finale à l'Olympia du 8 au 9 Juillet.
Le gagnant repartira avec un signature pour un album chez AZ , 3 concerts au Sentier des halles et une première partie à l'olympia....

On va pas se mentir...


Alors si vous me posez la question , et bien non bien sûr qu' Az n'a pas inventé la roue avec ce concours ... « Je veux signer chez AZ » ressemble donc beaucoup à ces dizaines de concours musicaux lancés ces dernières années sur Internet. Le fait qu'une partie des sélections se déroule sur Facebook me semble assez anecdotique. On se souvient qu'EMI avait lancé en 2007 une opération très similaire sur la plate forme WAT.TV. Le fameux concours « Wat the fuck » tombé à l'eau après sa première cession remportée par Kolja.
Tout cela nous ramène donc à une époque où découvrir les stars de demain était une formidable opportunité de faire parler de soi. SFR jeune Talent, Les imprévus d’ AOl Musique , Ricard Live ! Wat the Fuck d’ Emi/wat.tv, CQFD. Chacun improvisait sa petite star ac. Les « Web Crochet »apparaissent de façon hémorragique en respectant une chronologie à la lettre On vote, on récompense et on oublie.

Pour faire un peu d'humour , il y avait beaucoup d'inscrits au « lancer d'artiste » , et personne pour les rattraper...Ce à quoi l'opération d'AZ apporte tout de même une réponse, (Soyons juste ! ) puisqu'un contrat est proposé au gagnant et non pas une guitare en chocolat ou son poid en micro shure. Reste qu'avec le nombre d'artistes talentueux qui pullulent sur le net, je ne peux m'empêcher de poser une question : « Est ce qu'un label a vraiment besoin de ça pour découvrir et signer un nouveau talent en 2010 ?». Enfin bon pourquoi pas ...


Gagne ta place pour le concert de Camelia Jordana (Europavox 2010)

Cette semaine je vous propose de gagner deux places pour le concert de Camelia Jordana du 21 mai à Clermont ferrand durant le festival Europavox. Pour avoir une chance de gagner ces deux places, il suffit d'envoyer un email à l'adresse suivante contact@bidibule.com avec pour objet : Concours europavox et en prenant soin d'ajouter votre nom et votre ville. Le gagnant sera désigné par un nain innocent ;) et contacté par mail...

Vous avez jusqu'au 10 mai minuit pour jouer ...

Edit : C'est
Nicolas Nierat de la Bourboule dans le 63 qui gagne 2 places pour Camelia Jordana ! Bravo à lui !


En attendant vous pouvez en savoir plus sur le festival Europavox en regardant cette vidéo :


Mediasic s'est retiré sur la pointe des pieds...

Alors que Myspace est devenu l’endroit où il ne faut surtout plus être sous peine de se faire étiqueter digital has been , les temps sont durs pour ses clones français. Hitmuse, Nomajors, Soundtribes ont déjà passé l’arme à gauche. A son tour Mediasic, la plate forme communautaire musicale qui rêvait de partager ses revenus publicitaires avec les artistes s'est retiré du web sur la pointe des pieds . Après deux ans d’aventure, Mediasic a donc fermé ses portes. Selon ses fondateurs, le trafic généré ne permettait même pas de maintenir «le paiement des serveurs et des différents services.

Pour ceux qui auraient besoin de se rafraichir la mémoire , voilà ce que l'on pouvait dire de mediasic il y a quelques mois : http://bidibulemusic.blogspot.com/2009/06/un-reseau-social-qui-paye-les.html

Depuis l'équipe de Mediasic est allé surfer sur le succès de Twitter en créant « OEDOO » un service de discussion en ligne, je cite « illustrant le concept du « Real Time » (en directe) »

Un groupe appelle au boycott d'un tremplin organisé par Sony music

Luke t'offre le Bataclan tel est le nom du tremplin rock organisé par Sony music France pour la promotion de l'album de LUKE. Du 20 avril au 12 mai , les groupes et artistes étaient appelés à soumettre une séquence vidéo live . A la clé la première partie de LUKE au Bataclan ... A l'ouest rien de nouveau , si cette énième "staracademisation" du web n'était pas en train de tourner au bad buzz gratiné .Chair Chant Corps, un groupe de Grenoble appelle tout simplement au boycott l'opération dans une vidéo postée sur Youtube...


Edit : La publication de cet article, l'équipe de Sony music a souhaité réagir à cette vidéo dans un commentaire que vous trouverez plus bas. Je précise que je n'ai pas été contacté en direct par l'équipe de Sony Music France et que par conséquent je n'ai aucun moyen de vérifier l'authenticité de ce commentaire.

Lili Ster: "Ce chamboulement économique apporte un renouveau"


Découverte avec une reprise de « Relax », Lili Ster a depuis collaboré à l'écriture de l'Opera Rock Mozart. « La Castafiore » son premier album n'est dans les bacs que depuis quelques jours, le blog d'un artiste en développement dans un monde en crise en a profité pour inviter la jeune artiste à nous livrer quelques uns de ses petits secrets … Entrevue Éclair avec la demoiselle...

Salut Lili, merci de prendre cinq minutes pour répondre à mes questions. Ça va ?

Oui.

Bon : Café , Coca , thé ?

Café

Pendant que je vais te préparer ça : Est ce que tu peux nous éclairer un peu sur ton parcours artistique. Comment les choses se sont enchainées ?

Mon éditeur a découvert mon projet sur maquette. J'avais à l'époque une petite dizaine de chansons bidouillées à la maison. Je jouais pas mal sur Paris avec mon trio de l'époque. Il est venu nous voir en concert et là ce fut un réel coup de coeur. J'ai signé le mois qui suivait notre rencontre. Aujourd'hui je suis très contente de notre collaboration. Avec mon producteur c'est différent. Au départ c'était mon manager. En fait, c'est une connaissance de quelques années déjà. Il n'a jamais quitté des oreilles mon projet et puis un jour il eut l'opportunité de produire mon disque. J'ai accepté avec grand plaisir sauf qu'il ne pouvait plus me manager en même temps. C'est pourquoi aujourd'hui je n'ai pas de manager. Pour le tourneur, il est tout neuf tout frais. C'est Blue Line...

Tu as écrit pour l'opéra rock Mozart ? Comment cela s'est passé ?

Dove Attia faisait le tour des éditeurs pour embarquer en séminaire d'écriture une équipe et composer les musiques de sa comédie musicale. Nous nous sommes installés à Hendaye pour travailler pendant une dizaine de jours. On travaillait seul ou en équipe avec toujours, l'oreille attentive de Dove.

Que retires tu de ce genre d'expérience ?


Des rencontres touchantes

Est ce que tu fais ta promo sur le net toi même ? Si je t'écris sur myspace , c'est toi qui va répondre ?


Oui, je suis présente et je réponds sur mon myspace et sur mon facebook.


On parle beaucoup de chute des ventes , de téléchargement illégal , de micro rémunération en provenance des sites de streaming. Globalement quelle est ta vision d'artiste en développement de ce petit monde de la musique ?

Je crois que ce chamboulement économique apporte un renouveau et une fraîcheur aussi bien pour les artistes que pour les consommateurs de musiques. Il y a une véritable envie de la découverte, du coup plus de concurrence. La créativité est stimulée.
C'est super, la musique n'a jamais été aussi présente qu'aujourd'hui !

Demain pour Lilister , c'est quoi ?

Des concerts, des rencontres humaines, des collaborations, des musiques et des mots !